Des chroniques régulières pour partager des livres, et faire connaître de nouveaux auteurs

💜💜💜💜💜 LE BAISER DE PANDORE de Patrick Ferrer

RESUME 

ISBN : 9782376100287
Incartade(s) Editions

NOTE DE L’éditeur :
Je m’appelle Paul Heyland. Je suis flic, commissaire à la Crim’. Lorsque j’ai été affecté au meurtre de Julien Delatour, assassiné un froid matin d’hiver dans une chambre d’hôtel de luxe, je n’ ai vu qu’une sale enquête de plus. J’avais tort.
 Je me souviens encore des lumières blafardes de cette salle d’interrogatoire où je l’ai rencontrée, la suspecte que tout accusait. Une Ukrainienne aux yeux gris. Belle, triste, mystérieuse. J’aurais dû me douter que tout cela allait mal se terminer… Pourquoi suis-je resté sourd aux voix qui me chuchotaient à l’oreille de tourner le dos et m’enfuir ?
 C’était le début de la fin. Une longue course semée de cadavres, comme autant de cailloux blancs laissés à mon attention, qui allait m’entraîner dans une poursuite effrénée jusqu’aux confins d’une Russie encore hantée par les fantômes du passé. Au bout de la route, je savais que je n’en sortirais pas indemne. Tous ces macchabées croisés durant ma carrière de flic me l?avaient déjà annoncé.
 Mais depuis l’instant où j’avais croisé son maudit regard gris, je n’avais plus le choix…

Mon bref résumé :
Contraint de démissionner de le crim après son échec de l’enquête de J. Delatour,  P.Heyland monte sa propre agence de détective privé Hawk Eye avec son ancien fidèle acolyte et une secrétaire dévouée.
Mais quand il accepte l’enquête d’une cliente persuasive surtout pour la santé financière de sa société, il se retrouve encore mêlé à cette affaire que les intérêts de l’Etat avaient tenté d’étouffer.

MON AVIS

J’ai beaucoup apprécié ce livre policier, pour la richesse géopolitique en trame de fond, et les stratégies d’espionnage même si je n’ai jamais été fan de James Bond.  L’intrigue policière m’a conquise avec le départ d’un crime de droit commun, pour prendre toute sa dimension ; ajoutée à l’intérêt des thèmes abordés, la lecture est agréable.
 L’ambiance polar m’a vite captivée à devoir accompagner Paul Heyland dans ses déboires de commissaire de police, reconverti en détective privé. Sa nouvelle agence Hawk Eye, nous bascule dans une atmosphère à la Nestor Burna ou de Mike Hammer, où la secrétaire, icône de la féminité colore un tableau terne. Les coups, les bagarres, les blessures et autres ne seront pas épargnées à notre héros ce qui lui confère une certaine humanité.
Les chapitres sont longs mais découpés pour ne pas noyer le lecteur dans la densité de ces 560 pages. Le rythme reste dynamique : on part d’une narration de P. Heyland alternée avec le point de vue narratif omniscient (à la troisième personne) facilite la compréhension de ce qui se trame à son insu, et ponctuée de ses rêves plus ou moins prémonitoires. L’adoption de ce style narratif accouplé à des actions brutales et vives cadencent bien cette longue enquête.
Et au milieu de cette férocité perceptible se glisse parfois une certaine poésie. Excellente écriture  donc, et j’ai remarqué la finesse des dialogues car l’auteur les dose avec perspicacité car les réponses du narrateur sont résumées et condensées à bon escient et l’humour y est présent aussi.
La galerie de personnages, que l’auteur a judicieusement répertoriée une liste à la fin de l’ouvrage nous régalent de toutes sortes de caractères. J’ai particulièrement apprécié : Heyland, divorcé et  se contente de bagatelles ponctuelles, mais franc,  sincère et courageux, il a l’étoffe d’un héros. La jeune Marya m’a touchée de sa fraicheur, quant à Délia, elle nous trouble de sa mystérieuse et inquiétante gémellité, nous rappelle le mythe de Pandore (cf. Wikipédia)…
Boris, un autre personnage, dépoussière pour nous dans le dédale des cimetières de France et Russie, les légendes ou anecdotes des êtres enfouis sous leur pierre  tombale ; difficile d’imaginer les concessions funéraires berceau d’enseignement culturel.
Les nombreux rebondissements des péripéties de notre enquêteur tempèrent le frimas des paysages neigeux de Moscou. Aucun risque pour le lecteur de s’appesantir ou s’enliser dans le récit avec ce voyage dans l’Histoire et l’espace. On est promené de Paris à Moscou, et de l’URSS des années 50 de la Guerre Froide à la Russie de 1995. Je me suis bien retrouvée dans la mouvance post-pérestroïka, ayant personnellement connu la Hongrie en 1989 : elle ressemble bien à l’occident des années en arrière.
Les descriptions de Moscou en hiver, des camps d’internement, des datchas, des isbas, les coutumes moscovites arrosées de Vodka pour tromper la  grande frugalité persistante, les moscovites, les routes parsemées de nids poules,  Maslenitsa (la fête du pardon)… : le livre est une mine de renseignements pour nous transporter dans la culture russe.
Un grand merci à l’auteur pour ce service de presse.

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Quelques phrases intéressantes :

 La peur est un animal furtif qu’il faut apprivoiser avant qu’il ne vous dévore de l’intérieur.
 Cinq heure du mat’…[…] Pour les uns, la fausse gaité d’une nuit d’ivresse s’évaporait comme l’alcool pou ne laisser que le malaise, la solitude et l’ennui Pour les autres, la pesante résignation des rêves d’une vie différente qui meurent inexorablement avec chaque tirage du Loto. Bref, l’heure à laquelle personne ne sourit.
Les deux hommes, issus de milieux aussi diamétralement opposés, n’auraient jamais dû se rencontrer, mais la guerre a la sale manie de faire fi des barrières sociales. 
les journalistes […]. ils ne s’intéressent qu’aux enquêtes qui traînent, aux crimes jamais résolus, au danger qui rôde sur le pas de votre porte. A croire qu’on les paie à maintenir le public dans un état de peur.
 Fallait que  songe à noter ça dans mon manuel de survie : ne jamais ramasser d’arme abandonnée, on ne sait jamais à quoi elle a servi ; juste en dessous de : ne jamais tourner le dos à urne femme  qui vous dit qu’elle va prendre une douche.

Et vous, que pensez- vous de la chronique ? Avez-vous lu le livre, d’accord ou pas d’accord avec moi ? N’hésitez pas à laisser un commentaire…

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