Des chroniques régulières pour partager des livres, et faire connaître de nouveaux auteurs

💙💙💙💙 LE SECRET DE LA PETITE BOITE EN FER d’Isabelle Fluckiger Jachym

RESUME

ISBN : 9791034801954
Evidence Editions (13/05/17)
400 pages

Assya et Claire, soignantes dans une maison de retraite se prennent d’affection pour Marie une des résidentes, atteinte de la maladie d’Alzheimer.
Nouvelle arrivée, cette dame s’adapte tant bien que mal au rythme de la résidence, aux soins pratiqués et à sa dépendance grandissante. Mais ce qui l’aide à supporter son environnement, c’est l’intimité de sa chambre où toute l’attention  de ses effets personnels se porte sur une petite boite.

Comme un talisman munie de cette petite boite en fer, sa sérénité trouve sa source dans les souvenirs qu’elle recèle… toute son histoire, son trésor sentimental.

« … sortir sa petite boite en fer et se détendit dans son fauteuil face à la fenêtre, face au bleu du ciel qui mène jusque dans l’au-delà comme si son passé s’y trouvait et qu’elle pourrait remonter l’escalier du temps pour retrouver les bras de Charles. »

Des vieilles photos, des lettres jaunies sont le soutient de ses souvenirs recueillis par Assya et Claire, ses confidentes privilégiées. Les deux jeunes femmes se laissent conter sa vie jusqu’à aujourd’hui, ses amours contrariées entre Marie et Charles, rencontré avant la guerre de 39-45. 
Pourquoi aujourd’hui, se retrouve-t-elle seule et sans famille ?
Le tourbillon de la Vie qui a menée Marie jusqu’à Assya et Claire, n’en restera pas là… c’est là que la petite boite en fer joue avec ses secrets.

MON AVIS

Après la lecture d’un autre livre d’Isabelle Fluckiger Jachym, « Soignants… Athlètes, au quotidien », j’ai proposé avec plaisir mon SP aux Editions Evidence, que je remercie vivement. 

DE L’HISTOIRE

Par le biais des confidences de l’héroïne à ses soignantes favorites, le récit contemporain de Marie fait des retour sur le passé. Le roman,  m’a transportée dans notre Histoire. On retrouve les mœurs et coutumes de l’époque d’avant la Seconde Guerre Mondiale : la rencontre et les stratagèmes amoureux de l’époque, les règles de bienséance. Suivent les souffrances, séparations et horreurs causées par la Guerre qui se clot par l’épisode de l’Epuration. S’y ajoute une part de l’histoire de l’Allemagne de l’Est post-guerre.

LA MEMOIRE VIVE DU PASSE

Les personnages sont tous parfaitement décrits avec leur faiblesse et leur force.  L’amour démesuré de Marie pour Charles est déchirant, et je ne dévoile pas la suite ni les rebondissements nombreux car l’auteur m’a bluffé de son imagination. Ce livre retranscrit à merveille et de manière romancée un sujet cher à l’auteur : la bienveillance du personnel soignant compressé par des contraintes de temps, leur fatigue, leur attachement humain mais non professionnel, des plannings étrangers aux vies familiales…
Je n’insisterai pas sur la maladie d’Alzheimer annoncée dès le début du roman. La mémoire vive de la vieille dame nous déroute : quelle tenacité pour les souvenirs lointains ! En tout cas, rien de dramatique, la maladie a surtout servi de support à l’histoire car l’auteur a su remarquer les oublis ponctuels et déstabilisants de Marie. Elle est parfois désorientée mais pour le lecteur profane en la circonstance, cette illustration de ces symptômes sont explicites et supportables.


Pas de répit pour le lecteur, TOUT Y EST : romance, romantisme, érotisme, Histoire, anecdote, sans oublier le volet social ou sociologique d’une vie en maison de retraite. On ne s’ennuie pas une minute. avec l’écriture italique.

Mon bémol (difficile à trouver) : Les cinq-dix dernières pages me semble limite « too much » car une fin moins « happy end » réduirait l’aspect « trop beau pour être vrai ». Ce n’est que mon avis, j’invite l’auteur ou les lecteurs à me contredire, ou confirmer.

En tout cas : BONNE LECTURE !!!

Un extrait sur ma page « FB des paroles s’envolent »  

Consulter la page : « les secrets de la petite boite en fer »

Quelques phrases qui m’ont plu :

Cela fait des décennies que je demande à Dieu de venir me chercher pour que je retrouve mon Charles.

La réalité n’existe plus, ils sont dans la leur et nous n’y avons pas accès.

En regardant par la vitre, elle supposa que le printemps était bien installé mais quel jour ? Quel mois ? Aucune idée et elle pensa que cela n’avait pas vraiment d’importance vu qu’elle n’attendait rien.

 Le temps décharne les jolies choses. On n’y peut rien. Le compte à rebours est déclenché et rien ne peut l’arrêter. Il n’y a que Dieu. Apparemment pour moi, il n’a pas encore trouvé le détonateur ! ironisa-t-elle.

 Cependant, repenser aux bons moments même si on connaît, hélas, la suite des événements, permet aussi de tenir le coup et d’accepter la réalité.

 

Noter le livre :
Noter la chronique :

Reader Comments

Laisser un commentaire