Des chroniques régulières pour partager des livres, et faire connaître de nouveaux auteurs

💜SOUPÇONS de Kirsteen Duval

RESUME

ISBN : 9781549578090
Comme dans la série Cold Case pour les plus télévores, deux  inspecteurs McCarty et Wilson, fouillent les souvenirs de Sybil devenue une personne du troisième âge en 2008 sur la douloureuse période de son adolescence, lors de la disparition surprenante de sa mère en 1961.
Le récit de Sybil débute comme un road-movie d’elle et sa mère Maureen qui fuient le compagnon violent de sa mère divorcée de son père.
Elles refont facilement leur vie dans une bourgade à la frontière canadienne. Le travail et le logement s’offre facilement à Maureen et Sybil s’intègre avec facilité dans son nouveau lycée.
La vie sentimentale de chacune s’amĂ©liore. Maureen captive Dan, le shĂ©rif tombĂ© sous le charme de cette femme sexy.
Quant à Sybil, son ingénuité parvient à séduire le beau Tom, la coqueluche des jeunes filles du coin. Ce premier amour envoute l’adolescente devenue sourde aux alertes de ses amis et de ses propres soupçons sur le comportement du bellâtre.

MON AVIS

 Je remercie l’auteur du SP confiĂ© et l’invite Ă  faire des commentaires sur mes remarques. Je serais tentĂ©e de classer le roman dans la catĂ©gorie  pour adolescents, et idĂ©ale pour ceux qui apprĂ©cient les intrigues.

Mes bémols pour la chipoteuse que je suis :

Tapi tout au long de la lecture le suspens serait décuplé sans la présence du prologue qui suggère trop d’éléments pour ne pas deviner l’issue finale.

L’attitude de Sybil n’est pas  convaincante, à la fin du roman, malgré sa maturité affichée dans sa réaction face aux vicissitudes de sa mère. De la même manière, si on replace dans le contexte des années 60, sa .avec Tom paraît décalée, mais je ne suis née que dans les 70’s, alors…

Je n’ai pas compris l’insistance des protagonistes Ă  se faire appeler « mademoiselle » dans le texte Ă  plusieurs reprises. MĂŞme divorcĂ©e ou veuve, une femme continue Ă  se faire appeler Madame, malgrĂ© leur cĂ©libat. D’ailleurs par convenance, dĂ©jĂ  dans les annĂ©es 80, on dira « Madame » Ă  une femme non mariĂ©e suite au dĂ©cès de son conjoint. Aujourd’hui Mademoiselle est banni pour ne pas stigmatisĂ© le cĂ©libat d’une femme.

L’histoire serait parfaite si la date des évènements n’avait pas été fixée à 1961. En effet, si on fait abstraction de cette précision, le lecteur ne serait pas confronté à l’écueil des anachronismes à répétition :

– Anachronisme sociologique : mĂŞme si l’action se dĂ©roule aux USA, la question du divorce ainsi traitĂ©e ne semble pas rĂ©aliste. Dans le livre, elle s’apparente dans le roman Ă  celle des annĂ©es 2000. Dans les annĂ©es 60-70 les divorces, les familles monoparentales, demeurent marginales et insolites. Ces situations familiales ne sont pas vĂ©cues et ressenties avec la mĂŞme lĂ©gèretĂ© que dans le livre.

– Les rapports humains et familiaux sont dĂ©calĂ©s par rapport Ă  la sociĂ©tĂ© des lieux et de l’époque. La notion de « mère-copine » est contemporaine. Je doute que dans les annĂ©es 60 une mère encourage  sa fille dans une relation amoureuse. Et si tel est le cas pour la nĂ©cessitĂ© de l’histoire, il aurait Ă©tĂ© judicieux de prĂ©ciser l’originalitĂ© du personnage.

– Anachronisme de langage : Une maman des annĂ©es 60, devant un plat succulent, ne dira pas : « c’est trop bon ».

– IncohĂ©rence matĂ©rielle : Leur logement d’appoint oĂą elles sont recueillies est Ă©quipĂ© de tĂ©lĂ©phone, lave-linge… pourquoi pas, mais illogique pour une bonne crĂ©dibilitĂ© du rĂ©cit… .

Anachronisme culturel : l’action se situe en automne et West Side Story (piquĂ©e de doutes et une recherche WikipĂ©dia plus tard) j’ai appris que sa sortie sur les Ă©crans en province US en dĂ©cembre .

Outre ces incohérences, l’écriture et la syntaxe agréable nous offre une lecture ; et on se prend au jeu de ces adolescents qui nous promènent dans une intrigue au fin fond des Etat Unis.
Je prie par avance l’auteur d’excuser ma sĂ©vĂ©ritĂ© sur son livre, fruit d’un travail long et pĂ©rilleux dans le domaine de l’écriture.

Et vous, que pensez- vous de la chronique ? N’hĂ©sitez pas Ă  laisser un commentaire…


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