Chroniques réguliÚres sur des livres, présentations de nouveaux auteurs

💚💚💚 LA SERVANTE ECARLATE de Margaret Atwood

Dans cette société dystopique, le pouvoir étatique résout le problÚme de la natalité grùce à des maternités imposées à des Servantes.

RÉSUMÉ  

Robert Laffont
14/01/2021
500 p.
Dans une sociĂ©tĂ© Ă©mergente, Gilead, renommĂ©e Defred comme Servante raconte sa condition d’esclave sexuelle. Tout en Ă©voquant sa vie prĂ©cĂ©dente, elle dĂ©taille son nouveau rĂŽle. Soumise au couple Ă  qui elle appartient, l’Épouse, et le Commandant, elle doit tomber enceinte de ce dernier pour assurer une descendance au couple.
Dans son uniforme rouge conforme Ă  sa fonction – fĂ©conder -, Defred doit faire abstraction de ses sentiments. Elle doit juste obĂ©ir aux rĂšgles inculquĂ©es par ses Tantes. Les Marthas et des Gardiens dans la maison, et des Yeux des espions rĂ©pandus partout surveillent constamment les Servantes.
Toute insoumission ou rébellion est punie, par pendaison sur la place publique ou par une extradition pour les Colonies.
La seule Ă©chappatoire de notre hĂ©roĂŻne est de se remĂ©morer sa vie d’avant, pĂ©riode rĂ©volue oĂč rĂ©gnait une prĂ©cieuse libertĂ©. Elles s’interrogent aujourd’hui du devenir de son mari, sa fille et sa mĂšre
 ?
En attendant de le savoir, tomber enceinte reste son unique possibilit
Ă© pour sauver sa tĂȘte


MON AVIS : maternité dystopique.

La sĂ©rie rĂ©alisĂ©e Ă  partir du livre Ă©crit en 1984 a provoquĂ© un tel tollĂ© que sa lecture s’imposait Ă  moi. L’ouvrage rĂ©cemment rééditĂ©, ne laisse pas indiffĂ©rent par des rĂ©flexions sur la libertĂ© en gĂ©nĂ©ral. Mais surtout sur la place de la femme dans la sociĂ©tĂ©, sa fertilitĂ©, fugace et, la transmission aux gĂ©nĂ©rations futures.

Ainsi cette sociĂ©tĂ© imaginĂ©e juxtapose des strates Ă©tablies et fixes pour assurer une natalitĂ© choisie suffisante. Un code de valeur dĂ©termine la destinĂ©e et la fortune des uns ou des autres, plus prĂ©cisĂ©ment les unes sur les autres. Alors, devient possible la procrĂ©ation avec la « solution » de la Servante pour des Ă©pouses stĂ©riles Ă  cause de leur Ăąge. L’auteure a Ă©tĂ© inventive : elle banalise l’institution d’une gestation pour autrui. La mĂ©thode utilisĂ©e bien particuliĂšre, est autorisĂ©e voire imposĂ©e par un autoritarisme Ă©tatique. Aussi, ce recours original et poussĂ© Ă  l’extrĂȘme expose des femmes pubĂšres et nubiles Ă  une violence psychologique et physique. Ces Servantes voient leur existence rĂ©duite Ă  devoir enfanter.

Dans la conception « fantastique » d’un rĂ©gime politique terrifiant et totalitaire, l’humain est anĂ©anti et la pensĂ©e personnelle bannie. La place de la femme et de son droit Ă  disposer de son corps est au cƓur de la rĂ©flexion.

Une tristesse profonde plombe le personnage principal qui nous Ă©meut. Pas encline Ă  se rĂ©signĂ©e, on s’attache Ă  cette esclave sexuelle dont on s’inquiĂšte Ă  chaque page des imprudences qu’elle commet. Vous ne ressortirez pas de cette fiction sans Ă©prouver un certain goĂ»t amer


Et paradoxalement, la fin laisse le champ libre Ă  notre pensĂ©e et nos envies, Ă  vous de l’imaginer


Pour en savoir Plus
  

Un article 👉📰 sur le site Marie-Claire  

Un article 👉🧐 sur WikipĂ©dia

Reader Comments

    1. Merci JĂ©rĂ©my, merci de ton message, une lecture Ă  faire mais si tu as vu le film, je crains que tu t’y ennuies. Tu me diras cela. Ă  bientĂŽt.

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