En Islande, rongée de culpabilité, une jeune femme s’attaque à la résolution d’un cold case : sa sœur disparue depuis 10 ans.

02/26
345 p.
Nátthagi – Island
Stina a disparu le 17 novembre 1967. Cette jeune fille avait toutes les promesses d’un bel avenir. Dotée d’un vrai talent artistique pour les portraits, elle était remarquée par ses professeurs et très courtisée.
Jour pour jour, 10 ans après, sa sœur cadette Marsi reçoit une lettre énigmatique. Cette missive lui rappelle avec effroi la correspondance épistolaire secrète établie lorsqu’elle était adolescente en 1967, avec un inconnu. À l’époque, dans ses courriers échangés avec Bergur, pour se montrer intéressante et plus âgée, elle s’était fait passer pour Stina. Ils s’étaient fixé un rendez-vous pour une rencontre physique entre elle et Bergur. Mais elle n’y est pas allée. Alors coïncidence ou manigance sinistre, sa sœur s’est volatilisée ce soir-là. Depuis 10 ans, Marsi vit avec cette culpabilité.
Et en 1977, Marsi passe un week-end en famille pour l’anniversaire de lac disparition de Stina. Pour fuir l’ambiance, elle sort au bar, où dans la nuit, la vendeuse de la supérette est tuée avec une lettre désignant nommément Marsi. Cette dernière simplement interrogée. Ainsi encore inquiète du lien avec la mort de Stina décide de s’impliquer pour comprendre sa disparition. Vu l’ancienne enquête bâclée, elle se plonge dans le journal intime de Stina. Mais bientôt ces confidences, les témoignages, ses propres souvenirs mêlés à des cauchemars récurrents, sèment le flou dans les certitudes… Marsi va découvrir un passé caché, des personnalités complexes révélées et des vérités insoupçonnées.
Mon avis
Après le clan Snaeberg, chroniqué sur le blog, l’auteure islandaise, élabore encore ici un huis clos pour une nouvelle intrigue complexe. Dans un village où tout le monde se connaît depuis toujours, le dépaysement total dans l’espace ou dans le temps s’alimente d’un suspense magistral. Un cold case surprenant.
En effet, le lecteur voyage dans le temps avec ce thriller domestique. Scénariser des personnages dans le contexte d’un monde révolu sans portables ni connexion internet recentre le téléphone fixe et les lettres manuscrites au cœur des communications externes. Uniques moyens envisageables.
Dans cette époque que les moins de 20 ans n’ont pas connue, la presse périodique proposaient des mises en relation d’individus par les biais de petites annonces. Ensuite, des échanges de correspondances écrites s’effectuaient entre eux. À partir de là, notre personnage Marsi à cause d’une bénigne embellissement de vérité culpabilise pendant des années. Mais une nouvelle lettre, un crime ravive toutes ses souffrances morales. Sa conscience la pousse à rechercher pourquoi et comment sa sœur a disparu.
Le livre est dense se déroule en 1977. La narration de Marcy se compose de souvenirs. son présent. ses cauchemars se mélangent aux quelques confidences de Stina tirées de son journal intime. Les fréquentations des deux sœurs, la relation intrafamiliale, les zones d’ombres de tous nous perdent dans une confusion de questionnements, puis nous orientent vers de multiples possibilités. L’auteur est parfaitement efficace pour drainer un suspense et en l’agrémentant en plus de quelques éclairages historiques – je n’en dirai pas plus, il faudra lire-.
Mais il faut s’accrocher au récit. Tout le long, on oscille entre l’impression de stagnation et celle de partir dans tous les sens. Mais chaque élément est important dès le début. Un récit complexe, mais particulièrement intéressant car les personnages sont bien adaptés, cohérents et l’héroïne attachante. Ce livre selon moi dépasse les thrillers domestiques traditionnels !
Ce qui m’a déroutée
Les prénoms à retenir, Je ne connaissais pas la plupart avec parfois la difficulté à savoir si c’était un prénom féminin ou masculin.
Service de presse / Merci aux éditions de La Martinière et au site Netgalley
Citation
Maman ne se sentait jamais autant dans son élément que lorsqu’une catastrophe se produisait. On aurait dit que les tragédies des autres lui donnaient du tonus de l’énergie.






