De voir sa famille Ă©clatĂ©e, Gerda, est responsable malgrĂ© elle du sort de sa soeur et de leur sĂ©curitĂ©. Mais qu’en est-il advenu de la cadette Rune ?

02/26
435 p.
Résumé
L’éducation de Frode le père de la famille Olsen dictait Ă ses filles d’agir comme un garçon en toutes circonstances. Ainsi, la cadette Rune avait Ă©tĂ© tabassĂ©e par ses camarades d’école pour un comportement inappropriĂ© selon les codes sociaux normaux. Pourtant sa grande sĹ“ur, Gerda, pas très Ă©loignĂ©e des lieux, aurait dĂ» veiller sur elle pour Ă©viter ça. Alors, après le harcèlement dont a Ă©tĂ© victime la fillette, les Olsen ont fui Lille pour le Morvan.Â
Sur cette immensité boisée et isolée, surnommée la Petite Norvège en souvenir de sa Norvège natale, Frode Olsen avait convaincu sa femme Mathilde et sa famille de vivre en autarcie, possible avec la pêche, la chasse, la nature, mais aussi grâce à l’héritage du grand-père. Frode transmettait inlassablement à Rune, son acolyte exclusive, l’art de pouvoir subvenir à ses besoins dans la forêt. Conquise, la petite adhérait à ses idées tout en se détachant de sa grande sœur. Jusqu’au jour où, à la suite d’un accident, Rune a dû être imputée du pouce. Alors, celle-ci, prostrée dans une convalescence qui s’éternisait, contraignit Frode à poursuivre seul sa tâche d’alimenter sa famille de ressources naturelles. Cependant, l’inquiétude de l’avenir matériel incertain accentuant son tempérament impétueux et instable poussa le père et mari colérique au féminicide.
Or, en parallèle avec cette vie sauvage et rudimentaire, dans le secteur, des jeunes filles victimes du serial killer le « collectionneur » disparurent rĂ©gulièrement. Une aubaine : en dĂ©nonçant leur père comme Ă©tant le prĂ©dateur recherchĂ©, Gerda et Rune s’en dĂ©barrassaient. Mais avant que les services sociaux n’aient pris Ă charge les deux enfants encore mineures, Rune se volatilisa dans les bois.
Une nouvelle destinĂ©e s’offre Ă Gerda, mais laquelle, sans sa sĹ“ur ? Avec bientĂ´t l’espoir dĂ©truit de revoir sa cadette puisqu’un cadavre calcinĂ© au pouce amputĂ© a Ă©tĂ© retrouvĂ© dans l’espace de chasse de Rune. Comment vont rĂ©agir Gerda, puis Frode ?
Et le mystère s’épaissit lorsqu’une décennie plus tard, Lise Chance rouvre le dossier, et découvrir que Rune serait encore vivante.
Mon avis :Â
Mes vifs remerciement pour le service de presse Ă Fleuve Editions et Netgalley.
Je présente toutes mes excuses à l’autrice pour mon modeste résumé loin de rendre justice à la densité du récit, dont le développement fourmille de rebondissements. Rendez-vous-en compte : les éléments que je vous ai rapportés représentent seulement un tiers de ce roman noir. Quelle imagination !
Difficile relater près de 450 pages avec autant de revirements de situations. On part d’un huis clos forestier pour évoluer dans les trépidations de la civilisation urbaine d’un commissariat. Des coups de théâtre (des morts brutales ou des blessures non pansées, des identités mouvantes), des manipulations psychologiques s’enchaînent pour dérouler un suspense palpitant… jusqu’à la fin.)
Le scénario met en scène des personnages à des époques différentes, alors pour une meilleure structure de l’intrigue, les chapitres annoncent les flashbacks mentionnant l’année.
La couverture du livre, fidèle à une ambiance sauvage, hostile et glaciale, nous met en condition de pénétrer dans la rudesse du climat de la Franche-Comté, et peut-être donc, indirectement, dans la rigueur de la météo de la Norvège… où, avec justesse, le vocabulaire imagé décrit la faune et la flore, l’univers des Olsen. Une touche poétique sublime le suspense régi par l’agissement sordide des protagonistes.
Les personnages, particulièrement bien campés, sont diversifiés. Et par bonheur pour les lecteurs, la bienveillance des uns compense la noirceur des autres. Ainsi, on en aime certains, on en admire d’autres, et on en déteste plusieurs. On apprécie surtout la droiture et la force de Gerda, la gardienne du bien et du mal. Même si la peur est toujours présente à son sujet.
La plume fluide et glaciale de l’auteur accompagne notre héroïne Gerda dans ses choix difficiles. Immanquablement, la question nous vient : comment aurais-je moi-même réagi ?
Une lecture qui marque les esprits et ne laisse pas indifférent.
Ce que j’ai aimé :
La dérive de l’éducation du « non genré », même si cette position défendue est anecdotique dans cet ouvrage.
Citations
De grosses racines en tortillon sortie de terre, évoquant des tentacules, des nœuds dans le tronc qui rappelaient une paire d’yeux, une écorce plus ou moins rugueuse, des branches plus basses, le lichen formant une barbe grisonnante, le tronc épais et trapu ou, à l’inverse la silhouette gracieuse et onduleuse presque féminine.
Son cœur était-il de pierre ou avait-il emporté dans son âme des blessures qui ne se refermeraient jamais ? Sa violence était-elle une vaine défense contre un monde plus dur et plus cruel qu’il ne l’était lui-même ? un bouclier hérissé de pointes qui n’hésitait pas à planter dans la chair de sa chair.






