Des chroniques régulières pour partager des livres, et faire connaître de nouveaux auteurs

MEMORY d’Arnaud Delalande

QUATRIÈME DE COUVERTURE

POCKET
10/02/22
310 p.
Un meurtre, huit témoins, pas un ne se souvient de ce qui s’est passé.
Elle voudrait tout oublier.
Ils donneraient tout pour se souvenir…
Au cœur de Memory, une clinique spécialisée perdue dans la montagne et la forêt, un patient est retrouvé pendu. Un suicide qui a tout l’air d’un meurtre déguisé : huit personnes ont assisté à la scène.
Un homme mort. Huit témoins. Un huis clos. La combinaison parfaite pour une enquête vite résolue… C’est sans compter sur l’amnésie bien particulière dont souffrent les résidents : leur mémoire n’excède pas six minutes. Ils ont vu, mais ils ne se souviennent pas.
En plein deuil de son père adoptif, Jeanne Ricœur, jeune inspectrice de police, hérite de cette affaire impossible. Elle découvre une communauté à part, celle d’étranges victimes de la vie à la mémoire brisée, au quotidien hanté de post-it et de mémos. Tandis qu’elle essaie désespérément de reconstituer le puzzle du drame, ses propres démons refont surface…
Mais bientôt, on la menace.
Qui veut l’assassiner, et pourquoi ?

MON AVIS

Voici les raisons de mon choix. Ce livre écrit par un auteur expérimenté est sélectionné au « prix des nouvelles voix du polar ». Un huis clos dans une ambiance glaçante est situé à proximité en ce qui me concerne (Haute-Savoie).

J’AI AIMÉ

Un crime est commis dans la montagne enneigée difficile d’accès. Là, les protagonistes enfermés et une clinique, on ne peut plus particulière (confidentielle et expérimentale) suscitent de l’intérêt.

Les personnages secondaires, mais indispensables sont les pensionnaires de l’Harmonia. Leurs extravagances, nées des conséquences de leur trouble cognitif m’ont bien plu. le thème principal du scénario repose sur l’amnésie antérograde c’est-à-dire une perte de la mémoire à très court terme. Pour y remédier, ces malades utilisent des subterfuges pour « se rappeler » avec des photos polaroïds, des Post-its, et leur téléphone portable.

L’originalité du récit tient dans une enquête policière basée sur un groupe de témoins, incapables de se souvenir s’ils ont été spectateurs d’un homicide ou d’un suicide, et comment tout cela s’est passé. L’histoire de chacun est émouvante.

Un classique du genre : L’équipe du commissariat est soudée autour d’une policière novice, qui vient de perdre son père, un vieux briscard de la brigade. L’auteur a utilisé un ingrédient incontournable dans les romans, en fragilisant la jeune femme avec des démons enfouis de son enfance qui ressurgissent dans son présent.

J’AI MOINS AIMÉ

Le postulat d’une mort survenue dans un espace confiné, confère au roman une atmosphère à la Agatha Christie. Or, on s’en écarte avec le mobile du crime et son élaboration. Cette dimension complotiste, affairiste et d’une ampleur supranationale m’a déroutée et déçue. La quatrième de couverture m’a trompée alors en refermant l’ultime 310e page, je me suis consolée en ayant terminé ma lecture en une seule journée.

Le scénario de l’investigation est supplanté par les nombreux épisodes oniriques de l’héroïne, et sa présentation qui offrent des digressions sur un tiers au moins du livre. Son histoire, son présent, sa famille et ses collègues, tout est passé au crible.

L’ennui a remplacé le sentiment premier d’un univers glaçant et isolé. Ensuite, la cohérence du dénouement fond comme neige au soleil (haha). Par exemple : quelle personne avec un peu de jugeote, du coin, et pour l’exigence d’un labeur important, se rendrait dans une contrée hostile, très enneigée sans voiture équipée ?

Quant à la manière dont Jeanne dégote, ou « trouve intuitivement » ses énigmes pour les avancées de l’enquête, le lecteur en restera « songeur ». de là, tout s’accélère ensuite, et celui-ci éprouvera la sensation d’être passé à côté de quelque chose même si en revanche, le criminel se devine vite.

Le style d’écriture pour un auteur d’une telle production créative déçoit par ses nombreux clichés pour la description de paysages ou de ressentis. Compte tenu de son expérience d’écrivain, je m’étonne de certaines constructions de phrases à la syntaxe douteuse.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *