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đź’śđź’śđź’śđź’śLA NUIT DES ANGES d’Anna Tomasi

LA NUIT DES ANGES

ed. Préludes
02/03/2022
Une cadre de vacances d’été pour ce roman d’Anna Tommasi.
On se retrouve en Bretagne où tout le scénario se déroule. Nous nous installerons le temps de la lecture plus précisément à Perros Guirec, dont est originaire Alice, notre héroïne. Divorcée, cette jeune médecin, élève seule son petit garçon autiste.
À l’annonce du décès d’un ami d’enfance, Alice reviendra sur les lieux de sa jeunesse. Elle se laisse convaincre de répondre à l’invitation de se recueillir avec ses anciennes camarades. Et à cette occasion, elle retrouve l’ambiance qui lui rappelle un long passé, où s’est écoulé beaucoup de temps depuis sa dernière visite.
En effet, son retour à Perros-Guirec confronte Alice à l’environnement qu’elle avait quitté depuis dix ans. En premier lieu, elle retrouve ses parents : son père médecin et sa mère, une femme de tête, mais à la santé fragile. Mais elle renoue aussi avec son amour de jeunesse et les souvenirs corolaires. Et ressurgit alors la réminiscence des circonstances de la disparition de Victoire, sa meilleure amie à l’époque.
Or, lors de ce nouveau séjour, l’événement se reproduit quand une autre petite fille disparaît…

MON AVIS

Un grand remerciement au site Babelio.com proposé et son opération « masse critique » pour l’envoi de cet ouvrage.
Voici un bon roman à suspens, mais que je ne classifierais pas vraiment dans la catégorie de « pur thriller ». Cependant, à partir 2/3 du livre, il nous captive à un tel point que l’on ne s’arrête plus pour démasquer le coupable. Les chapitres courts suggèrent un rythme dynamique et rendent la lecture aisée.
Une enquête double met en parallèle deux disparitions à 25 ans d’intervalle. La cadre sympathique dans une région touristique réputée pourrait constituer un roman régional où la description simple des lieux a su éviter les redondances.

Huis clos breton

Dans ce huis clos local breton, beaucoup de secrets enfouis sont dévoilés. De plus, pour augmenter l’intrigue, les nombreux personnages qui interviennent, interagissent et se croisent mettent le lecteur en situation de les suspecter tour à tour. Et alors, une succession de coupables potentiels s’égrène, des coupables tous plus ou moins probables.
Dans une ambiance mystérieuse et malsaine, l’intrigue va crescendo jusqu’à la fin du récit. Et la présence de l’enfant autiste ajoute une dimension psychologique intéressante. J’ai beaucoup aimé les images illustrées de quelques descriptions de la pathologie et l’attitude de l’enfant autiste, ce personnage secondaire qui joue un rôle essentiel dans ce roman. On s’attache beaucoup à lui. Alice a sacrifié sa carrière de médecin spécialiste pour lui apporter un cadre éducatif rassurant et structurant, mais tout dysfonctionne quand les habitudes diffèrent. On voit très bien ce travers, en particulier pendant le séjour chez ses grands-parents qu’il connait à peine.
À côté du dénouement de l’intrigue principale, s’ajoutent au milieu du récit les comptes rendus de consultations psychiatriques d’un enfant au développement particulier. Totalement dépourvu d’empathie et de remords, il apparaît comme un « psychopathe ». Et son attitude laisse deviner que l’origine de ses troubles remonte à une période ancienne bien antérieure, mais sans avoir la possibilité de préciser la date.

J’AI MOINS AIMÉ

L’atmosphère de la Bretagne manque de présence. Les rochers typiques de Perros Guirec et sa géographie si particulière auraient pu être plus développés.
À leur instar, à cause de beaucoup de non-dits cachés, les personnages ne sont pas assez approfondis. C’est seulement lors de l’épilogue que nous comprenons quelques éléments substantiels sur l’enfance de l’assassin.
De même, l’aspect médical trop effleuré affadit le sujet qui aurait mérité plus de développement.


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