Eniiyi, dernière fille d’une lignée de la famille où les femmes sont maudites, sera-t-elle aussi condamnée à vivre un amour impossible ?
Résumé

02/26
368 p.
Lagos – Nigéria
Les femmes de la famille Falodun, se sont construites avec une malédiction à l’esprit. Elle pèse sur elles depuis plusieurs générations : les femmes de la lignée seront incapables de trouver et de garder un mari.
Ebun, célibataire, a accouché de Eniiyi, le jour de l’enterrement de Monife sa cousine dont elle était proche. Coïncidence, malédiction ou effet surnaturel, l’enfant présente des ressemblances troublantes avec cette disparue. Ainsi, la tentation de penser de la considérer comme la réincarnation de sa cousine défunte est grande. Alors, les efforts de sa mère, Eniiyi grandit avec un fantôme qui flotte dans les conversations familiales.
Mais lorsqu’Eniiyi rencontre celui qui se distingue de ses autres amourettes, elle doit aussi affronter le poids d’un passé qui la dépasse.
Mon impression
Je retrouve avec plaisir la plume de l’auteur découverte avec son premier roman en 2019. Comme pour MA SOEUR, SERIAL KILLEUSE, elle s’inspire des conflits et les histoires dans les familles et surtout entre les femmes. On y savoure ici une source inépuisable d’anecdotes avec tous ces rancœurs accessoires : Séduction, jalousie, convoitise…
L’univers africain. Loin de la représentation que les européens s’en font, le Nigeria connaît une urbanisation intense. Les villes rencontrent les mêmes problématiques que les nôtres. D’ailleurs, les aspirations de la jeunesse à l’exemple d’Eniiyi dans les mégapoles comme Lagos, s’apparentent à celles de nos adolescents. Ainsi, l’auteure a su tirer le meilleur parti de ses origines et de son vécu en Angleterre. Elle a écrit une intrigue loin du thriller, que je qualifierais d’exotique et romanesque.
Mais même si l’Afrique nous ressemble de plus en plus, elle est encore rythmée par des croyances ancestrales. Ici, la conception traditionnelle place la femme nécessairement accouplée. Ici, celles de la famille sont condamnées à une infamie : Célibataires à cause d’un mauvais sort jeté sur une ancêtre imprudente qui a provoqué les courroux d’une autre femme. Le récit déroule des destinées de 3 générations de femmes. Centré sur les unions, déçues ou non, c’est presque une saga. Mais une saga captivante ! Avec des flashbacks et des allers-retours dans le temps sur plusieurs décennies nourrissent un suspense intéressant autour d’amours contrariées.
En effet, tout en légèreté, elle a revisité le thème universel de l’amour épicé par des croyances propres à l’Afrique (malédictions, fantômes, marabout) en tout cas selon la conception que s’en font les Européens. Et cette recette m’a envoutée, car les personnages de ce roman choral sont pimentés, mais tous savoureux à leur manière. J’ai beaucoup apprécié Ebun, en étau entre les convictions de sa mère ou sa tante, et l’enthousiasme juvénile de sa fille.
Nombre de thèmes :
Certains sont universels : la structure familiale. Ici, l’esprit de clan familial vit sous le même toit, le respect des aînés (au moins en apparence), la transmission des valeurs, l’héritage patrimonial. Le mariage (union choisie ou imposée par le milieu).
D’autres, plus spécifiques : Le système ethnique présent au Nigeria segmente la société Haoussas, les Yorubas et les Igbos.
J’aime le décalage que l’autrice propose : de la légèreté, voire de l’humour malgré quelques sujets graves. Elle s’est lâchée avec talent pour une élaboration parfaitement maîtrisée d’un scénario cohérent à partir de réalités loufoques. Mais elles sont crédibles dans le contexte : malédiction et la réincarnation –ou vraisemblance saisissante des membres de familles- C’est la magie de la fiction !
Et avec une bonne logique scientifique, le délire de l’écrivain n’est pas total car la génétique refait surface a plusieurs occasions. -je ne spolie pas –
Tous mes remerciements pour ce service de presse : à Netgalley, et aux éditions La Croisée
Quelques citations
« J’aimerais que tu n’utilises pas ta main gauche Monife. Combien de fois dois-je te le répéter ? aucun homme ne veut épouser une gauchère
Elle voulait se spécialiser dans l’aide et le conseil aux personnes confrontées à des maladies génétiques héréditaires. Elle se sentait en phase avec les gens qui voyaient leur vie partir en vrille à cause d’un problème légué par un aïeul.
… Mais quand les familles, les lignées étaient enchevêtrées depuis longtemps, et ce n’était pas le moment de s’attaquer au nœuds.Golden boy Lui donna l’espoir d’être plus que cette incorrigible rebelle Qui – à cause d’une autre incorrigible rebelle, plusieurs générations plutôt- était condamnée à finir sans mari et sans avenir. Grâce à lui l’avenir semblait prometteur.






