Dans un centre pour réfugiés, Hélène se démène pour ceux qui ont tout quitté, et qui se confrontent à la désillusion d’un ailleurs.

05,/2026
220 p.
Résumé
Chambéry. Savoie,
Au centre d’urgence pour migrants, la mission d’Hélène consiste à guider et à accompagner les résidents dans leurs démarches administratives. Issue d’un milieu favorisé, la jeune femme est consciente de sa chance d’être bien née. Surtout en comparaison du sort de réfugiés qui ont tout quitté pour refaire leur vie à partir de rien. Alors, indignée par les blocages réglementaires des dossiers, elle s’investit sans relâche auprès de ses protégés.
Hélène, s’inquiète pour « ses protégés » notamment pour ce couple sans logement. Pourtant Branko est prêt à tout pour travailler même afin de subvenir au besoin de sa femme Anja, et de leur bébé à la venue imminente… Va-t-il être embauché sans autorisation de travail ? Quant à Adrian, ses compétences artisanales très appréciées vont-elles suffire pour concrétiser ses rêves ?
Mon impression : La désillusion d’un ailleurs
L’ouvrage rend accessible la compréhension d’un mécanisme de survie d’individus lorsque des politiques les ciblent à cause de conflits de territoires. Décidés par l’Histoire, et indépendamment de leur avis. Les dirigeants insensibles aux conséquences de leurs idéaux contraignent leurs sujets à abandonner leurs racines, parce que ce sont des victimes de répressions brutales, parfois contradictoires. Ainsi ici, le régime étatique mettait en danger l’union d’Anja et de Branko. Alors, ils ont choisi de fuir leur nation pour une destination porteuse d’espoir, un pays prêt à les accueillir.
En effet, ce roman scénarise des parcours de vie mouvementés au gré des conflits engendrés par des discordes diplomatiques, idéologiques et territoriales. Alors le récit donne corps à des individus au passé complexe. L’histoire d’Anja, d’Irina, d’Adrian et de Branko avec leur vécu et leur culture précédente nous touche. On s’attache autant aux personnages féminins et masculins. De tous, j’ai particulièrement aimé Adrian. Par ailleurs, malgré son implication pour la cause qu’elle défend, la militante Hélène -Chambérienne – qui les prend en charge m’a moins séduite par son côté extrême ou excessif. Même si son engagement force l’admiration.
Ainsi, qu’ils aient fui la Roumanie, la Yougoslavie, la Serbie ou la Croatie, nos héros ont franchi les frontières en vue de reconstruire une vie meilleure. Le titre y trouve son origine… à vous de le découvrir !)😊
Cependant, l’arrivée en France enfin aboutie prend un goût amer pour eux. Effectivement, ils qui doivent encore se plier à d’autres contraintes. La lenteur ou l’hypocrisie administrative freine la possibilité de vivre de leur travail pour subvenir à leur besoin afin de réaliser leur projet. S. Ferrante en bonne romancière a élaboré une intrigue captivante, avec des rebondissements successifs. Alors reste à savoir comment nos héros vont s’en sortir ?
Je vous recommande vivement ce livre. Il marque les esprits parce qu’il apporte un nouveau regard sur les rapatriés, migrants, immigrés, réfugiés. On en « parle » comme des groupes, mais ce sont avant tout des individus. C’est ce que souligne, entre autres, Simona Ferrante qui a procédé à un travail de recherche, et d’interviews. Elle en a écrit un excellent roman parfois dur pour son « réalisme » mais tout en tendresse pour la détermination constante de ses personnages.






