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đź’śđź’śđź’śLE DEFENSEUR de John Fairfax

RESUME

Editeur Le Masque
mai 2019
430 pages

Quatrième de couverture (complétée par mes soins)

Elle a été retrouvée pendue dans un appartement miteux de Londres avec une orange sanguine dans la bouche…
Diane Heybridge, une jeune femme sans passĂ© ni beaucoup d’avenir a conquis dans la mort la compassion qui lui avait Ă©tĂ© refusĂ©e quand elle Ă©tait en vie. Pour l’accusation, ce suicide apparent n’est qu’un assassinat bâclĂ©, et c’est un public Ă©cĹ“urĂ© qui se tourne vers la salle de tribunal n° 2 de l’Old Bailey pour que justice soit faite. Le compagnon sans cĹ“ur que la jeune femme a plaquĂ© est accusĂ© du meurtre, et il a demandĂ© Ă  l’équipe juridique non conformiste formĂ©e par William Benson et Tess de Vere de le dĂ©fendre. Tout accuse B. Stainsby, l’ex-petit ami de la victime. A leur rupture, il l’avait menacĂ©e publiquement de mort. De plus, elle bĂ©nĂ©ficiait d’une moitiĂ© de l’assurance-vie de son père Ă  lui, tandis que sa sociĂ©tĂ© de pĂŞche pĂ©riclitait. 
Cependant, au cours du dĂ©roulement du procès, il devient vite Ă©vident que Diane Heybridge n’Ă©tait pas la victime faible et opprimĂ©e dĂ©crite Ă  prĂ©sent aux jurĂ©s. De la mĂŞme façon, Brent Stainsby cache un mobile de meurtre inconnu de la police. Ce qui a commencĂ© comme un simple procès se transforme rapidement en une recherche complexe de la vĂ©ritĂ© allant au-delĂ  des limites de la salle d’audience.
Pendant ce temps, Tess reste compromise par son association avec l’avocat le plus célèbre de Londres et doit décider si elle poursuivra son enquête secrète sur la condamnation pour meurtre de celui-ci.

MON AVIS

Ce service de presse m’a été proposé par le site Netgalley et les éditions Le Masque, que je remercie. Même si j’ai lu le roman en format numérique, d’aucuns l’apprécieront pour sa version papier pour son format poche fort pratique et son prix raisonnable de 9 euros environs.

« Le défenseur » est la suite d’un roman « reconnu coupable », mais rien n’empêche de les lire individuellement… L’intrigue n’en est pas dénaturée et demeure compréhensible.

Les amateurs d’affaires judiciaires suivront Benson le personnage principal dans les alentours de Londres  et de Douvres : Dans l’enceinte d’un centre pĂ©nitentiaire, du tribunal, et dans les bureaux d’un cabinet d’avocats atypiques, dans le logement original – un bateau- de Benson. On pĂ©nètre vĂ©ritablement dans l’antre d’une salle d’audience pour un procès d’assises (versus anglaise avec le protocole des perruques…)

Un défenseur « hors-norme »

J’ai apprécié le flegme apparent de Benson et sa réserve… malgré les désagréments de sa vie et les tiraillements qui le tiennent.

Au début, le doute. Ignorant tout du passé de Benson, sûrement plus explicité et détaillé dans « reconnu coupable », le lecteur reste dubitatif sur les réticences de Tess et de ses collègues à  propos du héros. Le fil du roman explique son évolution, sa reconversion professionnelle de Benson, devenu un défenseur « hors-norme ». Il a fui son passé d’ex-tolard dû à une condamnation pour meurtre, en plaidant coupable mais se réclamant par ailleurs innocent. Ainsi, son aménagement de peine lui a permis de se réinsérer dans la société avec des études juridiques pour défendre aujourd’hui Brent Stainsby.

La force de caractère de Benson, malgrĂ© l’opprobre publique sur son passĂ©, exacerbĂ©e par la partie civile de sa victime, le laisse placide. A contrario, Tess intriguĂ©e par sa rĂ©action lui suggère de l’innocenter avec la recherche d’un vĂ©ritable coupable, mais doit promettre Ă  Benson rĂ©calcitrant Ă  cette idĂ©e, de n’en rien faire. Il faut dire qu’indirectement, elle subit le discrĂ©dit de son collègue. Alors, va-t-elle exĂ©cuter la demande intimĂ©e par Benson ou  suivre la prĂ©conisation de son amie Sally de passer outre les rĂ©ticences de Benson. DĂ©couvrir la vĂ©rité  peut prĂ©senter des risques de cas de conscience…

Quand le passé colle au présent

Un meurtre dĂ©guisĂ© en suicide ou d’un suicide dĂ©guisĂ© en meurtre, les mĂ©andres d’un procès… oĂą la stratĂ©gie du dĂ©fenseur le dĂ©passe.

L’affaire de l’Orange sanguine va prendre une dimension autrement complexe. Les mobiles de Stainsby existent, mais le tempĂ©rament versatile de la victime soulevĂ© par Benton pourrait l’innocenter. Sa stratĂ©gie de dĂ©fense, de convaincre les jurĂ©s d’une victime organisant un suicide en vue d’impliquer son ex-amant, va-t-elle payer ?

C’est sans compter la rĂ©surgence d’une affaire de 2009 au sein du dossier. En effet, en 2009, Diane avait apporter un faux-tĂ©moignage pour anĂ©antir l’implication de son ex-petit ami Stainsby… comment faire le lien entre un crime domestique initial et cette affaire d’une tout autre envergure.

La stratégie de défense, connue de seul Benson, nous exclut un peu du jeu, et ainsi on ressent l’idée d’en savoir autant que Tess, et pas plus. Il faut se doter de patience pour dénouer l’imbroglio…

Je pense que le troisième volet est amorcĂ©e en fin de volume oĂą j’espère que sera prĂ©sentĂ©e et Ă©claircie la condamnation de Benson.

J’ai moins aimé

Un début confus : J’ai été un peu perdue avec trois premiers chapitres, ou peut-être ai-je manqué de concentration. En effet, beaucoup d’infos d’un coup produisent une petite confusion compliquée pour les relier entre elles. Ainsi, la présentation succincte des différents personnages m’a déplu car j’ai eu du mal à cerner les rôles de chacun. Alors, quand enfin, on s’introduit dans le parloir avec Benson pour la présentation de Stainsby et de l’affaire de l’Orange sanguine, tout prend sens : on a mordu à l’hameçon de vouloir connaître le dénouement.

Quelques citations :

[…]principe d’échange de Locard. Dès 1910, Edmund Locard avait montré que, lorsque quelqu’un commet un crime, il emporte toujours quelque chose de la scène de crime et, plus important, il laisse toujours quelque chose derrière lui.
Concentrez-vous sur les témoignages présentés à ce tribunal. Ignorez tout le reste. C’était vrai et c’était faux. Parfois, il fallait aussi regarder ailleurs.

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