RESUME

2019
172 pages
Un hĂ©ritage providentiel. Au dĂ©cĂšs dâAnselme, la transmission de ses biens arrive Ă point nommĂ© dans le patrimoine de ses hĂ©ritiers. Ainsi, Philippe le narrateur, son pĂšre Hilaire et son frĂšre Michel se rendent sur les lieux de la propriĂ©tĂ© hĂ©ritĂ©e, dans le but de la vendre et de sâen partager les bĂ©nĂ©fices. Une aubaine pour ces trois originaux aux mĆurs fantaisistes : Michel subit une dĂ©pression depuis son divorce, Hilaire depuis sa retraite expĂ©rimente des inventions abracadabrantes et Philippe essaie de maintenir lâensemble en Ă©quilibre.
Mais cette manne serait plus apprĂ©ciable sans la clause testamentaire dâAnselme stipulant lâobligation de prendre en charge ses animaux « domestiques ». En effet, en prenant possession de la maison, les hĂ©ritiers Casanova doivent composer avec un Ăąne Ă tendance priapique, Captain Surcouf un perroquet dĂ©lurĂ©, un chat pucier et Prosper un impressionnant cochon-sanglier.
« Les futurs acquĂ©reurs devraient acheter le bien mais aussi et surtout en sâengageant Ă garder et entretenir les bĂȘtes. Et en bonne santĂ© !»
Quand Solange une amie dâAnselme conseille Ă Philippe le professionnalisme de Mademoiselle Dentelle pour vendre la maison, rien ne va plus. En effet, toutes les visites Ă©chouent : le sort sâacharne sur les ventes potentielles. Cependant, il faut avouer que les maladresses involontaires de chacun, parviennent Ă les faire clapoter⊠pour le plus grand amusement du lecteur. Comment les occupants de la maison vont pouvoir faire face Ă une catastrophe financiĂšre croissante ?
MON AVIS
Jâadresse mes vifs remerciements Ă lâauteur pour la proposition de SP via le site Simplement Pro. Je suis P. Saimbert dont j’apprĂ©cie l’Ă©criture incisive. Dans lâouvrage « Onze serpents », on dĂ©couvrait son humour caustique, mais ici, l’humour omniprĂ©sent dĂ©trĂŽne la mĂ©chancetĂ©. De la bienveillance et le livre illustre une facette humaine des transactions immobiliĂšres.
Un tableau désopilant
Le trio Hilaire, Michel et Philippe constitue Ă lui seul un assortiment de personnages extravagants. Hilaire apparaĂźt sous les traits dâun savant fou, un « GĂ©o Trouvetout » pour les amateurs de Mickey ; lui, sâadonne Ă la science du « bionitronaze », une Ă©nergie qui pourrait transformer lâeau en carburant. Sa passion, sa persĂ©vĂ©rance et ses Ă©checs le rendent sympathiques mĂȘme sâils attestent dâun certain Ă©gocentrisme comme chez tous les passionnĂ©s.
Michel nous distrait de ses excentricitĂ©s psychologiques devant un narrateur dĂ©pitĂ© de ses dĂ©lires. Ses phases dâeuphories atteignent des sommets dignes dâallumĂ©s sous lâemprise de drogues dures. A l’instar, son Ă©tat dĂ©pressif dans les phases basses de son moral quand il se sent « diminuĂ© » produit des effets tout aussi dramatiques. Ces deux phases offrent des scĂ©narios drolatiques. Lâauteur parvient Ă dĂ©dramatiser voire embellir le calvaire dâun malade psychologique pour le montrer sous un Ă©clairage humoristique.
Je nâoublie pas les animaux, oĂč ce cocktail insolite dâespĂšces dĂ©tone Ă coup de stupĂ©fiantes frasques. Et le vĂ©tĂ©rinaire missionnĂ© pour attester de leur bonne santĂ© ne sera pas déçu de ses visites dĂ©concertantes.
Les artisans qui interviennent dans la rĂ©novation de lâensemble, complĂštent le tout dâune touche originale.
PARTICULIERS RECHERCHE MAISON DE CARACTERE
La nĂ©gociation concentrĂ©e autour des visites de la maison sensibilisera les amateurs de ventes immobiliĂšres. Les arguments de rĂ©novation pour optimiser le rendu du bien font choux blancs ici. Par contre la gentillesse, la comprĂ©hension, la patience de Mlle Dentelle rend hommage aux agents immobiliers souvent cataloguĂ©s dâavides. Tout nâest que bienveillance ici.
En revanche je promets une belle tranche de rire dans le compte-rendu des visites en vue de la vente. Les visites sâenchainent et ne se ressemblent pas. Comment ne pas sourire devant le papy philosophe devant lâardeur sexuelle de sa jeune russe sortie du film « je vous trouve trĂšs beau » ? Que de visites immobiliĂšres pittoresques pour un bien « singulier ».
Quant aux voisins anglais, je les plains de tout mon cĆur mais comment ne pas rire de leurs dĂ©boires avec leurs Yorkshires â et Dieu sait si jâaime les bĂȘtes ! – . Ne manquez surtout pas la scĂšne de « dĂ©taupisation »⊠je dirais mĂȘme pire : lisez le livre surtout pour cette scĂšne. Humour au second degrĂ© recommandĂ© đ
Vous lâavez compris : jâai beaucoup apprĂ©ciĂ© ce livre⊠Bon moral garanti.
Mon seul regret :Â
- un titre trop long pour un livre trop court.
Vous pouvez vous procurer lâouvrage chez votre libraire, chez DECITRE.
Votre avis sur la chronique ou le livre est le bienvenuâŠ
Citation(s) pour un avant-goût
La fortune nous attendait. Nous en étions convaincus.
Et dans « convaincus », il y a (entre autre)⊠« vaincus ».






