Plusieurs années après, une mère dont la petite fille avait été kidnappée, est persuadée qu’elle est réapparue sous une autre identité.
RÉSUMÉ,

352 p.
1993 : Sophie Delalande élève seule sa fille Hortense, presque trois ans. Son amour infini pour elle lui permet d’oublier les rapports difficiles qu’elle entretient avec Sylvain son ex-mari, un homme violent qui l’a abandonnée alors qu’elle était enceinte et à qui elle refuse le droit de visite. Un jour, pourtant, Sylvain fait irruption chez elle et lui enlève Hortense. » Regarde-la. Nous allons disparaître et tu ne la reverras plus. «
2015 : après des années de recherches vaines, Sophie ne s’est jamais remise de la disparition d’Hortense. Fonctionnaire au ministère de l’Éducation, elle mène une existence morne et très solitaire. Jusqu’au soir où une jeune femme blonde la bouscule dans la rue. Sophie en est sûre, elle reconnait sa fille, c’est Hortense. Elle la suit, l’observe sans relâche et l’aborde en taisant leur lien de parenté. Elle sympathise avec celle qui se prénomme Emmanuelle et tente d’en savoir plus sur elle. La relation qui se noue alors va vite devenir l’objet de bien des mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d’un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et la jeune femme est-elle aussi naive qu’elle le paraît ?
MON AVIS
Emballée par le style de l’auteur dans d’autres romans de J. Expert (Le jour de ma mort« , Qui ?, 2 Gouttes d’eau ) , j’ai moins apprécié celui-ci. Pourtant, on se prend au jeu de l’intrigue jusqu’à la fin. Et quelle fin ! Le combat d’une mère ravagée par l’enlèvement de sa fille attendrit le lecteur… Une touche experte raconte avec acuité et réalisme les souffrances et turpitudes d’une mère à l’agonie dans cette situation. RYTHME SOUTENU et chapitres courts : un panachage de narration et de texte sous forme de dépositions. Ce puzzle logique et chronologique alimente un bon suspense pour aboutir à la chute finale glauque à souhait de la DERNIÈRE PAGE.
LE COMBAT D’UN MÈRE
Quoi de plus tragique qu’une enfant enlevée à sa mère ? Surtout pour Sophie Delalande coincée dans un train-train morose. En la remarquant, et en lui accordant une attention toute particulière, Sylvain, le bellâtre, lui a offert un amour passionné et une maternité alors qu’elle n’avait rien pour elle à la base. Un amour passionné, mais pas inconditionnel car à l’annonce d’une possible grossesse, l’homme de sa vie s’enfuit. Dans ces conditions, l’univers de cette mère célibataire concentré sur Hortense justifie son éprouvant combat quand Sylvain, le père de l’enfant resurgit deux ans plus tard pour lui soustraire l’enfant.
D’où un traumatisme et le drame malgré les démarches effectuées avec l’aide de ses proches pour retrouver cet enfant. En vain. Mais elle le sent, le sait : sa fille n’a pu être tuée par ce père soi-disant dépressif selon les enquêteurs. Quand 22 ans après, elle aperçoit une serveuse Emma, elle est persuadée d’avoir retrouvée sa fille.
UNE INTRIGUE LOGIQUE ET PSYCHOLOGIQUE
Tout au long du récit, le lecteur est en proie à de multiples doutes. D’abord, cette mère très solitaire se montre d’une possessivité extrême avec sa fille : une tendance compréhensible. Sa relation avec Sylvain, sans être si malsaine ne semble pas établie sur des bases stables mais chacun y trouve son compte : la réaction du père logique. Dépeint comme une pourriture, on l’identifie vite comme un monstre tyrannique en arrachant sa fille, non désirée, à une mère aimante.
Une cohérence est présente dans les relations entre les personnages. Puis, l’instinct maternel surgit ! L’approche de Sophie avec Emma intrigue le lecteur et le captive. Emma tout à fait équilibrée montre une certaine retenue vis à vis de cette inconnue.
Et le malaise s’installe peu à peu avec les dépositions recueillies au fil des chapitres : les précautions de Sophie pour se faire apprécier de sa fille… ne seront pas si aisées. Les retrouvailles pronostiquées seront compliquées et dramatiques… Reste à en connaître le déroulement INATTENDU à la toute fin… alors patience !
MON seul REGRET
Une fin époustouflante car inimaginable, mais trop brutale, car sans explication pour mieux comprendre le « comment » (pour ne pas spoiler).
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