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đź’śđź’śđź’śđź’ś LA SECONDE EPOUSE de Rebecca Fleet

RÉSUMÉ

Ed. Robert Laffont
04/2020
Alex a refait sa vie avec Natalie suite au décès de sa première épouse Heather morte d’un cancer. De sa première union, est née Jade, une ado avec qui il a su entretenir une relation fusionnelle. La vie de famille se passe sans problème particulier : chacun trouve sa place. Mais un soir, Alex se trouve à son retour devant la maison en flamme, presque en cendre.
Natalie toute traumatisĂ©e a rĂ©ussi Ă  sortir, mais Jade va ĂŞtre secourue in extremis par les pompiers puis hospitalisĂ©e dans le comas. Natalie et Alex, rĂ©fugiĂ©s dans un hĂ´tel Ă  proximitĂ©, attendent qu’elle en sorte. Et Ă  son rĂ©veil, Jade se remĂ©more la prĂ©sence d’un homme dans la maison avant la survenue du feu ; affirmations que contredit Natalie puisqu’elle-mĂŞme, rĂ©veillĂ©e s’en serait aperçue.
Mais Alex retourne dans la décombres, quelle ne fut sa surprise découvrir dans les affaires personnelles de son épouse une vieille photo d’elle avec un inconnu… Acculée, Natalie lui avoue qu’effectivement, elle n’est pas celle qu’il croit, mais que son amour pour lui est indéfectible. Alors, Alex veut comprendre pourquoi elle lui a caché son passé… et surtout qui est sa femme… À faire le point, il se rend compte que finalement, il connait peu de choses de son épouse en qui il a toute confiance et qui n’a pas montré beaucoup de véhémence à sauver sa belle-fille des flammes.

MON AVIS

Je remercie les Ă©ditions Robert Laffont et le site Netgalley pour ce service de presse du dernier ouvrage publiĂ© de cette auteure que je souhaitais dĂ©jĂ  dĂ©couvrir avec L’Échange. Celui-ci est toujours dans ma PAL car le temps m’a rattrapĂ©e !

Ici, elle signe son deuxième roman, dans lequel j’ai apprécié l’intrigue même si l’idée d’un passé enfoui est assez récurrente présente un scénario dynamique pour admettre ce préalable peu original.

Ambiance générale : calme apparent

Ce roman, du genre thriller familial, se situe en bord de mer en G.B.  L’angoisse pesante met en scène un incendie dans la demeure familiale qui ravage les biens d’une famille – en cela, c’est dĂ©jĂ  lourd de sens. RacontĂ© au prĂ©sent, des flashbacks le ponctuent. Et ce rĂ©cit d’une reconstruction progressive et improvisĂ©e s’alterne avec un passĂ© sulfureux qui nous ramène en 1999/2000 avec la narration d’une certaine Rachel et d’une certaine Sadie, deux sĹ“urs qui se ressemblent physiquement mais dont les tempĂ©raments sont aux antipodes.

Un héros qui surfe sur les vagues du passé

Quatre personnages se racontent au fil des chapitres. On ne peut que s’attendrir pour le pauvre Alex qui subit de A Ă  Z la tragĂ©die qui se joue autour de lui. En proie Ă  l’inquiĂ©tude pour sa fille unique avec qui est instaurĂ©e une relation responsable et de confiance, il se dĂ©mène par ailleurs pour son couple. Envahi de doutes, il s’infiltre comme il peut dans les mĂ©andres du passĂ© de sa femme pour mieux la connaĂ®tre, voire l’aider Ă  se sortir du pĂ©trin d’antan. Cependant malgrĂ© l’épreuve du moment avec le traumatisme d’un incendie Ă  affronter, on retient son courage et sa pudeur en toutes circonstances. Son personnage agrĂ©able est constant, il ne demande qu’à croire celles qu’il aime : sa femme ou sa fille. Intègre, il ne se dĂ©pare pas de sa foi en elles.

Deux sœurs, quatre identités

Le thème de l’amour entre deux sĹ“urs s’illustre ici dans une version pessimiste. Voici une interaction pĂ©renne de deux personnes liĂ©es par la vie ; ces liens perdurent quels que soient les choix et les chemins choisis diamĂ©tralement opposĂ©s. Donc on comprend que l’Ă©volution du caractère de l’une a causĂ© la dĂ©gradation de leur relation.

D’ailleurs malgrĂ© la dĂ©sapprobation des goĂ»ts de sa sĹ“ur, le dĂ©vouement de Rachel reste indĂ©niable. Sa rĂ©serve et son abnĂ©gation permanente Ă  l’extrĂŞme m’ont quand mĂŞme un peu dĂ©rangĂ©e. Ă‚gĂ©e de trois ans de plus que Sadie et donc avec une petite diffĂ©rence d’âge entre elles, le statut d’ainĂ©e de Rachel me semble exagĂ©rĂ©. L’absence tout au long du rĂ©cit, plausible certes, de la prĂ©sence parentale rend nĂ©anmoins bancale la crĂ©dibilitĂ© de sa responsabilisation omniprĂ©sente outrancière vis-Ă -vis de Sadie. Un peu trop de manichĂ©isme Ă  mon sens. Rachel la modĂ©rĂ©e et Sadie la passionnĂ©e, et c’est peut-ĂŞtre ce qui cloche avec l’évolution de ce personnage. Mais celui de Sadie est bien cernĂ© ce qui retire peut-ĂŞtre un peu d’intrigue.

Le rythme de l’intrigue peut paraitre lent au début. On pense deviner le dénouement  mais la cadence s’accélère par la suite et instaure une bonne tension finale.
Un roman agréable, distrayant qui se lit sans difficulté. À emporter en vacances.


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