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UN BONHEUR PARFAIT de James Salter

RESUME

ISBN : 2757811002
Editions : Point
400 pages
Une famille typique des années 60 : Viri  passionné par son métier ambitionne devenir un architecte célèbre. Avec son épouse Nedra, solaire, cultivée et intelligente, ils ont tout pour être heureux avec leur deux filles Franca et Danny et leur chien, dans leur belle demeure de la banlieue New-Yorkaise.
 » Ce couple mène une vie spéciale pleine d’abnégations, ils préfèrent passer du temps avec leurs enfants, ils n’ont que quelques amis ».
Ce couple  évolue au rythme d’une culturelle riche de visites de discussions littéraires et d’une attention constante pour leurs filles. L’accomplissement familial est partagée et s’affiche à leur réseau amical développé et sincère, crédule de cette sérénité apparente.
En effet, le couple se complait dans l’infidélité et y a assit leur équilibre. Viri, travaille à New-York où il passe quatre jours par semaine. Là, il entretient une liaison avec Karya dont il est véritablement épris. Mais sans espoir de voir évoluer cette relation adultérine, la jeune femme sabordera leur amour et délaissera Viri, affecté par cette rupture mais résigné, il sait que son bonheur passe par celui de sa famille. Nedra, elle, prendra son amant dans le noyau de leurs amis,  un célibataire endurci jusqu’au jour où elle se lassera du jeune homme.
Mais  dans la douceur du foyer, grandissent les filles, et les années passent.
Nedra captive de son mariage, désireuse de voyage et d’ouverture sur le monde aspire au divorce pour lui offrir sa liberté tant convoitée. Viri tend à réaliser son souhait de devenir un architecte célèbre.
La passion s’était éteinte :
L’affection désespérée, insupportable, du début avait disparu : à sa place, il y avait une jeune femme de vingt ans condamnée à vivre avec lui. Il était incapable de dire ce qui s’était passé.
Après le divorce, chacun petit à petit refera sa vie.
Trouveront ils alors le bonheur ?

MON AVIS

J’ai été séduite par le titre laissant espérer livrer le secret de cette fameuse quête ! J’avais un peu craint une romance à la guimauve mais James Salter s’est défaussé de ce risque avec son écriture agréable et ses diverses références culturelles intéressantes et non pompeuses.

 

A la recherche du bonheur

A la lecture du parcours de ce couple de Viri et Nedra, j’ai surtout cerné ( à mon humble avis) qu’ils courraient après un leurre car d’aucun pourrait penser qu’ils le possédaient déjà. Leurs amis eux-mêmes, qu’ils recevaient souvent car ils avaient une vie sociale remplie et bien organisée, se sont laissés abuser par l’idéal qui s’exposait à eux.

Mais l’exigence et la soif de liberté étreignait Nedra au-delà de ce qu’elle pouvait supporter. La routine de son foyer l’assujettissait à un rôle devenu insupportable pour elle au point de demander le divorce. La liberté, se réaliser personnellement est-ce là, la recette du bonheur ?

Viri, lui, de son côté, a renoncé à l’amour pour Karya, un amour regretté au fil du reste de sa vie pour sauver ce qu’il estimait primordial, sa famille. Pourtant il était conscient que leur complicité ne suffisant plus à leur épanouissement. Après le départ de Nedra, refera sa vie tant bien que mal.

Et les filles ? Ciment de la famille dans leur jeunesse, elles assisteront à sa dislocation en tentant de créer leur propre famille.

 

LE DIVORCE, CLE DE LA LIBERTE

J’ai été un peu déroutée par la force et l’opiniâtreté de Nedra dans son obstination à refuser le mariage et les valeurs qu’il drainent ; cette obstination est d’autant plus remarquable quand on la situe dans le temps. La lectrice que je suis, convaincue que le divorce est un des évènements les plus traumatisants dans une vie, j’ai du mal à admettre la légèreté de Nedra pour l’appréhender. On ne peut que prendre Viri en pitié ; lui n’a rien vu venir, pourrait-on dire…

Mais le problème réside alors dans la question : pourquoi Nedra, a-t-elle absolument renoncé à cette vie facile et confortable ? Peut-être la réponse est qui révèle la recette du parfait bonheur : ne jamais s’endormir sur ses lauriers et ne pas s’installer dans une routine rébarbative. EN COUPLE peut-on se réaliser ? Oui aujourd’hui en 2017; mais Viri et Nedra, eux sont mariés dans les années 60…

 

BEAUCOUP DE THEMES

L’écriture agréable de James Salter nous accompagne dans cette romance illustrées de références culturelles en tout genre. Il aborde l’art, la biographie de célébrités (Alma Mahler est citée à plusieurs reprises), l’histoire de France, la littérature française, jusqu’à des allusions à la vie des anguilles. Paris et Rome ont du plaire à l’auteur, preuve en est avec les détails fournis sur ces villes.

 

Ce livre de James Salter fait réfléchir sur l’engagement du mariage, normalement indissoluble ; Nedra a-t-elle usé de courage en tentant une vie meilleure ou pris un risque en renonçant au ronron « familier » ?

Quelques phrases qui m’ont plu :

La vie est mystérieuse. Pareille à une forêt. De loin, elle semble posséder une unité, un peut l’embrasser du regard, la décrire, mais de près, elle commence à se diviser en fragments d’ombre et de lumière, sa densité vous aveugle. A l’intérieur, il n’y a pas de forme, juste une prodigieuse quantité de détails disséminés : sons exotiques, flaque de soleil, feuillage, arbres tombés, petits animaux qui s’enfuient au craquement d’un rameau, insectes, silence, fleurs.
Il n’existe pas de vie complète, seulement des fragments. Nous sommes nés pour ne rien avoir, pour que tout file entre nos doigts.
 Il y a des choses que j’iame dans le mariage, dit Nedra. Par exemple, son côté familier. C’est comme un tatouage. Tu en voulais un, tu l’as eu, et à présent il st gravé dans ta peau pour toujours.

Et vous, quel est votre avis sur ce livre ?  

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