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đź’śđź’śđź’ś LES NOUVEAUX VOISINS de Catherine McKenzie

RESUME

 

ISBN: 978-2- 7499-3512-6
Editions : Michel Lafont

 

Il y a un an, Julie et Daniel Prentice et leurs deux enfants se sont installés dans la bourgade de Mount Adam dans le Cincinnati pour fuir Tacoma.  La tranquillité si apaisante du quartier est régentée par Cindy Sutton avec des règles strictes et intrusives, où chacun s’épie dans le voisinage. Julie, célèbre auteur sous la plume de Julie Apple, doit composer avec ces contraintes pour réaliser son vœu de rester anonyme et de taire sa notoriété. 
En fait, Julie voulait surtout échapper à la surveillance malveillante et invivable d’une certaine Heather Stanhope dont faisait l’objet d’un vif harcèlement de la part depuis la sortie de son unique best-seller « Le jeu de l’assassin » lorsqu’ils vivaient à Tacoma. Et dans sa nouvelle vie rangée de mère de famille, où elle s’adonne à l’écriture de son second roman commandé par son éditeur, elle fait la connaissance de son voisin John Dunbar lors de son jogging quotidien. Leur amitié particulière qui en découle ne passera pas inaperçue dans voisinage et sera source aujourd’hui d’un procès au tribunal.

 

MON AVIS

Le roman de 300 pages se divise en chapitres dont les narrateurs sont Julie ou John.

On joue avec le temps

Des chapitres offrent un compte Ă  rebours des douze derniers mois. D’autres chapitres dĂ©comptent les heures d’une seule journĂ©e, celle d’aujourd’hui. Cette combinaison participe Ă  garder l’attention du lecteur, qui s’interroge sur l’intrigue du jour, dĂ©couverte seulement à l’extrĂŞme chapitre final.
Le dĂ©but du roman nous transporte dans le monde tranquille d’une petite banlieue amĂ©ricaine, avec des maisons et des familles bien rangĂ©es. Le voisinage bien assorti de gens sans problème apparent s’assimile bien au feuilleton amĂ©ricain Desperate Housewife. Et peu Ă  peu l’auteur nous renverse vers le monde des Marx Brother oĂą chacun s’épie, cancane sur les pratiques des uns et dĂ©nonce les attitudes des autres. La mĂ©thode de la redoutable Cindy Sutton avec les repas mensuels imposĂ©s entre voisins, ses règles strictes, les newsletters intransigeantes, et la surveillance d’i-voisin… rendent les lieux sĂ©curisĂ©s et paradoxalement dĂ©rangeants.
La lecture nous captivera malgrĂ© la platitude des Ă©vĂ©nements et des journĂ©es. La tension nĂ©anmoins latente et omniprĂ©sente provient de la psychologie des deux personnages principaux, c’est-Ă -dire Julie et John dans leur narration et de la relation qui les lie : une relation ambiguĂ«. Et l’interrogation rĂ©currente qu’a-t-il pu bien se passer ?
L’auteur instille le doute quant au personnage de Julie au sujet de son harcèlement réellement subi ; on en vient à se demander si elle affabule. Mais cette probabilité effraie cependant avec l’éventail des moyens technologique et informatique à disposition dans notre monde contemporain. Sa malchance l’humanise car le lecteur la prendra automatiquement en pitié, à empirer sa situation en tentant de récupérer ses actes désastreux ; les catastrophes surajoutées sont presque trop nombreuses pour être crédibles.
Le mĂ©tier d’écrivain occupe une place intĂ©ressante avec son parcours professionnelle qui l’y a conduite. On s’interroge aussi sur son succès fulgurant rencontrĂ© mais c’est lĂ  oĂą le livre fera rĂŞver les auteurs qui s’évertuent Ă  conquĂ©rir des maisons d’édition et un public de lecteurs. Tout reposerait sur le hasard ?! Car l’inspiration de Julie pour son premier roman repose sur la mort suspecte d’une de ses camarades de facultĂ© lors de ses Ă©tudes ; la crĂ©ativitĂ© de l’écrivain Ă©toffe la rĂ©alitĂ© pour donner au lecteur des faits avec du relief. C’est rassurant pour ceux qui doutent : les muses ne sont pas toujours lĂ  car Julie, engagĂ©e auprès de son Ă©diteur peine Ă  Ă©crire tous les feuillets exigĂ©s au contrat.
Le mystère de la raison d’une journée particulière et sans vouloir en dévoiler trop (il s’agit d’un procès), cela nous interroge jusqu’à la fin sur les raisons et les aboutissants de ce procès.

J’ai bien aimé
Le livre Ă  l’Ă©criture agrĂ©able se lit vite, et distrait. Un bon roman, mais l’histoire ne marquera pas les mĂ©moires. Je remercie nĂ©anmoins Netgalley de m’avoir permis de le dĂ©couvrir.
J’ai moins aimĂ©
La relation suggérée entre Julie et John, cette attirance maîtrisée est inutile à l’intrigue car cela n’apporte pas grand-chose à part la scène du baiser avancée assez lourdement.

Quelques citations

Tout le monde a son lot de complications, dans la vie.
Parfois on les choisit parfois elles s’imposent.
L’important est de savoir les différencier.

Nous portons tous des masques. Le plus difficile, c’est de savoir le maintenir en place.
Apparemment le harcèlement était un comportement qui trouvait son origine dans une combinaison de solitude, de faible estime de soi, et d’égocentrisme exacerbé. Comment quelqu’un qui avait une faible estime de soi pouvait avoir un égocentrisme exacerbé ne me fut jamais réellement expliqué.
 Nous faisons chaque jour des choix qui nous entrainent sur une voie plutôt qu’une autre. Et si j’ai appris quelque chose c’est qu’il y a très peu de panneaux indicateurs le long du chemin.
 La mémoire n’est pas fiable. Nous voyons ce que nous voulons voir, entendons ce qui nous plait, et nous souvenons de ce qui nous touche. Cela s’appelle la condition humaine.

 Avez-vous lu le livre, d’accord ou pas d’accord avec moi ? N’hĂ©sitez pas Ă  laisser un commentaire…

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