Des chroniques régulières pour partager des livres, et faire connaître de nouveaux auteurs

đź’śđź’śđź’ś LES NOUVEAUX VOISINS de Catherine McKenzie

RESUME

Editions Michel Lafon
Janv. 2018
400 pages
Il y a un an, Julie et Daniel Prentice et leurs deux enfants se sont installĂ©s dans la bourgade de Mount Adam dans le Cincinnati pour fuir Tacoma. Julie, cĂ©lèbre auteur sous la plume de Julie Apple, cherche Ă  rester anonyme et tait sa notoriĂ©tĂ©. En fait, Julie voulait surtout Ă©chapper Ă  la surveillance malveillante et invivable d’une certaine Heather Stanhope lorsqu’ils vivaient Ă  Tacoma. Elle Ă©tait victime d’un harcèlement incessant de sa part suite Ă  la sortie de son unique best-seller « Le jeu de l’assassin ». 
Mais elle doit surtout composer avec les contraintes d’un voisinage insistant. En effet, la tranquillitĂ© si apaisante du quartier est rĂ©gentĂ©e par Cindy Sutton avec des règles strictes et intrusives, oĂą chacun s’épie.
Et dans sa nouvelle vie rangée de mère de famille, où elle s’adonne à l’écriture de son second roman commandé par son éditeur, elle fait la connaissance de son voisin John Dunbar lors de son jogging quotidien. Leur amitié particulière qui en découle ne passera pas inaperçue dans voisinage. Sa discrétion tant recherchée est anéantie… et cette relation sera source aujourd’hui d’un procès au tribunal. Mais pour quelle raison ?

 

MON AVIS

Le roman de 300 pages se divise en chapitres dont les narrateurs sont Julie ou John.

On joue avec le temps

Certains chapitres offrent un compte Ă  rebours des douze derniers mois. D’autres dĂ©comptent les heures d’une seule journĂ©e, dont celle d’aujourd’hui. Cette combinaison de dĂ©caler le  temps, participe Ă  garder l’attention du lecteur en misant sur le mystère de l’intrigue de ce jour de procès. Mais quel procès ? Les motivations et la cause n’en seront dĂ©couvertes qu’à l’extrĂŞme chapitre final.

La lecture nous Ă©clairera par petites touches. En attendant de comprendre, elle nous captivera malgrĂ© une certaine platitude des Ă©vĂ©nements et du rituel des journĂ©es. La tension nĂ©anmoins latente et omniprĂ©sente provient de la psychologie des deux personnages principaux, c’est-Ă -dire Julie et John dans leur narration et de la relation qui les lie : une relation ambiguĂ«. Et l’interrogation rĂ©currente dans la tĂŞte du lecteur sera : qu’a-t-il pu bien se passer pour en arriver lĂ  ?

Desperate Housewife revisité

Le dĂ©but du roman nous transporte dans le monde tranquille d’une banlieue amĂ©ricaine, adaptĂ©e Ă  la Middle Class, avec des maisons et des familles bien rangĂ©es. Le voisinage bien assorti de gens sans problème apparent s’assimile bien Ă  l’ambiance du feuilleton amĂ©ricain Desperate Housewife. Peu Ă  peu l’auteur nous renverse vers le monde des Marx Brother oĂą chacun s’épie, cancane sur les pratiques des uns et dĂ©nonce les attitudes des autres.

La méthode de la redoutable Cindy Sutton avec les repas mensuels imposés entre voisins, ses règles strictes, les newsletters intransigeantes, et la surveillance d’i-voisin… rendent les lieux sécurisés et paradoxalement dérangeants.

UNE AUTEURE, VICTIME DE HARCELEMENT ?

L’auteur instille le doute quant au personnage de Julie au sujet de son harcèlement rĂ©ellement subi, Ă  se demander si elle affabule ou si elle est sincère. Mais cette probabilitĂ© effraie cependant quand on Ă©value ici l’arsenal des moyens technologiques et informatiques Ă  disposition dans notre monde contemporain. La malchance qui s’acharne sur Julie l’humanise :  elle inspire automatiquement la pitiĂ©. Mais, quand elle tente de rĂ©cupĂ©rer ses erreurs dĂ©sastreuses, elle empire encore sa situation… du coup, les catastrophes surajoutĂ©es sont presque trop nombreuses pour ĂŞtre crĂ©dibles.

Le métier d’écrivain occupe une place intéressante avec son parcours professionnel particulier. Son succès fulgurant fera rêver les auteurs qui s’évertuent à conquérir des maisons d’édition et un lectorat prodigieux et reconnaissant. Tout reposerait sur le hasard ?!

En fait, l’inspiration de Julie pour son premier roman repose sur la mort suspecte d’une de ses camarades de facultĂ©. Un fait divers sur le campus oĂą elle est indirectement mĂŞlĂ©e lors de ses Ă©tudes. La crĂ©ativitĂ© de l’écrivain Ă©toffe la rĂ©alitĂ© pour procurer au lecteur du relief. C’est rassurant pour les Ă©crivains en germe qui doutent : les muses ne sont pas toujours lĂ , car ici Julie, engagĂ©e auprès de son Ă©diteur peine Ă  Ă©crire le nombre de feuillets exigĂ©s au contrat.

Le mystère de la raison d’une journée particulière et sans vouloir en dévoiler trop (il s’agit d’un procès), cela nous interroge jusqu’à la fin sur les raisons et les aboutissants de ce procès.

J’ai bien aimé

Le livre Ă  l’Ă©criture agrĂ©able se lit vite, et distrait. Un bon roman, mais l’histoire ne marquera pas les mĂ©moires. Je remercie nĂ©anmoins Netgalley de m’avoir permis de le dĂ©couvrir.

J’ai moins aimĂ©

La relation suggérée entre Julie et John, cette attirance maîtrisée est inutile à l’intrigue car cela n’apporte pas grand-chose à part la scène du baiser avancée assez lourdement.

Quelques citations

Tout le monde a son lot de complications, dans la vie.
Parfois on les choisit parfois elles s’imposent.
L’important est de savoir les différencier.
Nous portons tous des masques. Le plus difficile, c’est de savoir le maintenir en place.
Apparemment le harcèlement était un comportement qui trouvait son origine dans une combinaison de solitude, de faible estime de soi, et d’égocentrisme exacerbé. Comment quelqu’un qui avait une faible estime de soi pouvait avoir un égocentrisme exacerbé ne me fut jamais réellement expliqué.
 Nous faisons chaque jour des choix qui nous entrainent sur une voie plutôt qu’une autre. Et si j’ai appris quelque chose c’est qu’il y a très peu de panneaux indicateurs le long du chemin.
 La mémoire n’est pas fiable. Nous voyons ce que nous voulons voir, entendons ce qui nous plait, et nous souvenons de ce qui nous touche. Cela s’appelle la condition humaine.

 Avez-vous lu le livre, d’accord ou pas d’accord avec moi ? N’hĂ©sitez pas Ă  laisser un commentaire…

➤ Info : la newsletter du blog a changĂ© et s’est refait une beautĂ©. N’hĂ©sitez pas Ă  vous inscrire ou vous rĂ©inscrire pour ne rien rater. Rendez-vous dans la colonne de droite sur le blog ou directement par ici. 


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *