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đź’šđź’šđź’š UN SAINT HOMME d’Anne Wiazemsky

RESUME

Gallimard
2/2/17
128 Pages
Le père Deau, professeur de français d’Anne Wiazemsky au lycée à Caracas au Venezuela revient dans sa vie en l’entendant sur les ondes dans une de ses interviews. Lui-même revenu en France depuis peu, il ose reprendre contact avec la narratrice, son ancienne élève devenue actrice et auteure connue.
Lors des rencontres ponctuelles qui en découlent, ils se remémorent leur lointaine relation amicale entre lui jeune prêtre et Anne adolescente, une complicité de naguère basée sur l’écriture et la vie. 

La spiritualitĂ© ou la religion ne sont pas au cĹ“ur de leur relation. Mais le respect et l’écoute des convictions de l’un ou de l’autre demeure. Le père Deau soutient Anne dans ses tensions familiales quant au devenir de la demeure de son ancĂŞtre François Mauriac ou lors de dĂ©dicaces houleuses. Et en revanche, sa retenue l’oblige à faire abnĂ©gation de ses problèmes de santĂ©.
 

MON AVIS

J’ai découvert l’auteur avec cet hommage à ce « saint », le père Deau.
C’est le dernier livre d’Anne Wiazemsky décédée en octobre 2017 après une bibliographie fournie d’une quinzaine d’ouvrages (source : Wikipédia) débutée en 1988 avec une nouvelle : des filles bien élevées et un roman « mon beau navire ».

Un exemple d’une belle rencontre que l’on peut avoir dans notre vie.
Des êtres proches et sincères savent pourtant observer une distance de courtoisie dans l’intimité de l’autre.

Cette femme au destin particulier

Petite-fille de l’écrivain François Mauriac, Ă©pouse d’un rĂ©alisateur de renom Jean-Luc Godard (de 1967 Ă  1970), actrice de théâtre et cinĂ©ma, rĂ©alisatrice et Ă©crivain jusqu’à ses dernières heures. Elle a tutoyĂ© des notoriĂ©tĂ©s. Et pourtant, Anne, bien que liĂ©e d’une belle amitié avec lui ne peut pas appeler le père Deau par son prĂ©nom comme celui-ci lui suggère.

J’aime bien cette distance respectueuse qui s’impose mais qui ne freine pas la sincérité et la profondeur des échanges.

Un bel hommage

Cet ouvrage « un saint homme » s’apprĂ©cie avec une autre approche lorsque l’on sait que c’est le dernier de l’auteure, dĂ©cĂ©dĂ©e peu après. Comme une sorte de gratification et de reconnaissance Ă  une relation sincère basĂ©e sur leur goĂ»t de l’écriture, elle rend hommage Ă  son ancien professeur de français.  Instigateur et exhausteur indirect de sa carrière, elle saura le mettre Ă  l’honneur. En effet, le père Deau avait dĂ©celĂ© en elle ce don. Il l’avait encouragĂ©e et a su la soutenir quand nĂ©cessaire.

Une belle leçon d’abnĂ©gation et de vie de la part de cet homme d’église façonnĂ© de sĂ©rĂ©nitĂ©, de gĂ©nĂ©rositĂ© et de spiritualitĂ© qui ne s’épanchait pas sur ses propres problèmes. Sa gĂ©nĂ©rositĂ©, sa foi, et son Ă©coute attentive redore le blason des hommes de foi dont l’actualitĂ© nous rappellent que certains ont trahi leur valeur.

Le travail de l’écrivain

Le poids du passé familial et touchant dans le récit de l’auteur. Anne Wiazemsky confie au père Deau, et à ses lecteurs la complexité de se livrer dans l’écriture. Ici, la part de la vie privée s’enchevêtre avec le travail de l’écrivain, ce qui peut amener confusion et conflit avec ses proches. La séance de dédicaces où le prêtre la défend avec une certaine sérénité et philosophie des hostilités d’un public partisan est émouvante.

Au final

Sans avoir adorer ce livre, j’en ai nĂ©anmoins apprĂ©ciĂ© le contenu et l’écriture agrĂ©able. Une belle leçon de tolĂ©rance dans les croyances (ou non) de son prochain. Cependant, je doute du mĂŞme succès auprès de l’Ă©diteur si un quidam avait Ă©crit le mĂŞme texte.

Avez-vous lu le livre, d’accord ou pas d’accord avec moi ? N’hĂ©sitez pas Ă  laisser un commentaire…


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