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💙💙💙 UNE FAIM DE LOUP d’Anne-Marie Garat

RÉSUMÉ

ed. Babel
240 P.

« Une extraordinaire force compensatoire du conte, ou du rêve est de satisfaire le désir de puissance et de reconnaissance ».

Je ne commettrai pas l’offense de vous raconter  « Le Petit Chaperon rouge ». Le voici ici dans une explication de texte (pas du tout indigeste) destinĂ©e aux adultes. Tout le monde connait l’histoire, mĂŞme le plus jeune d’entre nous, qui a Ă©té  écrite par Charles Perrault, restĂ© dans nos mĂ©moires pour ses nombreux contes mĂŞme si la biographie de cet homme est loin de se limiter Ă  ses talents littĂ©raires.

Cet ouvrage offre en appendice P. 227 une invitation Ă  la relire dans sa version originale et les Ă©claircissements d’Anne-Marie Gravat apportent de nouvelles perspectives pour redĂ©couvrir le rĂ©cit qui a enchantĂ©, effrayĂ© et accompagnĂ© notre enfance.

L’AUTEUR

J’ai rencontrĂ© et dĂ©couvert l’auteure Anne-Marie Garat, rencontrĂ©e Ă  la librairie Decitre ChambĂ©ry, lors d’une sĂ©ance pour prĂ©senter sa dernière Ĺ“uvre du moment (cf. babelio.com) : « LE GRAND OUEST ». Je l’ai d’ailleurs ajoutĂ© Ă  ma PAL (Pile Ă€ Lire) car son rĂ©sumĂ© semble prĂ©senter beaucoup d’intĂ©rĂŞts pour qui aime les romans historiques situĂ©s dans d’autres contrĂ©es. De plus, l’auteur, lors de cette rencontre Ă  la librairie, nous a confiĂ© y avoir fait des recherches sur place pour l’Ă©crire. Je fĂ©licite Anne-Marie Gardat venue de loin ce jour-lĂ , pour sa bienveillance et son enthousiasme malgrĂ© un public clairsemĂ© Ă  cause d’un mauvais hasard du calendrier local Ă  ChambĂ©ry. Elle m’a sĂ©duite par la qualitĂ© de son phrasĂ© pour animer ses hĂ©ros et les faire vivre Ă  travers ses Ĺ“uvres qu’elle raconte avec un vrai talent de narratrice.

Ainsi, elle a alors piqué ma curiosité avec cette interprétation « adulte » du PETIT CHAPERON ROUGE.

MON AVIS

A-M. Garvat captive son public adulte autant que l’histoire a subjugué un très jeune auditoire.

Du sens à chaque phrase.

Y sont analysĂ©s à partir du rĂ©cit original : De la confection de la galette, Ă  la tenue du chaperon, de l’ordre enjoint, du chemin Ă  parcourir, de l’attitude du loup, et au vocabulaire et au langage utilisĂ©.

Le comportement des diffĂ©rents protagonistes Ă©clairĂ© par l’auteure ici, ouvre notre Ĺ“il sur une fenĂŞtre diffĂ©rente que celle entrebâillĂ©e du texte racontĂ©e depuis des lustres aux petits. En fait, elle est porteuse d’effroyables messages aujourd’hui dĂ©voilĂ©s au lecteur adulte.

Voici ici des explications avec des dimensions psychologiques, psychanalytiques. Jusqu’alors insoupçonnĂ©es pour le lecteur basique, les explications sont tout Ă  fait crĂ©dibles et renforcent l’intĂ©rĂŞt de l’ouvrage. DĂ©cortiquĂ©es avec dĂ©tail, elles sont raisonnĂ©es. Malheureusement, je paraphrase l’auteur si talentueuse dans l’exercice.

ResituĂ©e dans le contexte historique et économique, notre petit chaperon est alors « dĂ©guisĂ©e » par les soins de sa maman et sa grand-maman. Le choix du vĂŞtement donne des indications sociales et sociologiques et interroge Ă©galement. A.-M. Gravat souligne l’anachronisme et le dĂ©calage de la tenue pour une petite fille, mĂŞme Ă  l’Ă©poque. C’est pourquoi, elle apporte une valeur diffĂ©rente à nos croyances habituelles avec nos connaissances profanes.

Un autre volet est celui de la place des femmes autour de l’enfant.  Elle l’entourent, et pourtant leur attitude frappe de nĂ©gligence Ă©ducative ou de bon sens. Car, cette petite fille parĂ©e comme une femme d’un autre âge est habillĂ©e alors, dans ce contexte, d’un accoutrement pas du tout adĂ©quat.

UNE FAIM, DES FINS

Sans oublier les apports postĂ©rieurs Ă  l’histoire originale, A.-M. Gravat mentionne les diffĂ©rentes fins suggĂ©rĂ©es au fil du temps. En effet, elle permettent de mĂ©nager la sensibilitĂ© de chacun. Ainsi, la cruauté du final fatal a Ă©tĂ© attĂ©nuĂ©e grâce Ă  une imagination plus douce, entre autre des frères Grimm. Eux, donnent une punition au loup et sauvent le petit chaperon rouge.

Pourquoi tant de brutalité chez Perrault ? Il va à l’encontre des revanches plus clémentes pour les enfants en proie au danger. Normalement : « une extraordinaire force compensatoire du conte, ou du rêve est de satisfaire le désir de puissance et de reconnaissance ».

Un conte Ă  lire et Ă  dĂ©couvrir comme vous ne l’aurez jamais lu OU entendu .

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