Chroniques régulières sur des livres, et faire connaître de nouveaux auteurs

đź’śđź’śđź’ś10 Ă‚MES, PAS PLUS de Ragnar Jonasson

RÉSUMÉ

ED. de la Martinière
14/01/2022
340 p. (num)
Islande.
Una, une trentenaire, quitte Reykjavik et sa vie terne grâce à un poste d’enseignante à Skalar pendant un an. À son arrivée dans ce village de dix habitants, elle découvre que son travail se limite à instruire les deux seules enfants du village, deux adolescentes sans affinité particulière.
Aussi, loin d’être bien accueillie par les autochtones, Una ressent même une certaine hostilité à son égard excepté de la part de sa logeuse Salka, la maman d’Edda, son élève préférée.
Malgré la tension éprouvée et comme rien ne l’appelle à Reykjavik, la jeune institutrice se résigne à s’adapter à l’inhospitalité villageoise. Elle compensera le confort rudimentaire de sa nouvelle existence avec de la lecture et quelques verres de vin. Mais en dépit de ses efforts pour s’intégrer, son sentiment de solitude va croître avec des visions surnaturelles qui hantent ses nuits.
Sans une âme à qui se confier, elle va devoir affronter seule les fantômes de la localité, et du passé…

MON AVIS

Une bonne lecture pour ceux qui apprĂ©cient les thrillers dans le genre fantastique. Ce roman est un huis clos dans lequel l’hĂ©roĂŻne esseulĂ©e s’enferre en toute conscience. Il nous permet aussi d’apprĂ©hender un territoire peu connu comme les grandes Ă©tendues l’Islande.

Sans être un pur roman policier, l’intrigue repose sur : « qui est le mort ou la morte ? » et non « qui a tué ? »

J’ai apprécié cet ouvrage agréable à lire qui présente la qualité d’être un page turner où les 340 pages filent à une vitesse phénoménale. Mais je modérerai mon enthousiasme à cause d’une fin qui dévoile le mystère sans prévenir.

Ce que j’ai beaucoup aimé :

Le huis clos se déroule dans un cadre assez original (l’Islande avec particularité insulaire) difficile voire hostile.

Le supposé souffle d’oxygène insufflé par l’arrivée de l’héroïne contraste avec la réticence des villageois à l’accueillir. Le décalage surprend, car la nouvelle venue est considérée comme une intruse inopportune. Et cette vision des choses active immédiatement une tension ressentie tout le long du roman quand l’institutrice vient perturber un microcosme satisfait d’une organisation sclérosée.

Le désarroi compréhensible d’Una face à la froideur environnante attendrit et inquiète immédiatement le lecteur dès les premières pages. Il se laisse entraîner par l’ambiance oppressante et les mystères qui entourent la jeune femme. Une seule personne souhaite  sa présence à première vue dans le village, or l’utilité de son rôle reste douteux.

Par ailleurs, on admet les frayeurs nocturnes ressenties par l’héroïne devant l’apparition d’une adolescente surgie d’un passé ancestral.

Ce que j’ai moins aimé :

Des chapitres en italique font référence à un passé et épaississent le mystère en ne précisant pas si les événements remontent à une date lointaine ou pas. Et de ce fait, le lecteur tente mentalement d’établir le lien avec la fameuse photo du fantôme. Cela rajoute du suspense, mais c’est tellement décalé avec ce que vit Una que je n’ai pas cherché à les relier au présent et que je suis passée à côté.
Le personnage de Una bien construit suscite de la compassion. Mais sur la fin, son attitude semble manquer de cohérence, car je l’ai trouvée relativement passive par rapport au tourbillon qu’elle subit.
Pour finir, l’explication sur les énigmes arrive de manière un peu trop abrupte.

Remerciements : Netgalley m’a fait découvrir cet auteur avec le service de presse.

#Dixâmespasplus #NetGalleyFrance