Des chroniques régulières pour partager des livres, et faire connaître de nouveaux auteurs

đź’śđź’śđź’śđź’śLA FEMME PARFAITE de J.P. Delaney

RÉSUMÉ

Fayard/Mazarine
07/10/2020
460 p.
Silicon Valley. États-Unis.
Abbie qui sort d’un long sommeil après un accident revient dans son foyer entourĂ©e de son mari Tim et de son fils Danny.
Tim Scott, un geek prodigieux dirige d’une main de fer son entreprise de conception de robots qui joue dans la cour des monstres de l’industrie informatique comme les GAFA. Manipulateur et tyrannique, ses collaborateurs ont Ă©tĂ© obligĂ©s de se soumettre Ă  l’idĂ©e de fabriquer un robot Ă  l’image de son Ă©pouse disparue il y a quelques annĂ©es. Ils ont conçu la rĂ©plique parfaite de la plastique de la vĂ©ritable Abigail assortie d’une intelligence artificielle capable d’emmagasiner tous ses souvenirs numĂ©risĂ©s. Elle est en plus dotĂ©e d’empathie, de sensibilitĂ©, voire d’amour. De quoi se mĂ©prendre avec une humaine…
MalgrĂ© quelques manquements Ă  sa mĂ©moire Ă  combler, cette solution de substitution permet alors Ă  Tim de revivre Ă  nouveau un amour partagĂ© avec son Ă©pouse. MalgrĂ© tout, les efforts du robot pour s’intĂ©grer Ă  son foyer, Abbie robot n’a en tĂŞte que de satisfaire son mari en se conformant au maximum Ă  la vĂ©ritable Abbie. Pour se familiariser dans son rĂ´le maternel, la baby-sitter de Danny l’aide Ă  apprivoiser la nature autistique de l’enfant, lui-mĂŞme plutĂ´t impassible devant cette nouvelle prĂ©sence moins expressive.
Cependant l’imprudence d’Abbie va contrarier la discrĂ©tion requise par Tim et bientĂ´t les mĂ©dias vont faire les choux gras de l’existence du robot, la rĂ©plique parfaite d’une femme. Et pas n’importe quelle femme, puisque celle remplace a disparu dans des circonstances douteuses quelques annĂ©es auparavant. Son propre mari Tim a mĂŞme Ă©tĂ© soupçonnĂ© d’en ĂŞtre Ă  l’origine. Devant cette nouvelle, poussĂ©e par sa nature curieuse, son intelligence et sa sensibilitĂ©, le robot reconsidère le fondement de son existence et celle de la vĂ©ritable Abbie.

MON AVIS

Merci beaucoup Ă  Netgalley et aux Ă©ditions Fayard-Mazarine pour ce service de presse. Voici une lecture distrayante et captivante basĂ©e sur une idĂ©e d’une originalitĂ© surprenante.

Ce roman presque d’anticipation augmente l’inquiĂ©tant avec le thème choisi qui mĂ©rite rĂ©flexion comme celui l’omniprĂ©sence des robots connectĂ©s dans la sphère domestique. L’enquĂŞte originale menĂ©e par Abbie, une femme d’un genre bien particulier, m’a captivĂ©e malgrĂ© ma rĂ©ticence quant au genre « fantastique ». En effet, les mĂ©andres de la psychologie humaine dominent l’intrigue.

L’imagination productive et la recherche approfondie de l’auteur sur les nouvelles technologies adaptĂ©es Ă  ce thriller  dĂ©stabilisent et la difficultĂ© Ă  identifier le narrateur  – la fin l’éclaircira – augmente l’intrigue. Mais ce robot  surprenant, quand il n’inquiète pas de perfection sĂ©duit le lecteur qui s’attache Ă  « lui » jusqu’à l’apprĂ©cier. Avec sa capacitĂ© d’empathie, il incarne l’humanitĂ© robotisĂ©e. Et le roman reste un thriller domestique qui met en action la rencontre d’un couple et la naissance et l’évolution d’une famille confrontĂ©e Ă  la vie. 

UNE FEMME PARFAITE : CREDIBLE ?

Bien sĂ»r diraient ceux qui me connaissent ! Le robot humanoĂŻde perfectible dĂ©jĂ  très perfectionnĂ© est le duplicata parfait de la vraie Abbie, l’idĂ©al de Tim. L’auteur n’a commis aucune BEVUE dans la crĂ©dibilitĂ© dans la conception de son hĂ©roĂŻne. Ses dĂ©tails techniques et numĂ©riques tout Ă  fait comprĂ©hensibles savent apprivoiser les profanes en informatique. Les dix premières pages surprennent un peu mais on intègre très vite le rĂ©cit.

Tant que cette merveille technologique appartient au domaine de l’utopie, le mal est moindre mais fait rĂ©flĂ©chir sur notre environnement de plus en plus interactif et de plus en plus intelligent…

LA PSYCHOLOGIE DES PERSONNAGES

Le personnage de Tim procure tout de suite une dĂ©sagrĂ©able sensation d’un homme intelligent et passionnĂ©, imbu de son pouvoir. Sa possessivitĂ© et son autoritĂ© ne cadrent pas avec l’ambition gĂ©nĂ©reuse et saugrenue de recrĂ©er sa femme bien aimĂ©e Ă  l’identique, l’idĂ©e d’ailleurs plutĂ´t malsaine dĂ©range. Alors j’ai apprĂ©ciĂ© de ne pas avoir Ă©tĂ© menĂ©e en bateau par l’auteur qui n’Ă©dulcore pas l’aspect nĂ©gatif de son caractère et malgrĂ© cela, alimente l’intrigue jusqu’Ă  la fin car comme Abbie le robot on s’interroge sur l’obsession malsaine de Tim sur le concept du robot.

Les autres personnages s’articulent bien dans l’histoire et oxygène le risque d’un huis-clos. Ils prĂ©sentent aussi un intĂ©rĂŞt et de la cohĂ©rence jusqu’au bout.

L’AUTISME

Ce handicap, trouble ou syndrome, abordĂ© ici de manière bien Ă©tayĂ©e par l’intermĂ©diaire du personnage de Danny et de ses parents, les hĂ©ros met en Ă©vidence le malaise et dĂ©sarroi de l’entourage. La dĂ©clinaison des rĂ©actions intempestives de Danny permettent de retracer le parcours du combattant des parents dès les premières difficultĂ©s Ă  identifier ou Ă  mettre un mot sur ces troubles de l’attention. S’ensuit le tâtonnement pour encadrer ces enfants pour un mieux-ĂŞtre en se confrontant les thĂ©ories relatives Ă  diverses mĂ©thodes Ă  choisir. La mĂ©thode ABA est ainsi expliquĂ©e et c’est intĂ©ressant, mĂŞme si le concept reste encore confus pour moi. Ce roman dĂ©nonce aussi l’expĂ©rimentation d’autres mĂ©thodes plus brutales, Ă  première vue courante et utilisĂ©e Ă  l’encontre de ces enfants.

L’auteur  ✒ 

 Son site 👉✒ http://www.jpdelaney.co.uk/et
👉✒ son autre site : http://www.anthonycapella.com/
Bio : Écrivain et journaliste, Anthony Capella a publiĂ© plusieurs romans Ă  succès sous les noms de Tony Strong, Anthony Capella et J. P. Delaney. DiplĂ´mĂ© en littĂ©rature anglaise de St Peter’s College Ă  l’UniversitĂ© d’Oxford, il a Ă©tĂ© brièvement professeur d’anglais Ă  Rome. Après son retour en Angleterre, il devient journaliste Ă  l’agence de publicitĂ© Ogilvy and Mather, puis se spĂ©cialise dans le tourisme et collabore avec le Sunday Times et le chef cuisinier Jamie Oliver.
Bibliographie : En 1997, il publie son premier roman, sous le nom de Tony Strong, « The Poison Tree », le premier tome de diptyque « Terry Williams ». « L’Appât » (« The Decoy », 2001) et « Un mauvais rĂŞve » (« Tell Me Lies », 2003). « The Food of Love » (2004), publiĂ© sous le pseudonyme d’Anthony Capella, suivi de « The Wedding Officer » (2006), « The Various Flavours of Coffee » (2008), « Love and Other Dangerous Chemicals » (2015). « La Fille d’avant » (« The Girl Before », 2017), publiĂ© sous le pseudonyme de J. P. Delaney, est sa première incursion dans le thriller psychologique. Ă€ voir aussi 👉 Mensonge (prĂ©cĂ©demment chroniquĂ©)
#Lafemmeparfaite #NetGalleyFrance

Reader Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *