Des chroniques réguliÚres pour partager des livres, et faire connaßtre de nouveaux auteurs

💙💙💙 LE BIZARRE INCIDENT DU CHIEN PENDANT LA NUIT de Mark Haddon

QuatriÚme de couverture 

Pocket
2005
350 p.
Qui a tuĂ© Wellington, le grand caniche noir de Mme Shears, la voisine ? Christopher Boone, « quinze ans, trois mois et deux jours », dĂ©cide de mener l’enquĂȘte. Christopher aime les listes, les plans, la vĂ©ritĂ©. Il comprend les mathĂ©matiques et la thĂ©orie de la relativitĂ©. Mais Christopher ne s’est jamais aventurĂ© plus loin que le bout de la rue. Il ne supporte pas qu’on le touche, et trouve les autres ĂȘtres humains… dĂ©concertants.
Quand son pĂšre lui demande d’arrĂȘter ses investigations, Christopher refuse d’obĂ©ir. Au risque de bouleverser le dĂ©licat Ă©quilibre de l’univers qu’il s’est construit…

MON AVIS

 THEME 

Une belle illustration de la DIFFERENCE prĂ©sentĂ©e sous la forme de l’autisme.

L’ouvrage se lit avec facilitĂ©, la lecture se veut rapide – d’autant que de nombreux dessins le parsĂšment – donc rĂ©duisent le nombre effective de pages. Le sujet grave sur la diffĂ©rence et l’autisme en particulier est traitĂ© avec lĂ©gĂšretĂ© mais sĂ©rieux par  👉🧐 un auteur averti sur la question puisqu’il a travaillĂ© avec ce public. ClassĂ© dans la catĂ©gorie jeunesse le livre s’adaptĂ© Ă  tout public, et je le recommande surtout aux adultes enferrĂ©s dans leurs prĂ©jugĂ©s. MarquĂ© par son originalitĂ©, ce livre trouve naturellement sa place dans ce prĂ©sent blog au titre du handicap. Ici, la diffĂ©rence est traitĂ©e sur toile de fond policiĂšre (mĂȘme de petite envergure). Je dois cette dĂ©couverte Ă  ma cousine Florence G-P. que je remercie de ce cadeau : qu’elle soit rassurĂ©e de ses efforts pour me procurer un livre adĂ©quat, ils sont couronnĂ©s de succĂšs !

 ROMAN POLICIER ORIGINAL

Le personnage de Christopher Boone, le narrateur, n’est pas sans rappeler celui du film de Rain Man mĂȘme si l’histoire se situe en Angleterre dans un contexte diffĂ©rent. L’ado mĂšne son enquĂȘte en vue de dĂ©masquer le meurtrier d’un chien, enquĂȘte pour le moins surprenante. Le sĂ©rieux du protagoniste pour cette Ă©nigme policiĂšre prĂȘte Ă  sourire au premier abord. La dimension affective quasiment humaine accordĂ©e Ă  l’animal de compagnie dans nos sociĂ©tĂ©s occidentales efface le ridicule de la situation. Ce crime sauvage doit ĂȘtre Ă©lucidĂ© pour trouver le coupable.

Le dessein ambitieux de l’adolescent est de retranscrire son enquĂȘte en roman policier. Son travail d’Ă©crivain reste cohĂ©rent : la patte avisĂ©e de son Ă©ducatrice est avouĂ©e, et les touches originales de Christopher respectĂ©es. Sa passion pour les mathĂ©matiques explique sa numĂ©rotation saugrenue des chapitres (en nombre premier), son esprit cartĂ©sien produit des dessins et schĂ©mas explicatifs, oĂč des incartades sur ses connaissances astronomiques complĂštent le tableau hĂ©tĂ©roclite. N’oublions pas sa remarquable culture gĂ©nĂ©rale due Ă  une extraordinaire mĂ©moire. Son intelligence supĂ©rieure Ă  la moyenne permet de maitriser les mathĂ©matiques quantiques, la thĂ©orie des trous noirs, et de passer le Level-A (Ă©quivalent baccalaurĂ©at en maths, je crois). Le tout produit un roman pittoresque et distrayant.

LES PERSONNAGES

À travers lui, le narrateur Christopher Boone illustre le trouble autistique (jamais nommĂ©ment dĂ©signĂ©). Il dĂ©peint ses craintes, son difficile contact physique, ses angoisses comme ses plaisirs rituels s’occuper de Tobby, et ses angoisses. Son environnement sĂ©curisĂ© et organisĂ© avec accĂšs canalise d’Ă©ventuelles sources de dĂ©rapages et se rĂ©vĂšle nĂ©cessaire pour son Ă©quilibre fragile mis en place. La base de comprĂ©hension de Christopher est le premier degrĂ©, et on s’aperçoit du rĂŽle l’Ă©ducatrice Sobbian pour son aide dans le langage corporel et l’extĂ©rioritĂ©.

La naĂŻvetĂ© insinuĂ©e dans l’Ă©noncĂ© de ses crises, ses tics et ses tocs dĂ©dramatise leurs   consĂ©quences mais expliquent les difficultĂ©s de ces personnes en gĂ©nĂ©ral Ă  ĂȘtre comprises dans les turbulences de la vie actuelle. La prĂ©sence primordiale des parents, Ă  la fois stimulateurs et rĂ©gulateurs, est bien reprĂ©sentĂ©e sans faire abstraction de l’Ă©puisement avec parfois un rĂ©pit nĂ©cessaire.

L’humour et la lĂ©gĂšretĂ© se profilent au fil de la lecture malgrĂ© le ressenti de l’adolescent plongĂ© dans l’aventure, sources d’angoisses comprĂ©hensibles. Une belle rĂ©silience : l’auteur nous dĂ©crit un ado qui se sait et se sent diffĂ©rent mais gĂšre son handicap en en tirant le meilleur. Sa rĂ©flexion sophistiquĂ©e et logique, sa tĂ©nacitĂ© obstinĂ©e (il ne dĂ©sobĂ©it pas Ă  son pĂšre mais interprĂšte ses recommandations) rĂ©soudront l’Ă©nigme.

Les personnages au rĂ©actions bien pesĂ©e de qui approchent Christopher : ils Ă©prouvent au premier abord la stupĂ©faction, que son naturel va dĂ©froisser. Il  apprivoise Ă  merveille ces « étrangers » – porteurs de dangers car inconnus -. Puis les rĂ©flexions et ses Ă©motions forcent la comprĂ©hension et la compassion du lecteur pour faire de cet ado un ĂȘtre attachant.

Vous pouvez vous le procurer ICI

Quelques phrases sympatiques :

Je ne sais pas raconter des blagues parce que je ne les comprends pas.
Je trouve que les nombres premiers sont comme la vie. Ils sont tout Ă  fait logiques, mais il est impossible d’en trouver les rĂšgles, mĂȘme si on consacre tout son temps Ă  y rĂ©flĂ©chir.
Je ne mens pas. MĂšre disait que c’est parce que je suis quelqu’un de bien. Mais ce n’est pas pour ça. C’est parce que je ne sais pas mentir.

Avez-vous lu le livre, d’accord ou pas d’accord avec moi ? N’hĂ©sitez pas Ă  laisser un commentaire…


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