Des chroniques régulières pour partager des livres, et faire connaître de nouveaux auteurs

💙💙💙 QUAND NOS SOUVENIRS VIENDRONT DANSER de Virginie Grimaldi

Quatrième de couverture

Livre de poche
06/2020
350 pages
« Lorsque nous avons emménagé impasse des Colibris, nous avions vingt ans, ça sentait la peinture fraîche et les projets, nous nous prêtions main-forte entre voisins en traversant les jardins non clôturés.
Soixante-trois ans plus tard, les haies ont poussé et nous ne nous adressons la parole qu’en cas de nécessité absolue.
Quand le maire annonce qu’il va raser l’impasse – nos maisons, nos mémoires, nos vies –, nous oublions le passé pour nous allier et nous battre. Tous les coups sont permis : nous n’avons plus rien à perdre, et c’est plus excitant qu’une sieste devant Motus. »
À travers le récit de leur combat et une plongée dans ses souvenirs, Marceline raconte une magnifique histoire d’amour, les secrets de toute une famille et la force des liens qui tissent une amitié.

Mon avis

Un livre «feel good» de temps en temps fait du bien, et rompt la violence rencontrĂ©e dans les thrillers, mes lectures de prĂ©dilection. Ici, les bons sentiments, l’humanitĂ© et  l’humour dĂ©bordent Ă  chaque ligne.

« Les octogéniaux »

Le scĂ©nario plaisant met en scène un panachage de personnages sympathiques. La bienveillance et l’humour imprègnent chacun des personnages, parfois teigneux et revĂŞches. Cette petite brochette d’allumĂ©s, rebaptisĂ©e pour l’occasion  « octogĂ©niaux » donne un caractère explosif Ă  leur engagement solidaire qui vise la dĂ©fense de leur quartier.

L’idĂ©e d’une expropriation d’un lotissement peut paraĂ®tre cohĂ©rente dans une sociĂ©tĂ© oĂą Ă©volution urbanistique est une constante. Les habitants, ces voisins devenus octogĂ©naires, y vivent depuis plusieurs dĂ©cennies. Ils y ont vieilli cĂ´te Ă  cĂ´te toutes ces annĂ©es. Alors, inĂ©vitablement, les chamailleries, les rancĹ“urs et les jalousies se sont succĂ©dĂ©. Mais ils ont su former une solidaritĂ© combative face Ă  cette dĂ©cision administrative. Une lutte improvisĂ©e qu’orchestre le petit-fils  journaliste de la narratrice Marcelline.

Le récit de Marcelline

Marcelline, raconte le combat de cette bande de  « vieux » surnommĂ©s les  « octogĂ©niaux » attachĂ©s Ă  leur quartier, le cĹ“ur de leurs souvenirs. Leurs stratagèmes pour maintenir l’existence de leur lieu de vie ne manquent pas de piquant ni d’originalitĂ©. Ă€ ces chapitres s’intercalent des pages du journal intime de Marceline.  Elle dĂ©taille les moments –clĂ©s de sa vie indiscutablement liĂ©e au quartier, Ă  ses voisins, Ă  la fois amies, amis, adversaires, alliĂ©s. Le rĂ©cit est plaisant, se lit bien, un bon page-turner.

MAIS ce n’est pas mon prĂ©fĂ©rĂ© des livres de cette auteure :  la sauce n’a pas pris avec moi. Trop d’ingrĂ©dients prĂ©sents rendent la salade indigeste, la mayonnaise n’a pas pris. V. Grimaldi sait rendre le thème fĂ©tiche des personnes vieillissantes agrĂ©able parvenant Ă  Ă©clairer leur sĂ©nilité  d’une vision touchante (cf  : Tu comprendras quand tu seras grande). De manière sereine, avec humour elle illustre la rĂ©silience aux dĂ©sagrĂ©ments ou affres de la vie engendrent. Mais cet ouvrage en surabonde ; la vie de Marcelline rĂ©pertorie presque toutes les plaies de la vie : fausse couche, ado difficile, brouille familiale, perte d’un enfant, la maladie, la mort, le veuvage… ce catalogue donne une recette « facile » pour Ă©mouvoir.

Alors, Ă©videmment Ă  cĂ´tĂ© de ce lot d’Ă©motions, les nombreuses petites phrases incisives et bourrĂ©es d’humour compensent largement le cĂ´tĂ© larme, qui devient le faire-valoir du roman. Le tout permet d’accepter l’exagĂ©ration de la situation, parfois grotesque. Trop selon moi.

Une déception

Je ne retiendrai pas ce livre comme le meilleur feel-good de l’annĂ©e (sorti en poche en 2020), mais je respecte les nombreuses personnes qui l’ont encensĂ©. Peut-ĂŞtre suis-je trop exigeante  ?


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