Des chroniques régulières pour partager des livres, et faire connaître de nouveaux auteurs

RENCONTRE 13 MAI 2017 Evènement dédicace (Decitre Chambéry)

ISBN :978-2-917299-20-3
 

 💙💙💙💙  La passion du verbe : regards de femmes (entretiens)

Brigitte Fossey, Marie Cénec, Catherine Salviat

Rencontre avec les auteurs :

Brigitte Fossey, actrice l’inoubliable petite fille de « Jeux interdits », et pour les quadras la maman de Vic (Sophie Marceau), l’héroïne de « La Boum ».
Catherine Salviat, sociétaire de la Comédie Française
Marie Cénec, pasteure à Genève, spécialiste du Nouveau Testament.

Une quarantaine de personnes s’étaient réunies à la librairie de Chambéry pour cette rencontre ou deux des trois auteurs.
Etaient présentes les deux actrices : Brigitte Fossey et Catherine Salviat ; s’était excusée Marie Cenec, pasteur à Genève. Pendant une heure, les deux femmes se sont livrées de bonne grâce sur la passion qui les a réunies pour ce livre « la passion du verbe ». Ces quelques centaines de pages sont un concentré de réflexions et de références littéraires qui les ont construites pour mieux servir et aimer les mots, et s’accomplir aujourd’hui dans leur carrière et métier où elles excellent et s’épanouissent.

Durant cet entretien, les deux auteurs ont confié à leur auditoire leur histoire, les chemins de leur jeunesse qui les ont conduites à s’orienter vers la lecture, l’écriture, ou l’interprétation de textes par le biais du théâtre ou du cinéma. Brigitte Fossey, actrice connue depuis ses tendres années avec le film « jeux interdit » nous a confié comment et pourquoi elle a obtenu ce rôle : un simple pari d’une mise de 100 francs entre sa mère et sa tante. En avance sur ceux de son âge – elle a su lire à cinq ans – elle était la plus jeune du casting destiné à des enfants plus âgés, et c’est ainsi que depuis elle n’a jamais la sensation de travailler car elle aime sa profession (page 33 du livre, elle décrit la scène avec talent pour nous la représenter mais cela n’a pas d’équivalent à son récit oral pour nous le narrer).

L’histoire familiale explique une grande part du gout pour les deux femmes pour les mots, les autres et l’art de la scène. En effet, il ressort que les deux ont reçu une impulsion et des encouragements d’adultes autour d’elles. Et c’est pourquoi, elles nous rappellent le rôle des grands-parents aux emplois du temps plus allégés que les parents, de contraindre les petits-enfants confiés à les ouvrir au monde culturel et artistique sous le prisme des musées, du théâtre, des opéras car il en ressortira toujours quelque chose plus tard. Semer la graine pour la laisser germer, tel est le rôle attribué aux grands-parents.

Les auteures, ne nous excluent pas de la complicité indéniable qui leur a permis de rédiger ce livre présenté aujourd’hui. Leur talent oral à ce moment, nous a transportés au-delà des mots récités et si bien imprégnés, au point de nous inciter à redécouvrir les poètes et écrivains de notre enfance. Brigitte Fossey nous déclame magistrale mais spontanée, un poème de Prévert et sa maitrise des mots, du ton, le rend si vivant qu’elle est parvenue à effacer les mornes et fastidieuses récitations scolaires d’un passé plus ou moins lointain. Un véritable voyage poétique. Elle explique aussi à l’assistance  réunie autour d’elle, qu’empreinte d’une éducation chrétienne, elle apprécie les richesses historiques de la bible et sur son caractère poétique.

Le livre présenté ce jour, est d’ailleurs ponctué à plusieurs reprises de références bibliques par les trois auteurs ; elles nous transmettent sans prosélytisme, l’interprétation de leur culture religieuse et des saints à travers leur vécu et ressenti avec des citations de religieux qu’elles ont approchés ou lus.

Une autre recommandation : Le rire, l’amour d’autrui, et la vie ne cesser d’accompagner cette quête intellectuelle.

C’est un peu pour cette raison que d’après elle, Brigitte Fossey n’est pas attirée par l’écriture, activité trop solitaire selon elle qui la coupe des relations avec autrui et elle se réjouit de la mission qu’elle s’est donnée par son métier d’actrice : transmettre et interpréter les textes et les écrits d’autrui et leur  donner vie. De plus, elle est déjà fort occupée : elle participe notamment déjà au jury du « festival du livre et du vin ».

Mon avis sur le livre collectif « la passion du verbe »:
Il se décompose en dix chapitres, et se présente sous forme d’un entretien avec des questionnements, dialogues entre les auteurs :


Rencontre, dialogue et surprises
– Regarder, c’est écouter
– On ne paye jamais assez cher la grâce de passer inaperçu

– Les livres sont nos amis
– Les mots deviennent des refuges
– Nous sommes des êtres de langage

– Je l’ai laissé au bord du monde du monde
– Je ne pourrais jamais prouver l’existence de Dieu
– Mais qu’est-ce que c’est bête, l’amour çà fait mal  !
– S’autoriser à être heureux dans ce monde


Ce livre, excellente leçon de philosophie invite à la réflexion sur les différents thèmes abordés, que l’on soit d’accord ou pas avec les auteures.


Le premier chapitre explique le cheminement qui a amené les trois femmes à suivre chacune cette carrière menée : leur volonté, les influences subies (personnes rencontrées, persuasions familiales, et lectures) et leur choix propre.  L’amour des mots, de la parole, du dialogue et par interaction les autres qu’elles ont en commun les a rapprochées. Leur éducation est ancrée dans une transmission de la foi, qui se reflète tout au long de leur choix professionnel.
Le second chapitre aborde le poids de la parole avec autrui, jamais anodin (contrairement au titre du présent blog : les paroles s’envolent). Je recommande particulièrement la page 18 et cette question : le regard des autres peut-il avoir une résonnance néfaste ? le sens et la portée  de la parole donnée. Passer du regard à l’action même si parfois on est impuissant.


Le troisième chapitre évoque l’origine de leur vocation.  Catherine Salviat, actrice, a découvert son goût pour le théâtre avec la volonté de ses parents qui la contraignaient à assister au théâtre. La naissance de la vocation de Marie Cénec, aujourd’hui pasteur, vient de s’orienter vers profession afin de mieux connaître la Bible. Je recommande aussi au cinéphile pour leur culture personnelle la page 33 où  Brigitte Fossey détaille, son début de carrière à l’âge de 5 ans engagés par hasard à cause d’un pari entre sa mère et sa tante. Elles exposeront les sacrifices parfois chers de leur réussie et les hasards saisis de ces parcours. Elles s’arrêtent sur les problématiques des femmes en général, et de leur statut de femme « publique » doit également gérer celle d’épouse et  de maman.

Le quatrième chapitre, le plus important pour qui aime les mots, se place sur le thème de la lecture, des livres. Leur vie, depuis la prime enfance est jalonnée d’œuvres littéraires en tout genre, procurés à différentes étapes de leur vécu. Brigitte Fossey, se rappelle de leur compagnie, clouée au lit a d’une grippe.  Catherine, parlera elle, d’une relation « bizarre, charnelle » avec l’objet. La place du livre dans leur vie au quotidien est toujours présent. A noter pour les trois femmes, la place  particulière de la Bible dans leurs goûts littéraires : poétique, historique et humain.

Le cinquième chapitre parle de l’activité d’écriture qui ne représente pas pour les auteures la même valeur : L’écriture, dévoile les uns, en voile d’autres. Notez cette citation de Marie : « Nous sommes dans un jeu de voilement et de dévoilement, que ce soit le jeu du comédien de l’écrivain. C’est comme dans la séduction, joue avec nos limites… » et c’est là Brigitte Fossey, grande actrice, avoue cacher sa timidité derrière les textes qui lui sont soumis, ou qu’elle sélectionne.


Le chapitre 6 aborde la question des choses de la vie comme la cuisine, les amis.


le chapitre 7 s’enquiert des valeurs que prônent les trois femmes dans le livre. Et de le regard sur le qui les entoure et la condition féminine aujourd’hui, valeur défendue par Brigitte Fossey.


Le chapitre 8 aborde la question Dieu et de leur foi, questionnent particulièrement intime car

comme le dit, Brigitte Fossey : «C’est mon jardin secret ». Elles expliquent aussi leur réaction dans les moments de doute, et leur gestion des épreuves de la vie.
 

Le chapitre 9 est déterminé par la question éternelle de l’Amour : de leur premier béguin amoureux d’enfants, l’amour des tous les jours, l’amour avec un grand à, sans oublier l’amour de Dieu, et l’amitié, qui en fait partie. La question les questions annexes à l’amour, comme la jalousie, sont aussi abordés  ; et le thème rejoint le problème de l’apparence dans notre société.

Pour conclure, le chapitre 10 s’accorde à affirmer que le terme du « bonheur  » est un peu galvaudé, les termes de joie, de contentement, des attitudes satisfactions, seraient tout aussi voire plus appropriés.  Je cite : « Par rapport à la citation de Malraux, il s’agit de s’autoriser à ce heureux dans ce monde, certaines personnes considèrent que tout va tellement mal qu’elle ne peuvent s’autoriser la gaité, la joie. C’est une posture que je trouve difficile à tenir car je pense qu’être heureux et être dans la joie, c’est aussi une forme de résistance ! Pourquoi bouder les beaux moments de la vie ? ». On rejoint la citation de François Mauriac : « c’est un don de savoir être heureux ! »
 Bonne lecture du livre et surtout  n’h
ésitez pas à laisser des commentaires sur l’article ou sur le livre. A bientôt !


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *