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💚💚💚 ÇA IRA MIEUX DEMAIN de Kathy Dorl

RESUME

ISNB : 978-2370116284
Edition : Hélène Jacob
Date de parution : 27/05/18
Camille est Ă  l’apogĂ©e d’une rĂ©ussite professionnelle et familiale quand un cancer stoppe net ses projets. Les lourds traitements nĂ©cessaires provoquent des effets consĂ©quents en elle. Ils bouleversent aussi son Ă©tat gĂ©nĂ©ral et son moral dans son mode de vie : douloureux et chronophages. 
Pour rĂ©sister Ă  ses angoisses et Ă  la maladie,  Camille s’arme d’humour. Pour les combattre, s’y ajoutent la persĂ©vĂ©rance et l’amour de son entourage proche qui lui procurent toute l’attention possible. Cependant, il lui faudra encore puiser en elle la force d’encaisser une rechute de son cancer. Pour complĂ©ter le tableau, elle commence Ă  nourrir une suspicion d’adultère devant l’attitude changeante de Mathieu son mari, devenu prĂ©occupĂ© et irascible… encore une Ă©preuve Ă  surmonter ?

MON AVIS

Je remercie l’Ă©diteur et l’intermĂ©diaire Simplement Pro pour le SP de ce livre. Il prĂ©sente l’intĂ©rĂŞt de traiter de manière romanesque et originale « le cancer du sein ». Malheureusement ce triste thème concerne de loin ou de près, trop de personnes pour ne pas sentir touchĂ©.

Un combat

Ici, l’auteur prĂ©sente sa propre expĂ©rience avec ses dĂ©boires et ses angoisses dans la maladie. Elle dĂ©taille les sacrifices imposĂ©s par les traitements, où la femme dynamique qu’elle Ă©tait, a dĂ» revisiter l’organisation de sa vie. En effet, aux examens mĂ©dicaux et les traitements très chronophages, s’ajoute en plus la douleur et la fatigue.

La difficulté psychologique consĂ©quente de l’atteinte physique de la narratrice est bien expliquĂ©e. Ses changements corporels et esthĂ©tiques sont encaissĂ©s et assumĂ©s de façon rĂ©aliste mais positive et cependant on perçoit une petite rancĹ“ur naturelle.

Avec ce tĂ©moignage, le lecteur assimile l’Ă©vidence de l’optimisation de toute thĂ©rapie : une force morale et un entourage bienveillant. Et par chance pour l’auteure, d’après ses aveux ces Ă©lĂ©ments agrĂ©mentent la vie de notre romancière.

Un entourage présent

L’entourage proche de la narratrice se montre dĂ©vouĂ© et sincère. Leur prĂ©sence, et les Ă©changes induits garantissent du punch au roman. Effectivement, hormis les contraintes mĂ©dicales à subir, et des contacts avec du personnel soignants, sa vie sociale s’est considĂ©rablement amoindrie. Aujourd’hui, elle se rĂ©duisent Ă  quelques personnes.

Et par chance pour elle, ses amis et sa famille se relaient auprès de la narratrice pour l’accompagner dans ses Ă©preuves quotidiennes. AttentionnĂ©s, ils se refusent cependant Ă  la suivre sur tous les terrains ! Et c’est lĂ  que ce fort caractère ressurgira dans ses efforts. Comme pour eux, sa force nous emporte avec elle dans son combat contre la maladie et contre d’autres prĂ©occupations.

Une dérive humoristique

L’auteure a dĂ©crit son vĂ©cu en minimisant le cĂ´tĂ© dramatique de la situation. Mais, attention ! elle ne s’engouffre pas dans des risques de surcharge drolatique. A ces petites phrases symptomatiques citĂ©es en fin de chronique, vous pourrez goĂ»ter son ton lĂ©ger et agrĂ©able pour traiter le thème pourtant grave du cancer. De plus, beaucoup de sujets relatifs à cette maladie sont abordĂ©s tout au long du rĂ©cit ; rien de trop pesant cependant. Le tout est composĂ© d’un dosage raisonnĂ© de l’humour et de l’émotion.

L’originalité du récit tient à l’orientation que va prendre les préoccupations de la narratrice : découvrir l’infidélité de son mari.

En effet, malgré  l’incrĂ©dulitĂ© de ses amis ou de sa sĹ“ur, sa persĂ©vĂ©rance de dĂ©couvrir la vĂ©rité demeure. Alors, le lecteur Ă©mu d’assister Ă  la dĂ©convenue d’une femme trompĂ©e, va s’amuser des stratĂ©gies mises en place. Quelle dĂ©tective dĂ©sastreuse elle fait ! Devant toutes ces Ă©preuves Ă  affronter, le lecteur la suit dans ses pĂ©rĂ©grinations, compatit Ă  sa colère, jusqu’à oublier l’idĂ©e de la maladie.

La survenue d’un petit cochon d’Inde distrait ce petit monde.

Une chute bluffante

On ne s’ennuie pas une seconde Ă  la lecture de ce livre. On rit, on soupire, on pleure et on sourit. Et sans vouloir rĂ©vĂ©ler la fin de l’histoire, la chute est très excellente.

Bonne idĂ©e d’utiliser l’humour pour ne pas freiner les lecteurs un peu rĂ©ticents pour affronter la pĂ©nible rĂ©alitĂ© de leurs congĂ©nères.

En effet, la règle Ă©tablie aujourd’hui dans la littĂ©rature et le visuel semble imposer l’humour pour traiter de sujets sĂ©rieux. Or, ici le dosage est heureusement proportionnĂ©. Mais je voudrais alerter une lassitude latente des lecteurs (en tout cas moi) devant cette tendance qui Ă©tait très originale, l’est moins.

L’auteur d’après l’Ă©diteur…

Kathy Dorl a longtemps été en charge du développement de marques américaines avant de se consacrer pleinement à l’écriture.

Ça ira mieux demain ! est son douzième roman. Les romans de Kathy Dorl : des bulles de champagne, de la fraîcheur. Des lectures qui font du bien au moral, de vrais vaccins anti-morosité qui donnent la joie de lire et rendent heureux

Quelques phrases pour  avoir un avant-goût :

Je ferme les yeux, cherchant à me vider la tête. Essayez de vous imaginer sur une plage paradisiaque à siroter un mojito quand vous êtes coincé dans une chambre d’hôpital, ben, vous verrez, ça ne marche pas, mais alors pas du tout !
Il n’y a qu’à se rappeler la rĂ©ponse de Churchill, « No sport », quand on lui demandait le secret de sa longĂ©vitĂ©. Le gaillard au cigare a tenu jusqu’à ses 91 ans.
Il y a des jours qui devraient se pointer avec des étiquettes d’avertissement : attention journée de merde !
Si je me lançais dans la pub, je suis sûre que j’aurais des idées de génie par rapport à ces propagandes dégoulinantes de sensiblerie. Sauf que le monde va bientôt manquer de génies : Einstein est mort, Jimi Hendrix aussi. Et moi-même, je ne me sens pas très bien…
Un grand philosophe a dit « Les personnes intelligentes sont toujours dans le doute. Il n’y a que les idiots pour être affirmatifs.
– Il a tellement changĂ©. Il Ă©tait si droit, ouvert, les pieds sur terre, il se pliait Ă  tous mes dĂ©sirs…
— Tu parles de Mathieu ou d’un parasol ? me titille Sarah.
Zoo « morphinéen » : La journée, je comate, le nez dans mon oreiller. Je vois un éléphanteau, tout mignon qui répète en boucle : « je suis tout beau, je suis tout rose, je suis tout mauve » en remplissant sa trompe dans la rivière. Des otaries roses l’applaudissent, un gorille mange une banane en se grattant ses coucougnettes roses. Un cochon rose grouine en remuant sa queue en tire-bouchon. La flegmatique panthère rose joue au golf avec la lettre « G ». Le bébé éléphant s’amuse à arroser ses copains et ça se termine dans une cacophonie de barrissements claironnants, de cris de joie et de jets d’eau. Un chouya bruyant pour mon crâne. C’est vrai qu’avec la morphine, je me retrouve vite fait avec un zoo assourdissant entre les deux oreilles, alors, parfois, pour calmer ce petit monde, je secoue la tête.
Vous pouvez vous le procurer ici 

 

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