Des chroniques régulières pour partager des livres, et faire connaître de nouveaux auteurs

💙💙💙 DEMAIN NOUS SERONS LOIN d’Anthony Hedden

RESUME

Autoedité
le 12/07/17

 

Le roman débute avec une difficile journée pour Helen Jarnette attachée de presse de la prestigieuse Maison de couture « John Bronker » : elle  doit affronter une conférence de presse à cause de la subite disparition du créateur John Bronker. Avant d’être son patron, elle tenait en respect surtout l’homme dont elle sentait proche. De surcroît, embarrassée de Christopher Davis, elle tente d’esquiver la présence de cet intru venu en tant qu’observateur au prétexte d’une nouvelle à écrire pour un prix littéraire à venir, prix littéraire décerné par la Maison « John Bronker Couture ». En parallèle, au milieu de la restructuration imposée par la disparition de John Bronker, Helen cerne les rivalités sous-jacentes des uns et des autres afin de mieux servir leur propre ambition, dans cet univers de la mode où les enjeux carriéristes sont exacerbés. Mais dans cette journée pleine de surprises, elle compte sur la présence et l’appui de Franck son petit ami américain en vacances quelques jours chez à Paris qu’elle se réjouit de retrouver le soir. Peut-être même va-t-il la demander en mariage ?
Comme rien ne se passe comme elle l’a prévu, Helen établira un plan pour se débarrasser de Christopher Davis qu’elle considère comme un boulet, gérera les caprices de Steyla, une starlette dont elle est en charge, pour ne pas faillir à ses obligations professionnelles. Du côté personnel, elle reprendra le contact avec Sarah son amie de longue date qu’elle ne voyait plus. Mais l’aspect professionnel aura plus d’impact sur sa vie personnelle qu’elle ne l’aurait envisager.

MON AVIS

La mode, monde cruel

 On pénètre dans l’univers de la mode, des médias, des tabloïds, le monde du bling-bling où chacun tire la couverture à soi sans pitié. Dans cette ambiance impitoyable, les ambitions personnelles priment sur l’avenir d’une société. La prétentieuse Sophy, et la narcissique Gianni illustrent cette image. Les calomnies, les hypocrisies et les mesquineries déployées autour d’Helen transparaissent surtout lors de la disparition de John Bronker qu’au fond, personne ne pleure même si tout le monde le regrette car il représente surtout le pilier de la Maison.

Une héroïne difficile

La narratrice, notre héros Helen, souffre de cet état de fait mais elle-même ne marque pas beaucoup de distance avec cette dureté environnante. Au début du roman, elle nous touche avec la succession de ses déboires, de peines et de désillusions qu’elle doit affronter en un si petit laps de temps. Mais peu à peu on se ravise. Son comportement se montre aussi odieux que celui de ses collaborateurs quand on considère la façon dont elle éconduit Christopher à son arrivée et aussi par la suite. Mais dans son malheur, elle a la chance de disposer de l’aide et sympathie de personnes généreuses (Rebecca, Sarah ou même Christopher) sur son chemin.
En fait, l’auteur n’a pas été très clément dans le personnage d’Helen, ou est-ce un travers féminin mis en exergue : pleine de contradictions, son avis, son attitude change diamétralement d’une minute à l’autre dans sa relation – ou non relation – avec Christopher. Elle est piquante, opiniâtre et intransigeante, limite manipulatrice. Toutes les femmes ne sont pas comme  ça, heureusement !

J’ai beaucoup aimĂ© le personnage de Sarah, franc et nature ; l’amie que l’on garde malgrĂ© la distance, le temps, et les indĂ©licatesses, source d’éloignement qui pourraient pourtant malmener l’amitiĂ©.
Les mobiles du personnage de Christopher Davis dans sa étude sur la mode, sa présence, troublera le lecteur du début à la fin. Sa patience nous intrigue au début, mais sa quête personnelle nous tiendra en haleine par la suite…
Beaucoup de thème tourne autour de cette romance ce qui la pimente aussi de plusieurs intĂ©rĂŞts : l’Ĺ“nologie, le domaine des prix littĂ©raires, l’Angleterre, le monde de la mode…
Ces 400 pages nous font voyager dans l’espace. Les descriptions de paysages nous transportent de Paris à la campagne anglaise, jusque du côté de Perpignan. Comme dans un film, on capte avec précision et sans confusion les scènes où plusieurs personnes évoluent.
Et la fin nous bluffe de tous les éclairages qu’elle nous apporte sur une jolie romance.
Mon bémol : le titre, à moins de jouer sur les distances entre ceux qui s’aiment tout au long du livre, mais je ne trouve pas qu’il soit approprié. Après s’ils sont en désaccord avec moi, j’invite l’auteur dont je remercie sa confiance pour ce SP, ou mes lecteurs à me contredire s’ils ont eu la patience de me lire jusqu’à la fin.
Bonne lecture.

Et vous, que pensez- vous de la chronique ? Avez-vous lu le livre, d’accord ou pas d’accord avec moi ? N’hĂ©sitez pas Ă  laisser un commentaire…

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Reader Comments

  1. Merci pour cette chronique très complète, Anne-Christine. Vous avez bien perçu l'ambivalence des personnages, et l'univers dans lequel ils évoluent. Chacun a sa part de mystère, ses appréhensions, ou encore ses faiblesses. Helen n'est pas épargnée, mais son personnage se métamorphose tout au long du récit. Comme quoi, on peut toujours devenir meilleur au contact du beau et du bien.

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