Des chroniques régulières pour partager des livres, et faire connaître de nouveaux auteurs

đź’śđź’śđź’śđź’ś MESSAGE SANS REPONSE de Patricia MacDonald

RESUME

Albin Michel
03/10/16
Eden Radley, éditrice à New-York, tente de remédier à son célibat avec des rencontres par l’intermédiaire d’un site Internet.
Un soir, elle dissipe la dĂ©ception d’un lapin posĂ© d’un rendez-vous avec un inconnu du Net avec un match. Alors, elle profite du spectacle tĂ©lĂ©visĂ© oĂą joue son Ă©quipe favorite des Giant. Et lĂ , sous l’emprise de la passion du sport, Eden ignore un appel de sa mère Tara. Sur la messagerie, celle-ci l’implore de la rappeler. Aujourd’hui, la jeune femme Ă©tait promu Ă  une belle carrière dans l’édition et avait coupĂ© les liens affectifs avec sa mère.
La rancœur pour sa Tara est née lorsque plusieurs années auparavant, la mère de famille était partie refaire sa vie à Cleveland avec Flynn Barry un jeune auteur. Le nouveau couple avait alors eu un fils Gérémy, atteint d’une maladie grave, rare et incurable : le syndrôme de Kals Elliton.
Eden avait dû se construire après cet abandon, seule avec son père.
Mais lendemain  du message sans réponse, les médias diffusent l’assassinat- suicide de sa mère et son demi-frère.  On soupçonne la mère, accablée de l’évolution de la maladie de Jeremy et des soins à lui procurer. Elle aurait profité de l’absence de son mari en congrès à Toledo pour résoudre leur problème commun.
Rendue aux funérailles de sa mère et de son demi-frère qu’elle s’est toujours refusée de connaitre, Eden découvre leur univers. Elle rencontre leurs proches, leur combat pour la maladie de Jérémy, les amis, et Flynn le veuf.
Au travail, la maison d’Ă©dition d’Eden lui propose la promotion inespĂ©rĂ©e : gĂ©rer un auteur au goĂ»t de best seller. Mais pour cela, elle doit gĂ©rer son beau-père Flynn Barry, devenu auteur d’un livre Ă  peine terminĂ© dont la mĂ©diatisation du dĂ©cès de Tara va assurer son succès. Le rĂ©cit retrace le vĂ©cu de sa famille avec le tourment de la maladie de JĂ©rĂ©my. Quel dilemme pour Eden de booster sa carrière avec la promotion de celui Ă  l’origine de l’abandon de sa mère, voire peut-ĂŞtre de son dĂ©cès.
RĂ©flexion faite, Eden va Ă  Cleveland rencontrer l’auteur. LĂ , une rencontre inopinĂ©e avec la compagnie d’assurance confirme ses doutes sur le suicide Ă©ventuel de sa mère. D’autant que les sommes de l’assurance-vie sont consĂ©quentes. Alors, en parallèle de la gestion du livre dont elle a la charge professionnellement, Eden enquĂŞte de son cĂ´tĂ© pour mieux cerner l’état d’esprit de sa mère au moment de sa mort. Finalement, elle la connaissait si mal ou si peu.
Pour s’éclairer, elle interrogera l’entourage de sa feue maman :
– Son beau-père Flynn Barry
– Le medecin Dr Tanaka, spĂ©cialiste dans la recherche mĂ©dicale sur la maladie Kals Ellison de son demi-frère Geremy
– Aalyia, l’assistante de Flynn Barry
– Lizzy Jacquez, Ă©tudiante en psychologie, son mari le Dr DeShaun
– Phyllis et Charlies Cooper, parents de Lizzy et d’un enfant dĂ©cĂ©dĂ© du mĂŞme syndrome que Geremy
– Marguerite et GĂ©rard, des amis restaurateurs de Flynn et Tara
Voici pour les principaux personnages…

MON AVIS

Ce roman-ci m’a bien plus convaincue que Personne ne le croira . Ces deux livres présentent à leur manière propre une relation mère-fille, à chaque fois, synonyme de relations maternelles complexes. Ces thrillers instillent une remise  en question de l’instinct maternel.

Relation mère-fille

La finesse notoire de l’analyse psychologique de l’auteure se déploie ici sur l’amour  maternel.

Cette forme d’amour filial, selon ces exemples romancĂ©s mais si parfaits de rĂ©alisme ne s’instaure pas de manière aussi coulante et naturelle que la sociĂ©tĂ© voudrait le faire croire. Sans l’existence officielle de « l’école des parents », rien ne prĂ©pare des individus pourtant volontaires Ă  devenir des parents parfaits… Avec Patricia MacDonald, la dimension fragile « mère-enfant » dĂ©passe la relation dans des proportions dramatiques.

Ici, dans « Message sans réponse », on se situe à différents degrés : la mère coupable d’abandon de famille pour la renaissance d’un nouvel amour, une mère sacrifiée au handicap de son fils, un enfant éduqué par des grands-parents à cause de la carence d’une mère absente .

Le syndrome de Kals-Ellison : maladie rare, grave qui touche les organes cardiaques et gastriques…

Un bon suspens

Cette « comĂ©die humaine » version dramatique nous procure un vĂ©ritable thriller oĂą rien n’est jouĂ© d’avance.  On suit Eden dans le tourment de ses interrogations.

Les doutes sur l’identité des coupables assaillent notre protagoniste tout au long du roman et rien ne laisse supposer l’issue.

Sous l’emprise de regrets de sa rancĹ“ur, les sentiments d’Eden oscillent entre la colère et la rancune. Elle Ă©prouve de la compassion pour le veuf Flynn dĂ©primĂ©, puis la certitude de le savoir coupable de la mort de sa mère, pour le considĂ©rer ensuite comme simple complice. Ce tournoiement de sentiments mĂŞlĂ©s sont totalement crĂ©dibles car le lecteur s’associe Ă  chacune des analyses d’Eden.

Les rebondissements sont permanents, chaque information recueillie oriente Eden vers une nouvelle supputation de la tragédie vécue par sa mère. Il faut dire que dès le début, les lecteurs s’attachent au personnage d’Eden aux prises avec une myriade de sentiments contradictoires.

En tout cas, avec ce livre, rebondissements assurés pour un joli retournement.
Un plaisir de lire, tout simplement car rien n’est suggĂ©rĂ© au fil des pages contrairement Ă  d’autres livres du mĂŞme auteur…
Quelques illustrations sur les hĂ©sitations d’Eden
 C’est une chose de détester Flynn. Mais j’essaie de l’impliquer dans un meurtre qui n’en est pas un. Et pourquoi ? Parce que Tara s’était allongée sur son lit pour mourir ? On ne pouvait pas appeler cela une preuve. En réalité, c’était une chose parfaitement normale, qui pouvait s’expliquer de bien des façons. Sarah devait être dépressive, par des gens les conduisent parfois bizarrement.
          « J’ignore quel était votre plan, s’énerva Eden. Je dis juste que, depuis que je sais pour Alzheimer, je comprends. Le désespoir de ma mère. Le fait qu’elle n’avait personne d’autre vers qui se tourner, et que vous étiez tellement unis. Je compatis sincèrement avec vous deux. Vous étiez face à un atroce dilemme. Quant au choix que vous avez fait… quiconque doux et un peu de cœur trouva sa compréhensible ».  

Et vous, que pensez- vous de la chronique, notez-la…  Avez-vous lu le livre ? N’hĂ©sitez pas Ă  laisser un commentaire…

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