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💜💜💜💜 JE L’AI FAIT POUR TOI de Laurent Scalese

RESUME

Pocket
04/18
380 pages
Samuel Ross est enquĂȘteur dans la ville de Lazillac-sur-Mer
 À ses cĂŽtĂ©s, vient d’ĂȘtre nommĂ©e Cheyenne Calvera comme collaboratrice. Ainsi, le binĂŽme se retrouve au domicile de Jade Grivier, une Ă©crivaine dĂ©couverte morte d’une balle dans son bureau par Morgane, la fille de son mari Bernard. Celle-ci s’est prĂ©cipitĂ©e hors de sa chambre quand elle a entendu un coup de feu en provenance de l’étage infĂ©rieur de la maison.
L’évidence du suicide Ă©courte les spĂ©culations de l’équipe policiĂšre. L’état d’esprit de la romanciĂšre rĂ©cent expliquerait son geste de se donner la mort avec l’arme appartenant Ă  son mari. En effet depuis quelque temps, son manque d’inspiration pour son prochain roman Ă©tait notoire et connu de son amie Ă©ditrice.
Ainsi, la facile thĂšse du suicide serait retenue, mais la procureure devra nĂ©anmoins compter avec la tĂ©nacitĂ© de Samuel Moss spontanĂ©ment persuadĂ© d’un assassinat. Reste pour lui Ă  trouver la preuve de ses convictions.

MON AVIS

Le hasard m’a conduit Ă  choisir ce livre achetĂ© en vue de la venue de Laurent Scalese dans ma librairie prĂ©fĂ©rĂ©e, mĂȘme si sa visite a Ă©tĂ© finalement annulĂ©e. Je recommande vivement la lecture de l’ouvrage prĂ©sentĂ© ici (de surcroĂźt, en format en poche trĂšs pratique et bon marchĂ©). L’auteur n’en est pas Ă  son coup d’essai car il a dĂ©jĂ  plusieurs livres Ă  son actif, il est aussi scĂ©nariste d’une sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e « ChĂ©rif » đŸ“ș.

Ici, ce polar moderne applique une recette traditionnelle revisitĂ©e. Ainsi, un panel de personnages se croisent autour d’une enquĂȘte oĂč chacun s’active selon ses propres mĂ©thodes. L’équipe, composĂ©e de Samuel Moss, notre hĂ©ros et de Cheyenne forme un duo sympathique, mĂȘme si cela partait mal entre eux. L’un comme l’autre dĂ©tient au fond de lui des cicatrices familiales qui laissent sous-entendre des rĂ©ponses Ă  venir dans des volumes ultĂ©rieurs.

Le lecteur, spectateur de l’avancĂ©e de l’enquĂȘte, participe aux accrocs et rebonds dans la recherche de la moindre piste. En effet, contrairement Ă  la pratique d’autres auteurs, ici, on comprend en mĂȘme temps que L. Scalese le mobile de ce crime. C’est la raison pour laquelle j’apprĂ©cie beaucoup cette façon d’associer ainsi le lecteur.

Un excellent polar

Le rythme de lecture agrĂ©able et dynamique produit un roman qui se lit avec aisance. Attention ! ses 380 pages nous retiennent plusieurs heures quand mĂȘme ⏳. Le crime dĂ©guisĂ© en suicide est courant, donc on Ă©lude le vĂ©ritable enjeu de surprise, mais le suspens dĂ©pend du jeu de S. Moss.

On adhĂšre parfaitement Ă  l’ensemble de personnages bien crĂ©dibles. Ils nous touchent tous, surtout notre hĂ©ros. Chacun des rĂŽles est bien amenĂ©, nous touche ou nous Ă©nerve ; et, on se surprend Ă  Ă©prouver mĂȘme de l’empathie pour l’auteur du crime. L’enquĂȘte se dĂ©roule avec quelques apartĂ©s sur la vie privĂ©e de notre binĂŽme ce qui leur confĂšre une dimension trĂšs humaine.

S. Moss prĂ©sume du coupable dĂšs le dĂ©but. Comme dans la sĂ©rie amĂ©ricaine « Columbo »đŸ“ș on retrouve cette idĂ©e de concentrer son attention sur une seule personne pour la « coincer ». À la diffĂ©rence de la sĂ©rie renommĂ©e « Columbo », ici on n’assiste pas au crime dans son intĂ©gralitĂ©. Cependant Ă  l’instar du cĂ©lĂšbre inspecteur amĂ©ricain, S. Moss va jouer « serré » pour mettre en lumiĂšre les failles dans les actes du criminel.

Un détective tatillon

J’aime beaucoup le personnage de Samuel Moss et ses mĂ©thodes. Une pointe d’intrusion, d’indiscrĂ©tion, d’impudence n’exclut pas la finesse et la dĂ©licatesse de ses actes, de son humour.

Quand on sait que l’auteur est le scĂ©nariste de « ChĂ©rif », on se remĂ©more alors l’image du hĂ©ros de la sĂ©rie et nous vient immĂ©diatement Ă  l’esprit quelques traits similaires si on fait abstraction du cĂŽtĂ© macho apparent de Samuel. Ce dernier, personnage rĂ©current de l’auteur dans plusieurs ouvrages prĂ©cĂ©dents, a des goĂ»t virils stĂ©rĂ©otypĂ©s : il apprĂ©cie les femmes, les voitures et la mĂ©canique mais son charisme sympathique excuse cette banalitĂ©. ArmĂ© de son sourire dĂ©sarmant, ses interlocutrices flanchent y compris sa principale suspecte, charmĂ©e comme beaucoup de femmes. De l’humour au rendez-vous : j’adore sa consultation avec sa psy (ne manquez pas la scĂšne), ses relations avec ses ex-femmes. Seule Cheyenne rĂ©sistera Ă  son charme, et pour cause (Ă  vous de deviner pourquoi) ! 😊

S. Moss est un « maniaque » dans toute sa splendeur – au sens gentil du terme – oĂč le souci du dĂ©tail l’envahit mais le secoure ! Son goĂ»t prononcĂ© pour l’ordre et le rangement concoure Ă  un sens de l’observation affutĂ© utile voire nĂ©cessaire dans son mĂ©tier. LĂ  encore, on est tentĂ© de faire rĂ©fĂ©rence Ă  la sĂ©rie « Monk »đŸ“ș, oĂč l’anti-hĂ©ros enquĂȘteur est empĂȘtrĂ© dans des TOC sur la propretĂ© ou l’emplacement des objets de maniĂšre symĂ©trique et mĂ©thodique. S. Moss dĂ©cortique le mode opĂ©ratoire pour le plus grand plaisir d’un lecteur associĂ© Ă  sa quĂȘte.

Vous pouvez vous procurer l’ouvrage chez votre libraire, chez DECITRE ou à la FNAC.
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Citation(s) pour en avoir avant-goût

Page 272. La plupart des aspirants auteurs confondent passion et mĂ©tier. Ils s’imaginent qu’écrire est une partie de plaisir alors que c’est un parcours semĂ© d’obstacles. Il ne s’agit pas juste d’aligner des phrases de l’ordinateur.
P. 277. Il y a ceux qui enfreignent les lois, les voleurs, les violeurs, les prédateurs sexuels et les tueurs, et puis, il y a les autres, vous, moi, le commun des mortels. La plupart des gens appartiennent à la seconde catégorie.
Parfois, un détail en apparence insignifiant suffit à parasiter nos pensées.
P. 366 L’homme est ainsi fait, intervint Moss en regagnant la bergĂšre. Il consacre plus de temps Ă  se remĂ©morer et Ă  cĂ©lĂ©brer les grandes Ă©tapes de son existence qu’à en vivre de nouvelles.

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