Des chroniques régulières pour partager des livres, et faire connaître de nouveaux auteurs

đź’śđź’śđź’śđź’ś JE SAIS QUE TU SAIS de Gilly Macmillan

268 p. (num.) Editions Les Escales 29/05/19

Quatrième de couverture

19 août 1996. Les corps de deux enfants assassinés sont retrouvés au petit matin dans un terrain vague. Lorsqu’un nouveau cadavre est découvert sur le même lieu vingt ans plus tard, l’inspecteur Fletcher se voit obligé de replonger dans ses anciens dossiers. Les deux affaires pourraient-elles être liées ? L’enquête a pourtant été résolue par Fletcher lui-même. À moins qu’une erreur n’ait été commise ?
Pour Cody Swift, jeune homme encore hanté par la mort de ses deux meilleurs amis d’enfance, d’évidentes zones d’ombre persistent. Il lance alors un podcast dans lequel il diffuse les avancées de sa propre enquête, quitte à réveiller chez certains des traumatismes enfouis et des blessures encore vives… Que s’est-il réellement passé en 1996 lors de cette nuit étouffante ? L’homme qui a été envoyé derrière les barreaux à l’époque était-il innocent ? Et si oui, où se trouve le meurtrier aujourd’hui ?

Mon résumé

Grande Bretagne. Bristol.
Eté 1996. Sur un terrain vague derrière un cynodrome, Scott Ashby est retrouvé à proximité de son ami Charlie Paige qui mourra dans les bras de Fletcher, l’enquêteur sur le crime de ces deux enfants. Très vite, Sidney Noyce, devient le suspect n°1 car aperçu sur les lieux, tandis qu’il prétend être aller acheter du ketchup. L’enquête de Fletcher convaincu de sa culpabilité se focalise sur cette piste sans en exploiter d’autres : Le surnommé « Sid du village » par les moins charitables en référence à son faible Q.I., travaillait au cynodrome, et servait de souffre-douleur à Scott, Charlie. Alors jugé et condamné, bien qu’il clame son innocence dans ces crimes, Sid se suicidera en prison. Cependant, Owen Weston, un chroniqueur judiciaire assistant à son procès avait évoqué des « ombres d’incertitudes » inexploitées.
Vingt ans plus tard. Le cadavre de Peter Dale, un affairiste dont la longue disparition n’a jamais inquiĂ©tĂ© personne, a Ă©tĂ© retrouvĂ© alentour de mĂŞmes lieux du crime. CoĂŻncidence ou pas, Fletcher doit rĂ©soudre ce crime. Parallèlement, Ă©branlĂ© par les dires d’O. Weston, Cody Swift l’ami insĂ©parable de Scott et Charlie avec qui les enfants formaient un trio, veut comprendre la fin tragique de ses amis. Alors, il rĂ©interroge tous les tĂ©moins de l’époque pour publier ses avancĂ©es sur un podcast d’Internet. Ainsi, ses recherches en contrarient plusieurs, et dĂ©rangent au point de recevoir des menaces pour l’enjoindre de les stopper.

MON AVIS

Service de presse : Merci Ă  Netgalley et aux Ă©ditions Les Escales.

L’auteur :

Les romans de Gilly sont apparus sur les listes de best-sellers du New York Times, du Sunday Times, du Globe & Mail et de Der Spiegel, ont Ă©tĂ© traduits dans plus de 20 langues et vendus Ă  plus d’un million d’exemplaires dans le monde. Elle a Ă©tĂ© dĂ©crite comme « un diable d’un bon Ă©crivain » (Wall Street Journal) et ses romans ont Ă©tĂ© saluĂ©s comme « nuancĂ©s, complètement addictifs » (People), « rivetage » (Publishers Weekly) et « cĹ“ur viscĂ©ral, Ă©motionnellement chargé… -très bien racontĂ© » (The Daily Mail).

Encore un dossier à la « cold case » comme je les aime. Ici à propos de petits chenapans et chapardeurs mais qui ne méritaient pas une fin prématurée aussi cruelle, l’affaire se complique avec un troisième cadavre qui n’a à première vue rien à voir. Dans cette enquête réouverte officieusement, tous parlent à contre-cœur, prient pour que rien n’en sorte et pourtant, chacun détient inconsciemment une portion de vérité… mais laquelle ?

UNE APPROCHE INNOVANTE

J’ai apprécié la dynamique du récit qui alterne la narration des faits passés (en italique) et présents (dans une police droite serrée). Les épisodes du podcast (police droite aérée) sont numérotés. Cette façon d’identifier les différentes parties facilite la lecture. Le tout configurera une intrigue avec une chute inouïe..  

L’originale mise en scène d’un podcast s’adapte Ă  la contemporanĂ©itĂ© avec une enquĂŞte vieille de vingt ans qui resurgit tel un « fantĂ´me ».  L’amitiĂ© qui liait Cody Ă  ses amis justifie sa curiositĂ©, et gĂ©nĂ©rositĂ© de savoir la vĂ©ritĂ©. Sa chance d’ĂŞtre vivant incite Ă  la rĂ©flexion sur son destin : « sans sa punition de sa mère pour un accroc Ă  son tee-shirt, lui aussi serait mort ». Par ailleurs, la cohĂ©rence des faits respecte les moyens techniques et la sociĂ©tĂ© des Ă©poques traversĂ©es.

FLIC DETESTABLE

Fletcher incarne le policier dĂ©testable que l’on redoute de rencontrer. AffublĂ© d’un Ă©go inappropriĂ©, et mauvais Ă©quipier, il exĂ©cute ses tâches en solo Ă  toutes les Ă©tapes de ses missions. Cet ĂŞtre retors et antipathique, croit duper son monde. Il mĂ©sestime son pseudo-ami Donald, dĂ©teste son supĂ©rieur Tremain et trahit sans vergogne son superviseur H. Smail. La « conduite dĂ©shonorable » de celui-ci devenu persona non grata suite Ă  l’affaire de Bristol, l’a conduit Ă  une rĂ©clusion choisie en Norvège. Ses carnets de notes seront pourtant prĂ©cieux pour Cody. Pourquoi ce policier si consciencieux s’est-il retrouvĂ© ici ?

Misogyne, maniaque, négligé sur lui sans aucun respect de sa tenue et son apparence, Fletcher se conduit en être odieux. La seule excuse qu’on peut lui trouver, est peut-être le traumatisme de promiscuité lors de la mort d’un enfant, Charlie dans ses bras. Et encore ! Sans dévoiler un quelconque mystère, sa manière d’agir immédiatement ensuite permette de douter de son humanité. Il est faux et menteur. Est-on dupe de lui ?

HUMANITE TOUCHANTE

Encore une fois, l’auteure ici a joué une carte qui remporte les suffrages de beaucoup de lecteurs. La disparition d’enfant touche toujours.

Comment ne pas s’attendrir sur des enfants ni bons, ni mauvais qui jouissaient de toutes les potentialités d’un avenir prometteur, même s’ils évoluaient dans des milieux populaires — le ressort de Cody aujourd’hui en atteste —. Certes, l’environnement familial de Charlie ne reluisait pas de faste. Alors les pensées de Jessie, la propre mère de l’enfant quand elle analyse sa mort comme une délivrance dépassent l’entendement. Elle polarisera d’ailleurs tous nos doutes à toutes les étapes du récit. Elle cache quelque chose mais quoi ?

Le plus malchanceux reste Sid, innocent condamné. Le témoignage de sa mère auprès de Cody est poignant. Cette femme résignée de la mort de son fils, nous tire les larmes. On ne parle pas des remords de Cody qui doivent aujourd’hui le terrasser à cause de l’attitude à son égard avec ses amis.

#JeSaisQueTuSais #NetGalleyFrance

Reader Comments

    1. Oui CĂ©line, Ă  l’instar de Cold Case, on retrouve des tĂ©moignages de personnes de l’Ă©poque et le parallèle de leur vie actuelle. Bonne lecture et Ă  bientĂ´t j’espère, pour un retour et un avis ! Merci de votre visite et votre fidĂ©litĂ©. A bientĂ´t 🙂

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