Chroniques réguliÚres sur des livres, et faire connaßtre de nouveaux auteurs

💜💜💜💜💜LA FEMME À LA FENÊTRE A.J. Finn

RÉSUMÉ

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2019
380 p.
Anna Fox, pĂ©dopsychiatre de renom vit recluse dans sa grande maison en banlieue de New York. Son agoraphobie la rend incapable de sortir hors de chez elle depuis 2 ans. À part son locataire David avec qui elle a peu de contacts, sa seule compagnie se rĂ©sume Ă  son chat. Ses interlocuteurs principaux se limitent Ă  sa fille Olivia et son mari qui ne vivent pas avec elle, ainsi que le docteur Fielding, et sa kinĂ© Bina.
Sa vie se rythme entre parties d’échecs en ligne et conseils sur le site internet psyenligne.com, mais son passe-temps favori est de surveiller tout le voisinage, Ă©quipĂ©e de son Nikon pour mieux les observer, voire les espionner. À travers les carreaux derriĂšre son objectif, elle s’imagine leur vie. Et justement, les Russel suscitent sa curiositĂ©, car ils viennent d’arriver dans le quartier en face de chez elle.
Mais un soir, Anna fait une crise de panique en devant sortir rĂ©ceptionner un colis en bas de chez elle. Or, quand Jude Russel la secourt, Anna se surprend Ă  l’introduire chez elle pour la soirĂ©e. Peut-ĂȘtre est-elle sensible Ă  la sympathie de sa voisine et Ă  la timiditĂ© de son fils Ethan venu lui apporter un prĂ©sent de bienvenue ?
Or, dans les jours suivants, alors qu’elle espionnait selon son habitude, elle aperçoit Jude en train d’agoniser Ă  la fenĂȘtre avec une lame dans le corps. Impuissante devant la scĂšne, elle appelle chez les Russel, et Alistair, le mari de Jude nie tout problĂšme. Sceptique, Anna signale Ă  la police le crime vu. Pourtant, personne ne prendra pas au sĂ©rieux ses dires, car comment croire une femme gavĂ©e de psychotrope et imbibĂ©e de Merlot du matin au soir : ce cocktail favorise en effet les hallucinations.
Mais comme Anne Fox persiste avec cette disparue, Alistair va devenir menaçant


MON AVIS

La vie par procuration
 peut ĂȘtre dangereuse.

L’intrigue se dĂ©roule dans un huis clos Ă  l’état pur. Une ambiance cosy, tranquille Ă  bouquiner ou surfer sur internet va se transformer dans une tension absolue. Effectivement, la mise en scĂšne nous fait immĂ©diatement penser Ă  Hitchcock, mais bien adaptĂ©e Ă  la sauce contemporaine. J’avoue avoir Ă©tĂ© bluffĂ©e le final du livre, quel dĂ©nouement ! En plus, j’ai apprĂ©ciĂ© le dĂ©briefing (via les protagoniste entre eux), car le lecteur n’est pas bernĂ© en ayant la sensation d’avoir mal lu entre les lignes. Cela arrive parfois oĂč la fin est parachutĂ© sans avoir eu le temps de comprendre.

On devine peu Ă  peu et assez vite l’explication sur la souffrance d’agoraphobie de l’hĂ©roĂŻne. D’ailleurs, un autre volet de cette maladie, que je limitais mon analyse Ă  la peur de la foule, m’est apparu.

Ce scĂ©nario bien construit, surtout quand on pense que c’est un premier roman, fait dĂ©filer Ă  une vitesse folle les 480 pages. Et l’on reprend notre souffle en refermant ce livre. L’écriture est agrĂ©able, les chapitres sont courts. Les Ă©vĂ©nements qui ont conduit Anna Ă  vivre cloĂźtrĂ©e sont dissĂ©minĂ©s au fur et Ă  mesure pour Ă©viter l’explication abrupte. La tension, les hallucinations, les rĂ©flexions, et les affrontements verbaux et physiques procurent un rythme soutenu. Pourtant le huis clos, avec une seule personne comme pivot prĂ©sageait un faux calme. Il n’en est rien. L’action et bien mĂȘlĂ©e Ă  la psychologie et ses troubles.

La fragilitĂ© d’Anna est touchante. Sa solitude, ses nĂ©vroses, son alcoolisme et le respect de son traitement mĂ©dicamenteux la rendent humaine et suscitent de la compassion. Par ailleurs, la psychologie de l’ensemble des personnages est bien pensĂ©e.

À lire absolument. On peut comprendre que l’ouvrage ait pu faire l’objet d’un film.

Retrouvez-le sur la plate-forme Netflix : 👉🧐🎞đŸ“șsource Allociné