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đź’śđź’”LA FRACTURE de Nina Allen

Quatrième de couverture

10/18
18/03/2021
450 p.
Le 16 juillet 1994 dans la région de Manchester, Julie Rouane, dix-sept ans, prétexte un rendez-vous avec une copine pour s’absenter du domicile familial… et disparaît pendant plus de vingt ans.
Longtemps après l’abandon de l’enquête par la police, faute d’indices concrets – Raymond Rouane, persuadé que sa fille est toujours vivante, continue à explorer seul toutes les pistes possibles. En vain. La mère de Julie et sa sœur cadette, Selena, tentent elles aussi de faire front, chacune à leur manière.
Puis un soir, Julie refait surface à l’improviste. Alors qu’on avait soupçonné que l’adolescente ait pu être enlevée et assassinée – un homme de la région ayant avoué plusieurs meurtres de femmes –, l’histoire que Julie raconte à Selena est tout à fait différente. Mais est-il possible de la croire ?

MON AVIS

Quelle gageure de rĂ©aliser un service de presse sans vilipender un livre fort dĂ©cevant ! En effet, tout ouvrage nĂ©cessite un travail en amont. Je prie nĂ©anmoins le site Netgalley et les Ă©ditions 10/18 Étranger d’excuser mon honnĂŞte sĂ©vĂ©ritĂ©. Pour cette raison, j’espère, justifier avec pertinence, ma critique acerbe, causĂ©e par la frustration d’une perte de temps avec ces quelque 400 pages. Un ressenti frĂ©quent Ă  cette occasion. Mais, ici, avec honte, j’ai rĂ©alisĂ© une première : Renoncer avant les dernière pages.

De prime abord, le rĂ©sumĂ© et la couverture Ă©nigmatique m’ont attirĂ©e. Ainsi, le mystère du retour d’une adolescente disparue vingt ans auparavant, suggĂ©rait des analyses psychologiques diverses au grĂ© des protagonistes. En effet, après le dĂ©sarroi de l’entourage pouvait dĂ©couler l’observation de sentiments partagĂ©s entre scepticisme, Ă©motion, crĂ©dulité… ou autre.

Mais, dans un second temps, la déception m’a gagnée.

J’ai apprĂ©ciĂ©

Le premier quart du roman, intĂ©ressant, dĂ©crit le schĂ©ma de la disparition brutale d’une adolescente, Julie. Cette bouleversante rĂ©alitĂ© va dĂ©structurer l’Ă©quilibre familial. Ainsi, dans l’ambiance dĂ©lĂ©tère, les parents divorcent, et Selena la cadette demeure avec sa mère Margery tout en gardant un lien avec son père Raymond. Et pendant qu’elle se repasse en boucle les derniers instants de sa sĹ“ur dans le foyer, chacun rĂ©agit Ă  sa façon au milieu d’une enquĂŞte relayĂ©e par une inĂ©luctable mĂ©diatisation active. Or, ce battage va se rĂ©vĂ©ler stĂ©rile pour retrouver l’adolescente, mais pas sans rĂ©sultat non plus au vu de la quantitĂ© de courriers reçus.

Puis, à l’analyse de Selena sur sa relation avec sa sœur, sur leur complicité rompue à l’adolescence, vont suivre toutes ses suppositions, élaborées avec le temps. Mais, après un travail de deuil sur cette brèche familiale, jamais oubliée, la jeune fille devenue adulte voit réapparaître dans sa vie, celle qui prétend être Julie. Alors, tous les souvenirs enfouis de Selena remontent à la surface pour départager les doutes et la véracité des dires de cette « inconnue familière » pour comprendre l’inexplicable. Que s’est-il passé pour que Julie accepte de se livrer, mais seulement avec parcimonie ? Cette disparition recèle bien des mystères…

Je n’ai pas aimé 

Ă€ partir de lĂ , la narration brutale de Julie part dans une confusion dĂ©lirante, selon moi. J’ai perdu le fil du rĂ©cit Ă  cette Ă©tape. Après l’évocation du système galactique, d’un trou noir, on pĂ©nètre dans le flou d’une forĂŞt. Puis, des personnages surgissent inopinĂ©ment. Alors leurs comportements et leurs dialogues obscurcissent la comprĂ©hension dans cette ambiance nĂ©buleuse. Le fantastique, science-fiction ou autre genre interviennent dans un roman que j’avais a priori classifiĂ© dans les policiers ou thrillers psychologiques. L’histoire commençait bien, mais lĂ , je me suis Ă©garĂ©e, comme Julie avec ses aventures. Donc, ma rĂ©ticence quant au fond du rĂ©cit provient de mon erreur sur ce choix de lecture, dommage pour moi, si peu adepte pour le fantastique.

J’ai encore moins aimĂ©

Un autre problème réside dans le style d’écriture très loin de me séduire. D’une part, à cause de la pauvreté du vocabulaire, le texte abuse de formules communes avec une utilisation poussée de verbes ternes (c’était, il y avait…). Ces usages affadissent l’ensemble malgré une plus grande facilité de lecture, mais d’autre part, les répétitions excessives de mots usuels, lassent le lecteur. Pourtant, je ne sais pas à qui attribuer la responsabilité de cette déception : à l’auteur ou au traducteur à qui un dictionnaire des synonymes aurait été utile.

On peut admettre tous ces désordres syntaxiques chez un auteur-autoédité, mais je les déplore chez les autres. Malheureusement cette tendance, dans l’air du temps est regrettable.

#LaFracture #NetGalleyFrance

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