Chroniques régulières sur des livres, présentations de nouveaux auteurs

La petite fille sous la neige de Javier Castillo đź’śđź’śđź’ś

RESUME : Enlèvement à Thanksgiving 

Plusieurs annĂ©es après son enlèvement, Kiera apparaĂ®t sur les images d’une cassette VHS envoyĂ©e Ă  ses parents, un espoir pour l’enquĂŞte.

Audiolib
08/23
1998. La fête de Thanksgiving de New York va se terminer en cauchemar pour les Templeton. Une minute inattention a suffi pour que la petite Kiera, 3 ans, sorte du champ de vision de son père. Elle a disparu. À partir de là, une course contre la montre se met en place pour retrouver l’enfant, en vain.
L’enquête de la police n’aboutit pas. Et en parallèle, Mirene, une journaliste en herbe se passionne pour cette affaire automatiquement suivie par les médias. Elle s’y consacre donc et s’investit auprès de la famille Templeton dont le couple formé par les parents de la petite Kiera ne résistera pas au tsunami de son enlèvement. Obstinée, Mirene concentre sans relâche ses efforts sur cette énigme pendant des années. Elle veut tenir sa promesse.
Mais plusieurs cassettes VHS envoyées aux parents à la date anniversaire de sa disparition. Les images montrent la fillette, clairement identifiable, en train de jouer. Cette preuve de l’enfant encore vivante ragaillardit l’espoir de Mirene et de tous. Mais cet élément suffira-t-il pour la retrouver en vie ?

Mon avis 

Étonnamment, cette histoire située aux États-Unis a été écrite par un auteur espagnol, je ne le connaissais pas avant. Les premières lignes du résumé rappellent un précédent roman d’une petite fille sous la garde de ses parents  disparait dans un lieu public. Si ce sujet vous intéresse, cf. la chronique de Terre blanche (S. Ferrante).

Moi, j’ai découvert le roman en format audio. Les chapitres courts s’adaptent très bien à ce mode de lecture ; cela permet de l’arrêter et de la reprendre avec facilité, sans rompre la compréhension. La voix féminine est conforme à celle de la narratrice dans les chapitres écrits à la première personne. Ainsi, on suit l’avancée de ses investigations, mais également son parcours intime qui explique sa détermination. On appréciera également sa carrière de journaliste. Femme journaliste, de surcroît.

Paradoxalement, malgré le suspense à propos d’une petite fille qui a disparu, le scénario reste assez statique. Certes, réaliste car ce genre d’affaires n’avance pas tellement vite. Donc si vous êtes un lecteur en quête d’actions, passez votre chemin.

En effet, le dynamisme du rĂ©cit provient de la stratĂ©gie de l’auteur quant au dĂ©coupage des chapitres. Un va-et-vient dans le temps rompt la monotonie. En passant de 1998 Ă  2003 Ă  2005, il s’assure de capter l’attention du lecteur qui cerne l’évolution de tous les protagonistes dans leur propre vie. Et puis, en filigrane avec ce retour vers le futur, le rĂ©cit nous fait des petits clins d’œil sur la technologie et son Ă©volution – je pense notamment Ă  l’apparition des portables nĂ©cessaires dans le quotidien.-. Ainsi, l’utilisation des technologies sujette Ă  l’obsolescence oĂą la modernitĂ© envahissante remplace des pratiques dĂ©passĂ©s…

De façon assez originale, le destin de Kiéra se développe dans son intégralité. Mais de façon ponctuelle. Le syndrome de Stockholm y trouve sa place, d’une certaine façon.
En choisissant Mirene, une journaliste courageuse, opiniâtre et talentueuse, l’auteur nous charge d’émotions et de beaucoup d’espoir pour les affaires non élucidées si nombreuses. Tant de faits divers de ce style envahissent les médias pour devenir des « cold case » similaires que l’on rêverait de rencontrer une Mirene dans chaque rédaction de journal local. En attendant, je vous laisse découvrir cette intrigue.

Je remercie les Ă©ditions Audiolib et le service NetgaNetGalley pour ce service de presse. Si vous avez apprĂ©ciĂ© cette chronique n’hĂ©sitez pas Ă  vous abonner Ă  la newsletter pour m’encourager.