Chroniques régulières sur des livres, et faire connaître de nouveaux auteurs

đź’šđź’šđź’š LA VIE D’APRES de Bruno Madelaine

RESUME

2312042134
Les Ă©ditions du net
Charles, cardiologue à la retraite, a commencé à montrer des signes de sénilité, après la perte sa femme Justine.
Pour rassurer son entourage, Emma, sa fille le place Ă  la maison de retraite,
elle lui offrit une sorte de Wonder box de type « séjour insolite » à la maison de retraite « les tournesols » sans limite de temps.
Alors du même coup, les journées de Charles s’organisent autour de ses séances de méditation bouddhiques, et les visites de sa fille Emma. 
Mais pendant ce temps Emma entreprend le rangement chez son père et tombe sur une lettre d’amour signĂ©e Eloise, une amie de sa mère aperçue  l’enterrement de celle-ci. En quoi rĂ©sidait alors l’amour de Charles pour sa mère pourtant considĂ©rĂ©e depuis toujours comme l’amour de la vie de Charles ? Charles, aurait-il trompĂ© sa femme toutes ces annĂ©es ?
Les doutes envahissent Emma. En effet, le passĂ© nĂ©buleux de Charles avec EloĂŻse la bouleverse, d’autant que cette trouble-fĂŞte vient vivre Ă  l’étage supĂ©rieur de Charles. Emma s’oblige Ă  trouver une solution pour sĂ©parer ces amants fautifs.
Se serait-elle laissée abuser par ce qu’elle voit tout simplement ? La vérité sera loin de ce que l’on peut penser au premier abord.

MON AVIS

Je remercie l’auteur pour ce SP via la plateforme simplement pro.

Le livre se lit vite avec cette écriture fluide, comme « les petits yeux étoilés »  du même auteur. On y retrouve le ton léger pour parler des choses graves de la vie :

 P.42 :  son papa venait d’ĂŞtre admis au club des malades d’Alzheimer avec mention et fĂ©licitations du jury.

P. 67 : Comparaison des procĂ©dures de l’hĂ´pital avec Fort Bayard

On retrouve ici la problématique des soignants-soignés souvent mentionnés dans diverses chroniques du blog :

Comme dans Patients   de Grand Corps Malade, le personnel soignant Ă©nervait les patients (comme ici Charles) en s’adressant aux rĂ©sidents Ă  la troisième personne. I. Fluckiger Jachym sur dans ses nouvelles de « soignants… athlètes au quotidien » (cf. ma chronique prĂ©cĂ©dente : http://lesparolesenvolent.blogspot.fr/2017/08/les-soignants-athletes-au-quotidien.html ) la thĂ©orie des enseignements dispensĂ©s aux soignants et la pratique sur le terrain.
Cette règle sur l’aide en gĂ©nĂ©ral : « comment ĂŞtre vĂ©ritablement aidant pour autrui si nous ne sommes pas aidĂ©s nous-mĂŞmes suffisamment ? » rappelle la notion d’ĂŞtre bien soi-mĂŞme dans la relation d’aide.

Le personnage d’Emma se montre assez dĂ©testable, insensible au bonheur de son père qu’elle mĂ©prise malgrĂ© ses plaintes et ses suppliques. L’auteur a tentĂ© d’altĂ©rer la monstruositĂ© de cette fille unique avec son propre Ă©chec conjugal avec son mari Antoine, l’incarnation du type lourdingue, antipathique et égoĂŻste. Mais peut-ĂŞtre que l’Ă©preuve aujourd’hui vĂ©cue par Emma est une nĂ©cessitĂ© pour l’amener Ă  se positionner autrement dans ses convictions. Belle illustration aussi de la difficultĂ© de se reprĂ©senter l’amour Ă  tous les âges et surtout de se reprĂ©senter le parent « survivant » Ă  nourrir un nouvel amour.

Ce livre est une grande leçon de la vie dans l’ensemble et les préceptes de bouddhisme bien illustrés et expliqués. Il nous évoque un hymne à l’Amour :

l’amour ne se partage pas, il se multiplie. On peut donc aimer de nombreuses personnes sans que cela soit au détriment d’une autre.

On distingue aussi les sentiments amoureux que transcendent l’amitiĂ©, et l’amour filial, lui aussi diffĂ©rent et inconditionnel. Je vous renvoie alors Ă  la page 146 pour les explications logiques de Charles et la page 212 nous interroge aussi sur la consistance de l’amour.
Bruno Madelaine aborde la maladie, l’âge et la vieillesse mais toujours avec ses mots choisis et une certaine poĂ©sie comme dans « les petits yeux Ă©toilĂ©s » :

La maladie d’Alzheimer a cela de bon qu’elle me permettrait presque d’oublier que je vais mourir.

Il nous offre aussi une leçon plaisante de philosophie sur nos croyances et l’ignorance qui nous induit en erreur et entrave notre sérénité :

C’est bien le dĂ©calage entre ce que nous croyons que les choses sont et ce qu’elles sont vraiment qui nous fait souffrir.

De l’ignorance naĂ®t l’ego. De l’ego naĂ®t le jugement. Du jugement naĂ®t l’aversion. De l’aversion naĂ®t la colère. De la colère naĂ®t la souffrance. Ne nous trompons pas d’ennemie.

A lire ces 250 pages pour recevoir une LECON DE SAGESSE !

 

Et vous, qu’en pensez-vous ? Avez-vous envie de le lire ?