Des chroniques régulières pour partager des livres, et faire connaître de nouveaux auteurs

💙💙 LE GRAND JOUR de Grace Dane Mazur

RESUME

Autrement
11/04/18
250 Pages

 

Elisa et Adam forment un couple amoureux. Lui est poète et elle étudiante en médecine.
Leurs deux familles n’ont rien en commun sauf leur avis sur CE grand jour, une rĂ©union des deux familles la veille du mariage d’Elisa et Adam. Les Barlow, conventionnels et notables dans le milieu judiciaire comme les Cohen, intellectuels et bohèmes s’efforcent tous de faire bonne figure lors de cette journĂ©e, Ă  ce repas qui rogne leur prĂ©cieux temps.

Quatrième de couverture

Une belle-famille en nĂ©gatif. Une laide-famille. » C’est le grand jour : Adam Ă©pouse Eliza. Mais si l’amour les unit, leurs familles, elles, n’ont rien en commun : les Barlow ne jurent que par Wall Street et le golf, tandis que les Cohen sont des universitaires typiquement bobos. Entre un bataillon d’avocats d’affaires et une grand-mère fantasque, une jeune femme vĂ©nĂ©rant le Dieu des PoignĂ©es de Portes et une spĂ©cialiste des scorpions fluo, la rencontre ne peut ĂŞtre qu’Ă©lectrique…
Dans la veine de La Famille Tenenbaum de Wes Anderson et des romans de Jonathan Safran Foer, Grâce Dane Mazur nous offre au fil d’une plume sensorielle et dĂ©licate une rĂ©flexion touchante sur les consĂ©quences de nos choix de vie, que l’on ait 20, 40 ou 90 ans. « Un superbe premier roman vibrant de mille ondes, Ă©cho moderne de Virginia Woolf et E. M. Forster. » Claire Messud, auteure de La Femme d’en haut

MON AVIS

Mes vifs remerciements à Babelio.com d’avoir pu dĂ©couvrir ce livre lors de la session « masse critique ». Avec l’opĂ©ration « masse critique », le site BABELIO propose une liste de livres qu’ils envoient aux adhĂ©rents en Ă©change d’une critique des ouvrages choisis. De vous Ă  moi : Pensez-y ! nous sommes tous des lecteurs avec des goĂ»ts et ressentis diffĂ©rents…

Mon choix s’est alors portĂ© sur « le grand jour » dont je ne connaissais pas l’auteur traduite pour la première fois en français. Je me suis laissĂ©e tenter au vu du quatrième de couverture annonciateur d’une lecture distrayante et amusante. Oui, la rĂ©crĂ©ation Ă©tait bien lĂ  mais pas aussi drĂ´le ni aussi courte que prĂ©vu.

Deux familles aux antipodes

Voici le mariage entre Adam et Eliza, à l’origine du prétexte à ce grand jour. Fait étonnant pour le livre, ils sont les personnages dont l’auteur fait le moins cas.

Du cĂ´tĂ© de la famille du mariĂ©, leur membres incarnent des bobos passionnĂ©s un peu illuminĂ©s. Ils forment une famille originale d’intellectuels oĂą la culture, les lettres et les Ă©lucubrations priment. CĂ©lia la mère, critique littĂ©raire de poĂ©sie forme un couple uni et aimant avec Pindar, passionnĂ© de la civilisation Babylonienne. Les deux sĹ“urs du mariĂ© ne manquent pas d’originalitĂ© non plus : Sara spĂ©cialiste des scorpions vit des amours contrariĂ©es avec un jĂ©suite et Naomi consacre sa vie et sa santĂ© dans des causes humanitaires. La matriarche Leah ouvre de sa prĂ©sence le roman, son caractère anti-conventionnel fait l’unanimité et imprimera la mĂ©moire du lecteur.

Les Barlow représentent l’opposé des Cohen. A part Eliza, la plupart de leur membres ont épousé le droit pour leur carrière juridique ou judiciaire. Animés de la passion golf et urbains, ils sont hermétiques aux gout de la famille Cohen.

Stéphan Barlow était le père de la mariée il prenait son rôle au sérieux. Il déployait des efforts surhumains pour trouver les Cohen sympathiques, mais il lui auraient simplifié la tâche s’ils voulaient bien se rendre compte de leur anormalité .
Comment expliquer qu’on ne croisait aucun poète sur les greens ? Une simple d’infirmité physique ? Des jambes qui flageolaient ? Le dos tordu ? Ou pouvait il se passer de golf, tout simplement ? Être au-dessus de tout cela ?

Tous les opposent et les clashs auraient pu poindre, mais non : aucune animosité, de la courtoisie, et finalement de la platitude entre ces deux familles.

Un repas de famille fantaisiste

La préparation de la réunion de familles n’est pas une mince affaire. J’ai souri à la préparation du menu, où les fantaisies de Pindar se mêlaient au goût culinaire des uns et aux allergies alimentaires des autres. Page 23 :

Nous n’avons pas rencontré sa famille, Elisa, et pourtant nous savons tout de leurs entrailles et des défaillances de leur système immunitaire.

Le rĂ©cit du repas est dĂ©crit comme une prise de vue avec une camĂ©ra autour  de la table oĂą chaque convive est racontĂ© au prĂ©sent. Et comme si la camĂ©ra introspectait sa pensĂ©e, ses envies, ses retenues et son passĂ©. Et ce qui doit ĂŞtre une rĂ©jouissance pour tous, ou surtout les mariĂ©s, se rĂ©vèle ĂŞtre une Ă©preuve pour l’assemblĂ©e. Cette salade d’introspections fatigue le lecteur.

Ensuite, l’Ă©change de consentements « sous couvert » des mariĂ©s qui veulent Ă©chapper au protocole, nous plonge dans un dĂ©sarroi saugrenu. Cette tentative de se marier en douce des mariĂ©s, je n’y adhère pas. Ni en crĂ©dibilitĂ© ni en amusement.

Des longueurs

Comme un repas qui dure trop longtemps, j’ai regretté des passages de flottements où l’ennui des invités gagne le lecteur.

Le personnage de Pindar est pathĂ©tique. Comme tous, il ressent une perte de temps d’assister Ă  ce repas, et ne peut se dĂ©faire de ses Ă©lucubrations. Et pour Ă©chapper aux mondanitĂ©, il se retire dans sa chambre Ă  deux reprises !

Le mĂ©lange des personnages atypiques a Ă©tĂ© poussĂ©e assez loin (la fille amoureuse d’un jĂ©suite, spĂ©cialiste des scorpions, la bĂ©nĂ©vole dans le caritatif plus malade que ceux qu’elle aide, la grand-mère au passĂ© sulfureux, …). On aurait pu obtenir un cocktail explosif et il en ressort un flop.

Finalement, on a tous perdu du temps (lecteur et convives). L’ouvrage se lit bien mais on en retient surtout une ambiance décousue sans structure. La construction de la narration ne m’a pas conquise : une succession d’idées, bonne mais l’assemblage semble brouillé.

La fin m’a laissée songeuse… pour ne pas dire déçue.

Premier livre de l’auteur traduit en français, je suis curieuse d’en lire d’autres pour m’en faire (ou pas) une autre idée.

Vous pouvez vous procurer l’ouvrage
Ă  la Fnac LA
chez Decitre ICI,
Votre avis sur la chronique est le bienvenu…

 

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