Chroniques régulières sur des livres, et faire connaître de nouveaux auteurs

đź’śđź’śđź’śđź’śđź’ś LE VERTIGE DE LA PEUR de Linwood Barclay

Résumé

J’ai lu
02/2023
500 p.
New York. USA.
Tout a commencĂ© un lundi matin avec une chute d’un ascenseur dans un gratte-ciel de New York. Ce fait divers aurait pu passer inaperçu, mais la journaliste Barbara Matheson connaissait une des victimes dĂ©cĂ©dĂ©es dans cet accident et veut en savoir plus. On dĂ©plore des morts et l’on peut mĂŞme dire qu’ils s’accumulent, surtout lorsque l’on retrouve un technicien responsable de la maintenance assassinĂ©. DĂ©jĂ , on cherche un responsable. Doit-on reprocher aux services municipaux une nĂ©gligence, ou peut-on attribuer une faute Ă  la conception des promoteurs ? Or, chacun va se retourner contre l’autre afin de se dĂ©douaner.
Cependant, plusieurs heures plus tard, un incident similaire se produit à quelques rues de là. Puis un troisième. Beaucoup trop de coïncidences pour évincer la thèse de l’accident conduisent les soupçons sur la piste terroriste.
Mais enfin, plusieurs questions s’imposent : comment peut-on commanditer un accident d’ascenseurs, ou plusieurs ascenseurs ? Comment cibler des victimes ? Qui trouve un intérêt à tuer des personnes selon le mode opératoire ?
Et bientĂ´t, grâce Ă  ses investigations, Barbara est persuadĂ©e que le mobile du meurtre par ascenseur se trouve dans la personne du maire Headley. Mais le temps d’établir la vĂ©ritĂ©, la panique gagne New York, oĂą Hedley interdit tout usage des ascenseurs dans la ville avant que ne soient effectuĂ©es des vĂ©rifications. Et si les ascenseurs sont statiques, la tension monte…

mon avis

De la thématique des ascenseurs meurtriers, déclinés dans une version thriller percutera la conscience de tous : ceux qui les redoutent, leurs utilisateurs assidus, et ceux qu’ils apprécient à l’occasion d’ascensions difficiles. L’exiguïté d’une cabine d’ascenseur avec des inconnus plus ou moins agréables, ainsi que l’appréhension incontrôlable d’une lévitation automatisée, est un facteur d’angoisse qui sera amplifiée avec l’imagination de Linwood Barclay.

Vous ne monterez pas dans un ascenseur sans y penser, et avec cette lecture, certains continueront de grimper des Ă©tages Ă  pieds, quel que soit le prix de leurs efforts.

Ce thriller digne d’un film apocalyptique associe à la une enquête policière et une fiction d’anticipation. Et la surenchère du roman se pose ici avec l’interdiction de leur usage. Cette précaution presque anodine, en France, montre des conséquences dramatiques de leur suppression mises au jour dans les gratte-ciels et pour les  individus pour lesquels ils sont indispensables ? Ce livre m’a renvoyé directement à ma propre condition de personne dépendante. Son contenu m’a donc encore plus convaincue dans l’angoisse que cela peut susciter ce postulat.

Une ambiance à la S. King. 

Le suspense d’abord suggéré, monte en crescendo, et arrive au paroxysme dans les 50 dernières pages. La mise en situation de devoir effectuer des milliers de marches montre les limites de nos architectures sans une technologie nécessaire pour les compléter. Même dangereux, l’ascenseur loin  d’un accessoire ou d’un luxe se révèle nécessaire. Source de catastrophes, les accidents décrits dégagent un réalisme qui rend la situation très insupportable et leur immobilisation devient inconfortable.

Impossible de lâcher les 400 pages d’enquĂŞte de police et celle de Barbara. Ainsi, la relation de la journaliste et sa fille Arla apportent de l’oxygène aux problèmes qui s’accumulent. La construction du scĂ©nario dose une proportion raisonnable de diffĂ©rents ingrĂ©dients  – romance – relation familiale et filiale – politique – technologies – Ă©motions-  pour donner du relief Ă  l’intrigue.

 Les catastrophes de dégringolade d’ascenseurs focalisent l’attention de tous, mais avec une juste   mesure, l’auteur ajoute plusieurs coupables potentiels pour un final des plus surprenants.

Sans aucun doute, je lirai les livres précédents de cet auteur.

Linwood BARCLAY

NĂ© aux États-Unis, Linwood Barclay s’est installĂ© au Canada avec ses parents dès l’âge de quatre ans. Ă€ la mort de son père, il reprend l’entreprise familiale puis obtient un poste de journaliste Ă  l’âge de vingt-deux ans. S’ensuit une longue carrière dans la rĂ©daction du quotidien le plus lu de Toronto, le Toronto Star.

C’est en 2008 qu’il se consacre entièrement Ă  l’Ă©criture. Après la publication de quatre thrillers humoristiques autour du personnage de Zack Walker, Linwood Barclay se tourne vers des textes plus sombres, dont le premier est Cette nuit-lĂ . Traduit en quarante langues, ce roman devient un succès international et la meilleure vente 2008 en Angleterre. Il s’Ă©coule Ă  150 000 exemplaires dans l’Hexagone. Depuis, tous ses romans caracolent dans les classements, dĂ©s leur sortie.

Son talent se confirme avec Les voisins d’Ă  cĂ´tĂ©, Ne la quitte pas des yeux et Crains le pire et Mauvais pas, tous des bestsellers en Angleterre et aux Etats-Unis.

Acclamé par la critique et ses pairs, il est considéré comme un auteur majeur de thrillers

citations

P.49
De multiples agences enquêtaient sur la cause de l’accident, y compris les pompiers et le service municipal qui supervisait l’octroi des licences d’exploitation des ascenseurs et escaliers mécaniques. On fit remarquer à cette occasion qu’il y avait à New York trente-neuf inspecteurs chargés de surveiller près de soixante-dix mille installations.
P .148
Nous voulons… éduquer les Américains qui vivent sur les côtes, ces gens qui semblent ne pas avoir conscience qu’il existe une autre Amérique. Nous sommes plus qu’une caricature, plus qu’une bande de ploucs amateurs de stock-cars, de bouffeurs de barbecue et de ventres à bière. Même s’il n’y a aucune honte à aimer le sport automobile, les travers de porc et la bière. (Il se fendit d’un sourire piteux.) Pour moi, c’est le programme d’un après-midi idéal. Bref, la côte est une sorte de métaphore. Partout dans le pays, des gens défendent des opinions que nous cherchons à contester. J’imagine qu’on peut en trouver ici même, à New York.