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đź’śđź’śđź’śđź’ś LES REPONSES d’Elisabeth Little

RESUME

ISBN : 2355843457
SONATINE
12/03/2015
Jane Jenkins, adolescente superficielle et rebelle appartenant à la jet set est retrouvée aux côtés du cadavre de sa mère assassinée. Son côté rebelle et sa mère dépourvue d’amour maternel poussera la Justice à l’accuser du meurtre, surtout que son état d’ébriété ce soir-là a effacé ses souvenirs.
A sa sortie de prison oĂą elle a passĂ© dix ans, Jane dĂ©cide de mener l’enquĂŞte elle-mĂŞme pour Ă©claircir la vĂ©ritĂ©. Et ainsi elle pourra rĂ©pondre Ă  la question que tout le monde se pose, y compris elle : a-t-elle pu tuer sa mère ? et si non qui a pu le faire ou aurait eu intĂ©rĂŞt Ă  le faire ?
Mais la haine publique contre celle qui en était soupçonnée et condamnée la pousse à masquer son identité pour se protéger des tabloïds malveillants.
Nous suivons la narratrice dans son pĂ©riple Ă  travers les Etats Unis. A la manière d’un Road Movie typique de la culture amĂ©ricaine, elle nous conduit au village natal de sa mère retirĂ© dans la campagne rustique et retranchĂ©e. Sous une fausse identitĂ©, elle s’intègre vite au milieu de cet univers clos. LĂ , comme chaque membre se connaĂ®t, les confidences sont vite recueillies, sans compter les ruses de Jane. Et ainsi son enquĂŞte familiale va progresser. En dĂ©nouant ce rĂ©seau de liens familiaux, amicaux et inamicaux, Jane Jenkins dĂ©couvrira le passĂ© cachĂ© sa mère. Et elle dĂ©couvrira aussi un nouveau pan du visage de sa mère. En dĂ©cryptant son histoire familiale et l’histoire du village, elle connaĂ®tra l’identitĂ© de l’assassin de sa mère.

 MON AVIS

A LIRE ABSOLUMENT

A la première page, la lecture de la première citation du cru de Paris Hilton m’a dĂ©concertĂ©e. Avec cette rĂ©fĂ©rence de l’auteur j’apprĂ©hendais la suite, un peu effrayĂ©e par ce choix. Mais il est calculĂ© et logique. En effet, l’hĂ©roĂŻne se dĂ©crira comme une caricature de Paris Hilton, vivant dans le milieu de l’alcool, sexe, drogue oĂą l’argent ne se compte pas. L’audace de la comparaison des deux femmes s’arrĂŞte lĂ .

La force de caractère de notre hĂ©roĂŻne nous frappe rapidement. La perspicacitĂ© et l’intelligence d’adaptation de Jane Jenkins transparaĂ®t dès les premières pages. Le road trip nous conduit dans un coin retirĂ© des US oĂą ce village sera la scène d’une enquĂŞte bien particulière et familiale. L’intrigue est captivante et l’Ă©criture glisse sous nos yeux.

Ce premier roman est une prouesse car le scénario est palpitant, les mots justes et répliques cinglantes délicieuses.

Je ne peux pas me retenir de vous en livrer quelques citations 

Ma mère donnait une réception au bénéfice de je ne sais quelle oeuvre caritative dont elle prétendait se soucier : les dauphins en difficulté scolaire, les enfants moches, je ne sais plus […]
Comme elle disait toujours, « Les gens sont prĂŞts Ă  tout pardonner du moment que tu t’habilles chez les grands couturiers , que tu organises de grandes fĂŞtes et que tu donnes de l’argent aux enfants cancĂ©reux. » Elle aurait fait un super pape.
Trouver les réponses, avais-je décidé, était pire que vivre avec des questions.
Des lunettes d’aviateur aux verres miroir, laissant penser que soit il regardait trop la tĂ©lĂ©, soit il ne la regardait pas du tout.
Bizarre, mais en l’occurrence j’aurais adorĂ© avoir la gueule de bois. Parce que, quand vous ĂŞtes occupĂ© Ă  rĂ©cupĂ©rer de vous ĂŞtre mis minable, vous en oubliez en l’espace d’un instant Ă  quel point vous ĂŞtes minable.
Parce que personne – personne – ne fantasme davantage sur les jolis prĂ©noms qu’une fille qui s’appelle Jane. Et avec de bonnes raisons, hein. Je veux dire, mĂŞme nos Jane les plus illustres sont des coinçons de première. Jane Austen, Jane Eyre, Jane Doe? Vielle fille, bonne poire, cadavre. C’est un miracle que je m’en sois aussi bien sortie.
Quand je repense Ă  la nuit oĂą ma mère est morte, c’est comme essayer de triturer une vieille antenne tĂ©lĂ© pour capter un lointain signal. De temps en temps, un vague quelque chose apparaĂ®t Ă  l’Ă©cran, mais le plus souvent j’arrive juste Ă  avoir le grĂ©sillement et un mur de neige impĂ©nĂ©trable. Parfois il n’y a mĂŞme pas d’image.

 


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