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💙💙💙💙 BAMBI de Felix Salten

 RESUME

Rivages poche
22/06/2016

Une histoire d’enfant sur les bases d’un livre politique

Parce que le livre de Bambi n’a rien d’anodin au vu du contexte particulier et politique de l’Ă©poque dans lequel il a Ă©tĂ© Ă©crit, je vous recommande de vous intĂ©resser Ă  la biographie de l’auteur*.
L’auteur FĂ©lix Salten (1869 – 1945) autrichien de culture hongroise, journaliste, dramaturge, scĂ©nariste et romancier.

Bambi, « le succès » de Félix Salten

Lors d’un voyage dans les Alpes, charmĂ© par la nature environnante, Felix Salten imagina l’histoire d’un faon (de chevreuil) baptisĂ© « Bambi », d’après le mot italien bambino, qui signifie Ă  la fois « bĂ©bĂ© » et « enfant ».
Son roman  « Bambi, l’histoire d’une vie dans les bois  » fit la cĂ©lĂ©britĂ© de Felix Salten Ă  sa sortie en 1923. Cette Ĺ“uvre a Ă©tĂ© traduite en anglais dès 1928 et adaptĂ©e en film d’animation en 1942 par les studio Disney sous le nom Bambi : Salten en avait cĂ©dĂ© les droits au rĂ©alisateur Sidney Franklin pour 1 000 US $. Walt Disney mit plusieurs annĂ©es Ă  nĂ©gocier le rachat de ces droits et Ă  adapter le roman initial en une version filmique au dialogue concis (800 mots seulement).
Une scène dĂ©peint les agissements des chasseurs sous un jour noir ; ils se firent entendre Ă  la sortie du film : l’Association des Chasseurs AmĂ©ricains voulait que les projections de Bambi soient prĂ©cĂ©dĂ©es d’un avant-propos rĂ©habilitant l’image des chasseurs, mais Walt Disney et les projectionnistes rĂ©sistèrent. Après le succès de Bambi, son Ă©diteur zurichois Albert MĂĽller ne voulut plus de lui que des romans animaliers.

l’histoire de Bambi, une Histoire Politique

Felix Salten est président du PEN CLUB autrichien de 1925 à 1934 sera est démis de ses fonctions par les nazis pour « manque de caractère ». Sa vie devient périlleuse en tant que Juif. Adolf Hitler interdit ses livres en 1936.
Une vie dans les bois, est une œuvre interdite en Allemagne nazie en 1936, parce que considérée comme « allégorie politique sur le traitement des Juifs en Europe ». De nombreux exemplaires en ont été brûlés, ce qui rend les premières éditions originales très difficiles à trouver.
En 1938, l’Autriche est annexĂ©es Ă  l’Allemagne. Salten s’exile Ă  Zurich ; il fait la connaissance de Thomas Mann, grand admirateur de son Ĺ“uvre. Salten vĂ©cut Ă  Zurich jusqu’Ă  sa mort le 8 octobre 1945. Il est enterrĂ© Ă  l’Israelitischer Friedhof Unterer Friesenberg Ă  Zurich.
En 1939, alors qu’il vit en exil en Suisse, Felix Salten Ă©crit et publie une suite de son premier roman animalier Les enfants de Bambi, une famille dans la forĂŞt. Le roman suit la naissance et la vie des enfants jumeaux de Bambi et sa compagne Faline, Geno et Gurri. Les jeunes faons Ă©voluent avec les autres cerfs, et sont instruits et surveillĂ©s par Bambi Ă  mesure qu’ils grandissent.Salten exilĂ©, la traduction anglaise du roman est publiĂ©e aux États-Unis en 1939 par Bobbs-Merrill avant l’Ă©dition allemande.

MON AVIS

En s’en inspirant pour son dessin animĂ© si cĂ©lèbre encore aujourd’hui, Walt Disney est restĂ© fidèle Ă  la trame du livre de Felix Salten. A souligner que les symboles et les messages de l’Ĺ“uvre originelle dĂ©passent de loin le conte pour enfants… preuve en sont tous les thèmes abordĂ©s.

L’univers animalier de la forĂŞt dĂ©peint avec un langage imagĂ© les travers humains de la sociĂ©tĂ© ancrĂ©s dans des codes Ă©tablis. La mĂ©thode efficace de l’auteur repose sur la personnification et « humanisation » des animaux. Un excellent moyen d’aborder ainsi les thèmes essentiels de la vie en gĂ©nĂ©ral. L’assimilation de ces rapports entre tous ces ĂŞtres se calque vĂ©ritablement sur le relations humaines. Les illustrations dĂ©crivent avec finesse une kyrielle d’Ă©motions et de vĂ©cus, comme : la famille, l’autonomie, l’amour, l’adolescence, l’amitiĂ©, le temps qui passe, la maladie, la mort, la Puissance SupĂ©rieure, la transmission par les Anciens…

La poésie et la naïveté des dialogues déguisent les pires tourments, comme les meilleurs moments procurés par la Vie en général.

Si on se cantonne au dessin animĂ© de Bambi, ce petit faon si Ă©mouvant de nos tendres annĂ©es, on passe Ă  cĂ´tĂ© d’une lecture agrĂ©able et riche de sens.
Mais avant, je vous livre quelques citations Ă  ne pas manquer :
Les deux feuilles se turent un moment. Puis la première se dit tout bas : »Pourquoi devons-nous partir … ?
– Que nous arrive-t-il quand nous nous dĂ©tachons ? demanda la seconde.
– Nous tombons…
– Et qu’y a-t-il en bas ?
– Je ne sais pas. Les avis sont partagĂ©s mais personne ne le sait.
– Est-ce que l’on sent encore quelque chose, est-ce que l’on est encore conscient quand on est en bas ?
– Qui sait ? Aucune de celles qui sont tombĂ©es n’est encore jamais revenue pour en parler.
Le hĂ©risson est une crĂ©ature terrible, s’Ă©cria Faline. Il a le corps couvert de gros piquant et… en plus il est très mĂ©chant ! […] Faline intervint : « Il ne veut parler Ă  personne. Dès qu’on s’approche de lui, il se roule en boule et tu ne vois plus que ses piquants. Maman dit qu’il fait partie de ces gens qui ne veulent avoir affaire Ă  personne.
– Ne me parlez pas de parents, s’Ă©cria le hibou. […] Non, les parents ne servent pas Ă  grand chose. S’ils sont plus grands que nous, ils ne valent rien ; s’ils sont plus grands que nous, ils ne valent rien ; s’ils sont plus petits ils valent moins encore. S’ils sont plus grands que nous, nous ne pouvons pas les supporter, parce qu’ils sont fiers ; s’ils sont plus petits , ils ne peuvent pas nous supporter parce que c’est nous alors qui sommes fiers.
Son corps splendide brillait d’un Ă©clat mĂ©tallique bleu foncĂ©, d’un brun chaud et dorĂ©, jetant des feux somptueux, comme un joyau. Les plumes de sa longue queue balayaient fièrement le ciel derrière lui. Sec, perçant, un coup de tonnerre retentit. Le faisan lĂ -haut haleta, pirouetta sur lui-mĂŞme comme s’il avait voulu attraper ses pattes avec son bec, et s’abattit lourdement. Il tomba parmi les autres et ne bougea plus.
« C’est arrivĂ© si vite, raconta l’Ă©cureuil ; nous autres qui habitions dans l’arbre, nous nous sommes tous enfouis et nous L’avons vu mordre le vieux chĂŞne avec une dent gigantesque, Ă©tincelante. L’arbre a hurlĂ© de douleur. Il n’a pas cessĂ© de crier, et la dent a criĂ©e… c’Ă©tait horrible Ă  entendre. Puis notre pauvre bel arbre es tombĂ©. Dehors, dans la prairie… Nous avons tous pleurĂ©.

Et vous, voyez-vous Bambi sous un autre jour avec cet article ? N’hĂ©sitez pas Ă  laisser votre avis :


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