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đź’śđź’ś SOUS NOS YEUX de Cara Hunter

RESUME

Bragelone
16/05/2018

Quatrième de couverture

Quelqu’un a enlevĂ© Daisy. Quelqu’un que vous connaissez. Hier soir, la petite Daisy, âgĂ©e de huit ans, a disparu lors d’une fĂŞte donnĂ©e dans le jardin de ses parents. Mais personne n’a rien vu — du moins, c’est ce que tout le monde prĂ©tend. L’inspecteur principal Adam Fawley sait d’expĂ©rience que, neuf fois sur dix, c’est un proche qui a fait le coup. Les Mason savent donc probablement qui a enlevĂ© leur fille.
Mais ils réagissent de façon étrange : la mère sauve les apparences, le père est campé sur la défensive et le petit frère ne dit pas un mot. Choc, déni ou faux-semblants ?

MON AVIS

Je remercie les Ă©ditions Bragelone et le site Internet Netgalley pour la lecture de ce livre. Je vous prie de m’excuser par avance de la sĂ©vĂ©ritĂ© de ma critique de la chronique qui va suivre… mĂŞme si sa lecture m’a cependant distraite.

L’enlèvement d’enfant se produit en Angleterre. Alors, en cela, je rapprocherai ce livre de celui de ma prĂ©cĂ©dente chronique Une seconde de trop (đź’śđź’śđź’śđź’ś). Ici, aussi l’auteur nous prĂ©sente la procĂ©dure en bonne et due forme de la recherche policière. A l’implication requise de la famille  face aux mĂ©dias s’ajoutent les tĂ©moignages et le rĂ´le important des rĂ©seaux sociaux. Dans ce roman, le dĂ©roulement de l’enquĂŞte est narrĂ©e sous le prisme et l’humanitĂ© de Adam Fawley, l’enquĂŞteur principal. Mais c’est la seule comparaison possible, rien Ă  voir pour le reste de l’intrigue… d’oĂą ma dĂ©ception pour la cohĂ©rence de l’ensemble.

L’absence de chapitres distincts dĂ©route le lecteur, et les pages se succèdent de la narration d’Adam Fawley, d’articles de presse, d’une narration Ă  la troisième personne et de messages tweets sur l’affaire Daisy Mason.

 OXFORD – beaux quartiers – bas quartiers

L’aspect sociologique du cadre dans lequel se déroule le roman est intéressant. On cerne le décalage culturel et économique de la famille Mason, avec les familles côtoyées par leurs enfants à l’école.
Le personnage du petit Léo, nous attendrit. On le plaint d’être pris comme tête de turc à l’école car au domicile, c’est déjà l’indifférence qui règne autour de lui.

  PERSONNAGES  

Malgré l’interrogation inquiétante quant à sa disparition, les témoignages sur Daisy, notre petite fille disparue, ne suscitent pas de compassion immodérée pour elle de la part du lecteur. On comprend au fil de la lecture que, sous l’emprise de sa vive intelligence assortie d’une grande sensibilité, l’enfant a bien analysé son environnement. Sa perspicacité affective y a décelé des manques d’amour, des défaillances et non-dits familiaux. Le lecteur (moi en tout cas) peine à éprouver de l’émotion sur le sort présumé de l’enfant. En effet, les déclarations de ses amies qui la dépeignent malgré le tragique en dressent un portrait peu flatteur. Des bonnes copines à fuir !

Une famille déroutante

Une famille hétéroclite et sans harmonie se profile sous un éclairage  sombre. Chaque membre de la famille Mason, malgré la disparition de Daisy, est replié dans ses travers. Les circonstances même de la disparition démontrent une certaine désinvolture de la part de tout l’entourage : personne ne s’était aperçu de sa disparition avant la fête. L’absence d’intérêt porté à cet enfant est frappante… elle l’est tout autant en ce qui concerne Léo, son frère. L’assemblage mal assorti de cette famille dépourvue de bienveillance entre ses membres désarçonne un peu. Les Mason vivent dans les faux-semblants : L’école selecte des enfants ne cadre pas avec leur niveau de vie. Et on perçoit bien le malaise des enfants avec leurs camarades et le comportement bizarre de Léo. Il y a de quoi : entre un père volage et une mère superficielle fashion victime de pacotille…

Barry le père, entrepreneur sans envergure surfe sur les sites de rencontres et son profil de coureur de jupon  occulte la sincérité de son chagrin. Le détachement du lecteur est incité par les attitudes étranges des membres de la famille qui ne transmettent pas l’inquiétude et au contraire, où chacun doute des autres ou devient un suspect potentiel à tour de rôle. Sans vergogne, les parents mettent la police sur les pistes l’un de l’autre. Le venin du passé est là aussi instillé.

 L’INTRIGUE

Le rĂ©sultat de l’enquĂŞte est tellement tarabiscotĂ©e qu’il en est dĂ©cevant. On dirait que l’auteure  s’obstine à brouiller les pistes. Elle nous ballade en brandissant les failles de chacun dans tous les sens. Et Ă  force, elle fait naitre une impression de confusion Ă  propos des mobiles des uns et des autres ; si bien que l’accusation finale qui ne surprend plus…

Le voile de l’intrigue tombe avec la chute abrupte Ă  la fin dans l’épilogue qui se veut ĂŞtre un coup de théâtre. Mais les explications approximatives et Ă©vasives sur le vĂ©ritable mode opĂ©ratoire du dĂ©nouement arrive quand le lecteur a dĂ©jĂ  dĂ©crochĂ© Ă  l’annoncĂ© d’un verdict. Le procès bâclĂ© du coupable laisse la sensation d’avoir ratĂ© un truc. L’Ă©pilogue aiguille ce manque de dĂ©tails pour lui accorder crĂ©dibilitĂ© ! Mais trop rĂ©sumĂ©, la fin nous laisse sur notre faim.

J’ai encore moins aimé

  • Le vĂ©cu familial douloureux du commissaire en charge de l’affaire suggĂ©rĂ©es par des Ă©vocations rĂ©itĂ©rĂ©es Ă©paississent encore un autre brouillard du rĂ©cit. La narration d’Adam Fawley Ă©voque un fils disparu dont les circonstances restent mystĂ©rieuses…
  • Les tweets postĂ©s sont dĂ©sagrĂ©ables Ă  lire et apportent peu Ă  l’histoire.
L’avis de cette chronique -désolée encore de ma sévérité- n’engage que moi. N’hésitez pas à me contredire en commentaires avec vos propres arguments…
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