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💙💙💙 TUER N’EST PAS VIVRE de Charlotte Adam

RESUME

290 pages
Wade, tueur à gage blessé d’une balle, trouve refuge le temps de faire soigner chez son ami Tony, restaurateur dans le quartier de Little Italy à New York. Marina, la fille de Tony, se charge des soins de cette mauvaise blessure pendant quelques semaines ; la promiscuité quotidienne a renforcé une certaine confiance entre elle et Wade, qui l’a connue toute jeune fille. Aujourd’hui, Wade doit composer avec cette belle jeune femme, sûre d’elle.
Le mode de vie de Wade pourtant mutique sur le sujet subjugue Marina. Sous le charme de ce célibataire endurci et expérimenté dans les armes, elle veut affirmer son caractère dans des entreprises illicites à l’insu de son père, tout juste sorti du banditisme. Tony, suspicieux sur les activités secrètes de Marina appelle Wade pour la surveiller. L’audace de Marina est-elle si bien calculée pour la prise de risque ? 

MON AVIS (230 Pages)

Little Italy

Pour un premier roman, Charlotte Adam a su poser un cadre original à son histoire. Cette romance policière (si j’osais, car difficile de le classer)  se lit facilement.

Le livre se dĂ©compose en trois parties bien identifiĂ©es. Merci Ă  l’auteur de m’avoir proposĂ© ce SP et de voyager Ă  New York.

On se retrouve Ă  New York, dans ce quartier typique de Little Italy.

L’ambiance du restaurant de la Dolce Vita, tenu par Marina et Tony se fait bien ressentir. L’agitation et la rigueur implacable du service, impulsée par le professionnalisme des propriétaires de cette trattoria familiale est bien ressentie par le lecteur. Cette impression de nous attabler avec les clients dans cet univers culinaire chaleureux est parfaitement suggéré par l’auteur dans la première partie du récit. L’évocation de plusieurs recettes concoctées surenchérit cette idée et aiguise notre appétit.

Ce cocon convivial tranche avec l’atmosphère sulfureuse qui règne à l’extérieur, dans les rues alentour. Les quartier « italien » de New York fourmillent de gangsters, et voici un tableau un peu exagéré, j’espère (!) pour la bonne cause du roman. Ce monde banalise les armes devenues monnaies courantes, avec un développement du trafic illicite en tout genre… Little Italy (joli souvenir personnel) y est dépeint comme un quartier où la place du commerce est chère, en proie à de féroces rackets pour s’assurer une certaine sérénité pour son exercice.

 DES PERSONNAGES BIEN CAMPES

Seule femme au milieu de personnages presque tous masculins Marina endosse avec évidence le rôle de l’héroïne. Elle en a tous les atours. Son caractère affirmé son énergie cadre bien avec ses responsabilités et son environnement familial. Rompue avec ce qui frise la légalité, elle est familiarisée avec l’idée de risques. Sa beauté, sa jeunesse et sa fougue, appuyée de la fierté de son père expliquent son naturel assuré. Son impétuosité qui refuse les limites dans l’élaboration de ses projets frôle presque l’inconscience peut minimiser la logique du personnage avec ce qui peut apparaître comme marque d’immaturité.

Wade, cĂ©libataire endurci, taciturne, ne peut ĂŞtre que sĂ©duit par le tempĂ©rament de feu dĂ©ployĂ© par Marina. Il a tout du hĂ©ro d’aventure. DouĂ© et reconnu dans un mĂ©tier pĂ©rilleux et peu avouable ce dur Ă  cuire, se prĂ©sente comme un rebelle mais avec respectueux d’un code de conduite dans le domaine de la pègre. La force de ce tueur chevronnĂ© est sa luciditĂ© sur la fragilitĂ© de l’être humain.

Quant à Tony, immigré italien, est un ancien malfrat de la pègre qui cherche à se « ranger »,  j’ai eu plus de mal à me le représenter…

Les personnages évoluent selon des règles et un code de conduite propre à cette communauté mais où le règlement de compte est la norme et celui qui y déroge au respect de cette loi clanique le regrettera.

UNE FIN ABRUPTE

De nombreux rebondissements rĂ©unit tous les Ă©lĂ©ments d’un western moderne : des fusillades, des suspens, des confrontations entre malfrats, des braquages…  Belles descriptions des actions de la part de l’auteur. On ne s’ennuie pas et on s’inquiète pour les hĂ©ros.
La conclusion se devine depuis le début mais on prend goût au dénouement bien construit, car l’action des protagonistes ne s’arrête pas. On ne s’ennuie pas car les jeux d’armes et de tirs sifflent au rythme des pages.

J’ai moins aimé
Je regrette quelques fautes d’orthographes et de syntaxe.
Le rythme de la fin du roman désarçonne le lecteur : l’issue finale tombe comme un couperet en ouvrant sur des problèmes devinés pour nos héros.
Une idylle est trop télégraphiée, c’est dommage même si nombreux rebondissements retardent ou freinent ce que l’on devine.

Un bon roman.

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