Des chroniques réguliÚres pour partager des livres, et faire connaßtre de nouveaux auteurs

💚💚💚 COMMENT T’ECRIRE ADIEU de Juliette Arnaud

RESUME

Belfon
09/2018

La quatriĂšme de couverture m’avait incitĂ© Ă  la lecture


« J’ai l’intuition que les chansons nous attendent. J’ai toujours aimĂ© Comment te dire adieu. Il aura fallu R. et sa fugue finale, sans annonce, sans explication, mais blindĂ©e de faussetĂ©, pour que je l’entende. La chanson m’attendait, les chansons nous attendent tous ». A 45 ans, Juliette se retrouve face Ă  elle-mĂȘme, avec le coeur dĂ©chirĂ© et l’envie de rire de tout. Elle se repasse alors les 14 titres de sa bande originale, d’Étienne Daho Ă  Dolly Parton, sans oublier Bruce Springsteen, 14 pop songs qu’elle a Ă©coutĂ©es religieusement et dont elle connaĂźt les paroles par cƓur. Pourquoi sa vie chante-t-elle tout Ă  coup si faux ? Qu’est-ce qui a mal tournĂ© ? Elle a pourtant suivi Ă  la lettre ce que les refrains suggĂ©raient. Elle a scrupuleusement appliquĂ© les adages de chacun des couplets. A dĂ©faut de rĂ©ponse, puisque R. est parti sans un mot, Juliette va s’y coller, Ă  Ă©crire adieu. Elle essaiera d’ĂȘtre drĂŽle et elle sera sincĂšre, pour comprendre, peut-ĂȘtre, que tout ce qui mĂšne Ă  la fin d’une histoire d’amour, on le porte en soi.

AVIS

Tous mes remerciements Ă  mon partenaire les Editions Belfond de ce SP pour la rentrĂ©e littĂ©raire 2018 oĂč mon choix s’est portĂ© sur cet ouvrage.

Voici une douce analyse de cette pĂ©tillante quarantenaire sur sa vie. J’avais dĂ©couvert l’actrice Juliette Arnaud dans la piĂšce « ArrĂȘte de pleurer PĂ©nĂ©lope ». Ici, elle se prĂ©sente en Ă©crivain oĂč elle se raconte Ă  travers des variĂ©tĂ©s musicales diffusĂ©es sur les ondes des derniĂšres dĂ©cennies.

AVOIR L’R. ET LA CHANSON

Juliette Arnaud relate en guise de thĂ©rapie ( ?) l’insuccĂšs de sa relation amoureuse avec celui qu’elle nommera R. En cet homme, elle n’avait pas dĂ©celé les signes avant-coureurs de son vĂ©ritable caractĂšre, malgrĂ© sa volontĂ© ne pas intensifier leur liaison. Le travail de nuit de R. rythmait leur frĂ©quentation.

En bref, elle ouvre son rĂ©cit avec le goĂ»t amer de la fin de leur liaison aux paroles de la chanson « comment te dire adieu » que l’on a tous vite en tĂȘte Ă  la lecture seule du titre.

« je viens seulement de piger, aprĂšs des dĂ©cennies Ă  l’aimer et Ă  l’écouter, cette chanson, que le mot important n’est pas « adieu », c’est « dire ».

Et ainsi, elle décline  un répertoire de chansons de tous les style pour raconter son amour avec R. dont elle taira le véritable nom. Et quelle ironie procurée par les fantaisies la vie ! la narratrice en garde une trace indélébile avec son tatouage R ! Avec humour, elle nous raconte comment elle cherche recycler ce R. tatoué aprÚs leur rupture (je vous recommande le passage sur la tergiversation sur le sujet).

DE NOMBREUSES REFERENCES CULTURELLES

Juliette Arnaud n’est pas avare de citations en tout genre, extraites du champ musical ou littĂ©raire. Sa culture n’est pas fallacieuse ; on apprend de sa plume qu’elle se destinait Ă  des Ă©tudes de sciences politiques. Et on sait que cette discipline requiert une sĂ©rieuse culture gĂ©nĂ©rale en guise de procĂ©dĂ© pour la sĂ©lection.

Au fil des pages, elle cite nombres d’auteurs plus ou moins contemporains. A titre d’exemples (liste non exhaustive) on retrouve des Ă©crivains dĂ©modĂ©s comme Montherlant, Maupassant, la comtesse de SĂ©gur, Arthur Rimbaud


Puis, une lectrice inculte en musique comme moi, Ă©prouvera de l’admiration ou la jalousie 😉 qui va croĂźtre au nombre de morceaux choisis. En effet, si certains  chanteurs nommĂ©s me sont familiers – exemple : E. Clapton, G. Harrisson, D. Parton
 -, je ne pourrai pas en citer un seul titre ; et encore moins des morceaux entiers. J’applaudis le talent de Juliette Arnaud pour avoir dĂ©cortiquĂ© les paroles de chansons du couplet au refrain, que ce soit en anglais ou français. Elle en a su y lire la philosophie substantielle ou leçon de vie et se les appliquer Ă  elle.

Mon bémol

C’est dommage, quand à trop de reprises, elle explique son ressenti des morceaux  MAIS sans traduire les paroles en anglais. Mon anglais et ma culture musicale Ă©tant approximatifs, j’ai manquĂ© quelque chose me semble-t-il. Et cela a gĂȘnĂ© ma lecture.

UNE BIOGRAPHIE EN MUSIQUE

Toujours en rapport avec des morceaux musicaux choisis, notre hĂ©roĂŻne dĂ©peint la palette de personnages liĂ©s Ă  ses rĂȘves et ses dĂ©ceptions.

On apprend à mieux connaßtre cette personnalité hors du commun. On y perçoit un cÎté anti-conformiste, et pourtant elle a goûté à la rigueur conventionnelle de « la princesse des glaces » et des études classiques.

Juliette fait montre d’originalitĂ© naturelle dont elle a su tirer partie : son physique – cheveux frisĂ©s
-, sa jeunesse Ă  l’étranger, ses amis, son rapport Ă  la non-maternitĂ© jusqu’à la mort de son animal de compagnie chĂ©ri – une idĂ©e totalement saugrenue à dĂ©couvrir, mais je n’en dit pas plus car cela vaut son pesant d’or- .

Mon bémol

Certaines rappels musicaux sont parfois tirés par les cheveux et quelques phrases me paraissent alambiquées.

Un livre lĂ©ger et original mais qui n’encombrera pas ma mĂ©moire. J’attends vos rĂ©futations, en attendant bonne lecture !

N’hĂ©sitez Ă  poser une note Ă  la chronique.

Vous pouvez vous procurer l’ouvrage chez Decitre ICI et à la FNAC là.

L’ouvrage vous tente ?


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