Des chroniques réguliÚres pour partager des livres, et faire connaßtre de nouveaux auteurs

💙💙💙 IN REAL LIFE de Chris Auguste

RESUME

22/05/2017
Editions de la Reine
Angie, lycĂ©enne de quinze ans hermĂ©tique aux mathĂ©matiques, sa bĂȘte noire. Or, au contraire elle excelle en littĂ©rature, sa matiĂšre de prĂ©dilection. Dans les livres, elle trouve refuge dans son antre, sa chambre. LĂ , devant son Ă©cran d’ordinateur, elle se livre Ă  l’écriture d’un roman dont elle n’ose se confier mĂȘme à son pĂšre.
Malheureusement ce seul alliĂ© dans le foyer familial oĂč rĂšgne une ambiance hostile contre Angie subit lui-mĂȘme les sarcasmes de son Ă©pouse, la mĂšre d’Angie. Insensible au sort de son mari et Angie, la mĂšre de famille complaisante aux maltraitances infligĂ©es par StĂ©phane, le frĂšre ainĂ©.
Recluse dans sa chambre, Angie navigue sur un site dĂ©diĂ© Ă  l’écriture oĂč les membres partagent  leur passion et commentent les Ă©crits de leur cru. Ainsi, par ce biais, se dĂ©veloppent des amitiĂ©s virtuelles dont celle d’Angie et Petitefleur. Au
cours d’une discussion en direct, Petitefleur propose d’exercer sa prĂ©disposition pĂ©dagogique avec la leçon de mathĂ©matiques d’Angie. Leur collaboration couronnĂ©e de succĂšs conforte la confiance d’Angie pour cette matiĂšre. Ses notes, et la considĂ©ration de son professeur et camarades s’en feront l’Ă©cho.
Mais si son niveau scolaire s’amĂ©liore, StĂ©phane de frĂšre malveillant d’Angie poursuit sa domination tyrannique sur elle. Il profite de complaisante de leur mĂšre et de la tension rĂ©currente entre ses parents pour l’exercer. Ainsi, StĂ©phane se connecte  sur l’ordinateur d’Angie confisquĂ© en guise de rĂ©primande. Il dĂ©couvre sur ce rĂ©seau d’amitiĂ© dont les messages de Malik, un Ă©trange ami de sa sƓur d’une compassion extrĂȘme et suspecte Ă  ses problĂšmes


 Comment interpréter cette bienveillance ?

MON AVIS

UNE ADOLESCENCE DIFFICILE

Ce livre nous plonge dans la vie d’une adolescente soumise aux affres des tortures scolaires bien rĂ©pandues et variĂ©es.

Les Ă©poques changent mais les souffrances de cette tranche d’ñges restent intemporelles.  Ici, l’auteur nous Ă©claire sur les modes et codes contemporains.

Si au prime abord, le lecteur se laisse flouĂ© par l’apparence d’un roman qui pourrait s’annoncer guimauve, l’univers familial d’une hostilitĂ© peu commune envers Angie apporte sans conteste du relief au rĂ©cit de cette adolescente.

UNE INTRIGUE PRENANTE

N’ayant jamais Ă©tĂ© fan du genre des « club des cinq » ou autre livre de la bibliothĂšque verte, j’apprĂ©hende toujours les histoires d’ado. Je rappelle d’ailleurs ma rĂ©ticence pour « Putain d’histoire » au dĂ©but du livre de Bernard Minier dont le narrateur a sensiblement le mĂȘme Ăąge qu’Angie. Et Minier, comme Chris Auguste adoptent un style d’écriture fluide et un vocabulaire bien choisi. Leurs mots traduisent bien l’état d’esprit et les mouvances d’adolescents d’aujourd’hui, et s’adaptent au lecteur adulte pour mieux l’intĂ©grer dans l’intrigue et l’Ă©mouvoir.

Mais ne vous laissez pas influencer par l’impression calme du fond d’une chambre d’adolescente, que je vous dĂ©peins : la tempĂȘte survient assez vite dans le roman. Les injustices causĂ©es par StĂ©phane ce frĂšre cynique Ă  souhait, envers notre hĂ©roĂŻne, malmenĂ©e dans une tourmente familiale ne peuvent que toucher le lecteur. A titre personnel, ce livre m’a rĂ©conciliĂ©e avec mon regret de ne pas avoir de frĂšre.

L’ECRITURE ET LES RESEAUX SOCIAUX


– blog oblige -, le thĂšme de l’activitĂ© de prĂ©dilection d’Angie – l’Ă©criture – me sĂ©duit. Je ne peux rester insensible Ă  sa quĂȘte d’ĂȘtre lue et reconnue. L’apprĂ©hension du jugement de son amie Ă©meut de son rĂ©alise de la peur d’ĂȘtre lue, dĂ©voilĂ©e, et jugĂ©e.

L’auteur relate avec exactitude (de par ma propre expĂ©rience) l’univers d’Internet. En effet, ce moyen se rĂ©vĂšle formidable quand il relie des passionnĂ©s, en l’occurrence de lecture et d’écriture. Les rĂ©seaux sociaux mĂ©tamorphosent cette activitĂ©. Sa forte connotation solitaire se transforme en source d’échanges, de discussion, voire d’amitiĂ©s. Et cette promesse de rencontres riches incite Ă  la dĂ©couverte – un des objectifs du blog- , d’auteurs qui aspirent Ă  la reconnaissance de leur crĂ©ativitĂ©.


 ET SES RISQUES

L’extrĂȘme bienveillance de Malik finit par inquiĂ©ter le lecteur d’une telle attention Ă  son Ă©gard ? On s’attend au pire pour Angie, jeune fille si isolĂ©e, solitaire, Ă©miettĂ©e dans un dĂ©sarroi affectif et familial. Elle constitue une proie idĂ©ale pour les esprits animĂ©s de mauvaises intentions de toutes natures.

Du coup, les rebondissements de l’histoire nous scotchent jusqu’à la fin et n’offrent pas de rĂ©pit pour Angie.

Je vous recommande ce livre, frais, et optimiste oĂč les yeux glissent sur les pages avec cette Ă©criture trĂšs agrĂ©able^^.

L’auteur

Originaire de Belgique oĂč elle a terminĂ© avec succĂšs des Ă©tudes d’institutrice primaire, Chris est arrivĂ©e en France il y a maintenant douze ans. AprĂšs une formation de quatre annĂ©es au thĂ©Ăątre et au cinĂ©ma, elle s’est tournĂ©e vers les mots et la magie de les lier.
Elle a eu l’occasion de travailler pour un magazine de sĂ©ries TV en tant que correctrice. De rencontres en expĂ©riences diverses en amateur, elle a pu intĂ©grer sa premiĂšre maison d’édition en tant que correctrice.
À prĂ©sent, forte d’une formation de formateur en orthographe, la voici au sein de notre maison d’édition pour apporter sa pierre Ă  cet Ă©difice.
Auteur dans l’ñme, elle a publiĂ© son premier roman, In Real Life en mai 2017.

Interview (extrait des Ă©ditions de la Caravelle)

1) Pourrais-tu nous prĂ©senter ton parcours en tant qu’auteur ?
Mon parcours d’auteur a dĂ©butĂ© en 2011. L’envie d’écrire Ă©tait bien prĂ©sente avant, mais je n’osais pas me lancer, de peur de n’avoir rien Ă  raconter. Un de mes amis proches Ă©tait lui-mĂȘme en train d’écrire son premier roman. Il m’a encouragĂ©e Ă  commencer et m’a mĂȘme recommandĂ© un ouvrage pour m’aider dans ma dĂ©marche (L’Anatomie du ScĂ©nario de John Truby) qui lui avait permis de se lancer.
J’avais depuis longtemps une idĂ©e de roman, mais je ne voulais pas commencer avec un projet d’une telle ampleur (il se dĂ©cline sur trois tomes). Pour dĂ©buter, je me suis lancĂ©e dans une fanfiction que je publiais rĂ©guliĂšrement sur Internet. Cette histoire, que je concevais comme une nouvelle, compte actuellement soixante-deux chapitres rĂ©partis dans trois parties.
L’intĂ©rĂȘt montrĂ© par les internautes et l’aide que j’ai pu trouver sur certains forums m’ont ainsi encouragĂ©e Ă  continuer. Je me suis donc lancĂ©e sur mon projet de trilogie, ainsi que sur d’autres histoires en parallĂšle (une deuxiĂšme fanfiction et un roman contemporain, IRL, entre autres). Depuis, mĂȘme si j’ai connu des pĂ©riodes de vide littĂ©raire (syndrome de la page blanche), je n’ai pas arrĂȘtĂ© de crĂ©er.
​
2) Peux-tu nous parler d’IRL en quelques mots ?
IRL est un roman que j’ai Ă©crit pour participer Ă  un concours. J’ai abandonnĂ© mes autres Ă©crits du moment pour me consacrer entiĂšrement Ă  cette histoire. Le thĂšme Ă©tait les moyens de communications d’hier, d’aujourd’hui et de demain. J’ai donc choisi de traiter des relations sur le net.
J’ai moi-mĂȘme liĂ© plusieurs amitiĂ©s par ce biais et j’y ai rencontrĂ© des personnes formidables qui m’ont Ă©normĂ©ment apportĂ©. Avec Angela, je voulais montrer, avant tout, les bons cĂŽtĂ©s de cet outil. Cependant, il ne faut pas oublier qu’il n’y pas que des gens bien intentionnĂ©s sur la toile. Je pense qu’il faut avoir conscience de tout cela en s’y aventurant.
Pour Ă©crire ce roman, je suis partie des personnages et de leur histoire familiale. Au dĂ©but de l’écriture, je ne savais pas exactement oĂč Angela allait m’emmener. Je n’ai pas spĂ©cialement Ă©crit de plan pour l’histoire, je me suis laissĂ© guider, mĂȘme si le gros du dĂ©roulement Ă©tait prĂ©vu.
3) Dans ton roman, tu parles du mal-ĂȘtre adolescent, est-ce un sujet qui te tient Ă  cƓur ?
Oui, ce sujet me tient beaucoup Ă  cƓur, car j’ai moi-mĂȘme Ă©tĂ© dans ce cas. C’est un flĂ©au qui touche malheureusement beaucoup trop de personnes. Je sais aujourd’hui que ce mal-ĂȘtre peut ĂȘtre temporaire et qu’on peut toujours s’en sortir, mais c’est difficile Ă  concevoir quand on se trouve pris dans ce sentiment nĂ©gatif. On dit souvent que pour se sortir des ennuis, il faut en avoir une vue extĂ©rieure. Maintenant, quand je revois mes annĂ©es d’adolescence, je le comprends, mais ce n’était pas le cas quand je me dĂ©battais avec ce problĂšme.
Avec ce roman, j’espĂšre pouvoir montrer Ă  tous ceux qui vivent cette situation que ça vaut le coup de se battre. Il existe un moment dans la vie oĂč on comprend que le plus important n’est pas ce que l’on croit. Chaque personne a de la valeur, mĂȘme si personne ne la voit Ă  un moment donnĂ©. L’adolescence ne dure pas.
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4) As-tu Ă©prouvĂ© des difficultĂ©s Ă  incarner un personnage adolescent ?
La grosse difficultĂ© rĂ©sidait dans la façon dont le personnage pouvait s’exprimer. J’avais peur d’utiliser un vocabulaire qui ne serait pas son Ăąge. C’est la raison pour laquelle j’avais commencĂ© Ă  Ă©crire le roman Ă  la troisiĂšme personne. Ainsi les mots choisis venaient d’une personne extĂ©rieure. Cependant, l’histoire racontĂ©e par son personnage principal est beaucoup plus immersive. J’ai donc pris la dĂ©cision de changer le point de vue du narrateur.
Lors de la premiĂšre phase d’écriture, j’avais ainsi un regard extĂ©rieur, mais j’ai cherchĂ© avant tout Ă  me mettre Ă  sa place afin de ressentir ses Ă©motions et d’imaginer ses rĂ©actions en me demandant comment je me comporterais dans une situation semblable. Je travaille encore de cette façon.
En passant en « je », j’ai dĂ» faire quelques ajustements, notamment dans le choix du vocabulaire pour qu’il soit plus proche de son Ăąge. Je me suis rappelĂ© ma façon de m’exprimer Ă  cet Ăąge en repensant Ă  mes propres expĂ©riences. Un auteur met souvent une partie de lui dans ses romans et je ne suis pas une exception Ă  la rĂšgle.
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5) Pourrais-tu te dĂ©crire comme une auteure touche Ă  tout ?
Oui et non.
Oui, car j’aime apprendre et tenter de nouvelles expĂ©riences. Mes premiers Ă©crits sont plutĂŽt du genre fantastique. IRL est un roman contemporain et mon prochain projet se classe plutĂŽt dans la science-fiction.
Non, car certains genres me posent encore des difficultĂ©s. J’ai, par exemple beaucoup de mal avec les histoires d’amour. Je ne dis pas que mes personnages ne tomberont jamais amo
La chronique vous incite-t-elle à  dĂ©couvrir ce lire ? J’attends vos rĂ©actions, nĂ©gatives ou positives
 Ă  bientĂŽt !

Reader Comments

  1. Je vais bien sĂ»r le commander !!Ă©trangement je suis en train de lire une "putain d'histoire" et j'adore ! J'aime tellement le style et la construction des romans de B. Minier…Ta rĂ©fĂ©rence attise encore plus ma curiositĂ©… A nous deux Cricri !

  2. Je vais bien sĂ»r le commander !!Ă©trangement je suis en train de lire une "putain d'histoire" et j'adore ! J'aime tellement le style et la construction des romans de B. Minier…Ta rĂ©fĂ©rence attise encore plus ma curiositĂ©… A nous deux Cricri !

  3. Super ta chronique Annec. J'ai aussi lu le livre, il est vraiment super bien Ă©crit. Je me suis trĂšs vite plongĂ© dans la peau de ce personnage pas Ă  l'aise dans sa peau. L'auteure parvient Ă  nous faire ressentir ce qu'elle ressent avec une extrĂȘme prĂ©cision, avec, comme tu le signales, des mots trĂšs justes qui ont eu une rĂ©sonance particuliĂšre en moi. Je recommande ++++

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