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💜💜💜 LA MERE PARFAITE d’Aimée Molloy

RESUME

Les escales
11/10/2018
380 Pages
Aux U.S.A.
Le groupe des « mamans de mai » réunit de mères selon le hasard du calendrier de leur grossesse, et de leur enfantement. Mises en relation par l’intermédiaire d’un site internet, autour des problématiques de leur bébé et de leur vie de maman :
 Des inconnues ayant choisi – pour le bien de leur bébé et leur propre équilibre psychique- de devenir amies
se rassurent ainsi mutuellement lors de rencontres régulières dans le parc du quartier. Dans ce groupe de mamans en congé de maternité, Gonze est le seul papa présent, et Winnie la seule maman célibataire.
A l’anniversaire des deux mois de leur bébé, certaines « mamans de mai » décontenancées de se délester de leur bébé, s’inquiètent de bientôt reprendre leur vie professionnelle. Avant cela, et pour fêter un 4 juillet, Nell, la locomotive du groupe suggère une soirée « sans bébé ». Pour son idée de sortir de sa solitude le temps de la soirée Winnie, Nell lui propose sa propre baby-sitter : Alma. Elle l’a engagée en vue de sa future reprise de travail pour s’occuper de son bébé et donc la sait de confiance.
Les mamans profitent de cette liberté recouvrée quelques heures. Mais, tandis que la soirée avance, Alma appelle Winnie pour l’avertir que son bébé a disparu de son berceau. La soirée est avortée et la police est déjà sur les lieux quand elles se viennent pour soutenir Winnie. Devant cette catastrophe, Nell, Colette et Francie culpabilisent : Nell d’être à l’initiative de la soirée, de la babysitter peu recommandable et la déconnexion de l’appli « coucou c’est moi ! », Colette de son bonheur égoïste, et Francie de sa maternité heureuse.
Elle vont mener leur enquête chacune de leur côté en parallèle des investigations de la police. De nombreux pistes se succèdent, tout le monde se suspecte, les secrets de chacun ajoutent de l’opacité dans l’affaire.
MON AVIS

Tous mes remerciements au site Netgalley et les éditions Les Escales pour ce Service de Presse proposé. La disparition d’enfants comme thème principal m’inspire toujours. Je vous invite d’ailleurs à consulter la chronique sur un autre livre sur le thème de réunion de maman : « Help me ». Je base la note de ma critique sur l’originalité de l’auteur pour traiter le sujet.

La maternité, source de tracas

Même si la maternité développe un sujet évidemment relatif aux femmes, le livre s’adresse selon moi, à un public bien plus large. Voici une sorte d’album de multiples tracas rencontrés en l’espèce par beaucoup de couples. Ces mises en situation illustrent avec humour et empathie :

• Les montées de lait inopinées en public au pire moment, le chagrin de pas pouvoir nourrir au sein à cause d’un manque de lait ou pas assez riche, les fausses couches, les avortements.
• La culpabilité de faire garder l’enfant pour un travail plus épanouissant, le dilemme entre la crèche et la nounou, le choix de la bonne baby-sitter…
• Paranoïa pour la surveillance du bébé : L’application installée par Winnie pour surveiller le bébé dans son berceau : « coucou , je suis là ! ».
• Le couple avec l’arrivée du bébé : baisse de libido, la place du nouveau père dans la relation.

Une confusion entretenue pour une belle intrigue

Dans ce récit les mamans prennent à cœur l’énigme d’un enfant disparu.

Ici, beaucoup des personnages, alors il vaut mieux bien les identifier pour profiter de l’intrigue. Le récit se cantonne, heureusement, à six ou sept personnes principales du groupe des « mamans de mai ».  Chacune d’entre elles est racontée au fil de ses actions, son ressenti ou son passé. Elle jonglent entre leurs préoccupations maternelles ou de couple, leurs soucis professionnels, et leur participation à l’enquête. Quelle énergie déployée ! L’enlèvement de Midas envahit leur pensée et leur train-train routinier. Leur culpabilité d’impuissance pour aider Winnie anime leur foyer. Alors, dans ces circonstances, continuer de communiquer entre elles prend tout son sens.

Chacune de son côté prend de grands risques pour elle-même en vue de booster l’enquête de la disparition de Midas. Nell, Francie, Colette, Gonze, exploitent leur outil professionnel aux postes qu’elles occupent pour comprendre l’enchainement de cette triste soirée et aider l’enquête. Elles grappillent toutes les informations possibles, même les plus improbables pour semer le trouble chez le lecteur.

Des chapitres racontés à la première personne du singulier embrouillent encore le lecteur. Sans dévoiler l’auteur de ces phrases, on le sait appartenir au groupe de « mamans de mai » :

Je ne m’étais pas inscrite à leur groupe. Ils avaient choisi un autre jour ou un autre bar, ou une autre baby-sitter qu’Alma ce soir-là. Si l’histoire du téléphone n’avait pas eu lieu.

Des secrets à outrance

La motivation et la persévérance des « mamans de mai » sont entachées de secrets concernant leur passé. Le doute va alors gagner le lecteur sur leur sincérité et c’est le but recherché par l’auteur ! Pourtant elles s’aventurent à se mettre en danger.

Colette est une écrivaine, mais ne se livre pas sur la réalité de son travail. Nell a un passé sulfureux bien dissimulé et se révèle être une experte redoutable en informatique, Francie essaie d’oublier ses fantômes et se bat financièrement, Gonze que tout le monde pense homosexuel n’est en fait qu’un simple homme au foyer… Devant le sort de Winnie, chacun se sent fort et finalement le lecteur percera leur faille.

Un enlèvement bien combiné

L’enlèvement du petit Midas a été bien combiné (et bien raconté).

Lors de la sortie organisée par Nell, tout s’est enchainé rapidement pendant la soirée. Le lecteur est lui-même ébaudi de toutes ces successions d’actions, d’échanges entre les protagonistes. Il sent alors être aux aguets, presque prévenu d’un « truc » à venir et pourtant il ne « voit » rien. Y règne donc une confusion : celle d’une joyeuse bringue qui tourne mal. Elle est d’ailleurs entretenue car l’auteur nous balade avec de nombreux suspects. La méthode de disperser les pistes peut déplaire (cela m’est déjà arrivé) mais j’y adhère ici car les différentes pistes soumises, ou juste évoquées sont bien crédibles.

Le mystère Midas

Midas n’est n’importe quel bébé. En référence à la mythologie, Midas transforme touche qu’il en or.

Là, il s’agit de l’enfant d’une mère célibataire qui se fait appelée Winnie. Sa situation paraît difficile, certes, mais elle est une  actrice renommée, dans une ancienne série à succès. Perçue comme faible parce que mère seule et isolée, elle se révèle être une femme tout à fait maître de son destin. Winnie, ou Gwendolyn Ross est connue pour son rôle dans la série culte « bluebird » diffusée à la télévision au début des années 1990. Audrey Ross sa mère est décédée dans un accident de voiture.
Finalement, on n’en connaît peu sur Winnie, et Midas mais tout le monde la connait.

L’auteur ne pas étale pas sur ces deux personnages pourtant à l’origine du livre ! De ce fait, on a du mal à s’émouvoir du sort de l’enfant disparu. On reste aussi étranger au désarroi de sa mère. Ainsi, je placerai un bémol sur ce point : on a du mal à se faire à l’idée d’un drame insurmontable et d’éprouver de l’empathie pour eux.

Pour se le procurer chez Decitre, c’est ICI et à la FNAC, c’est LA

Bonne lecture !

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