Des chroniques régulières pour partager des livres, et faire connaître de nouveaux auteurs

💜💜💜💜💜 LA NANNY de Gilly MacMillan

Résumé

Ed. Les escales Noires
06/2020
400 P. (ebook)
Suite la mort brutale de son mari un homme d’affaires américain, Jo, quitte les Etats-Unis, forcée de se refaire sa vie en Angleterre avec sa fille Ruby. En attendant de prendre ses marques, pour trouver un travail et de familiariser sa fille à l’ambiance anglaise, elle s’installe au manoir familial de Lake Hall chez sa mère Lady Holt. Retour difficile. Même si la relation litigieuse et distendue entre les deux femmes perdure, la présence de Ruby adoucit l’ambiance. Mais la nostalgie de Jo depuis ses sept ans suite au départ soudain de sa nurse, Hannah se ravive. Partie sans explication, celle qui avait pris une place privilégiée dans son cœur d’enfant n’avait plus donné signe de vie depuis. Or, Jo nourrit alors une amertume rancunière envers sa mère qui ne l’a jamais aimée comme Hannah.
Mais au cours d’une sortie en kayak sur le lac de la propriété, Jo et Ruby découvrent un crâne humain fracassé. Alors l’ouverture d’une enquête sur les disparitions du passé menée par les policiers Andy Wilton et son assistance Maxine va vite soulever les commérages à propos des Holt, les notables séculaires du village. Pendant que les enquêteurs cherchent l’identité du corps de ce crâne, Virginia pense savoir qu’il appartient à celui d’Hannah.
Mais quelques jours après, Hannah réapparaît au bourg pour le plus grand bonheur de Jocelyn.
Qui donc est cette femme ? Une usurpatrice ? La torture morale de Virginia est totale, comme la confiance de Jocelyn pour son ancienne nurse.
Et donc, finalement, à qui appartient ce crâne ?

MON AVIS💜💜💜💜💜

Le coup de cœur du moment.

Je remercie les éditions Les escales noires et le site Netgalley pour ce service de presse qui permet de retrouver l’auteure Gilly Macmillan encore meilleure pour que le précédent ouvrage  👉📖JE SAIS QUE TU SAIS (déjà chroniqué).

Ces 400 pages ne laissent aucune place à l’ennui, au contraire ; à peine commencé on a du mal à le lâcher. Cette ambiance dans l’Angleterre traditionnelle avec des personnages intrigants, des rancœurs affectives, un passé sulfureux dans laquelle évolue une petite fille américaine produit un cocktail prodigieux.

Magnifique scénario qui  part d’un crime des années quatre-vingt, à une revenante (ou pas) disparue depuis des lustres, d’une intrigante menaçante, et d’un trafic d’œuvres d’art.

L’imbrication du passé avec le présent trouve une dynamique avec une excellente intrigue. Pas de flash-backs à outrance, mais le trouble des temps anciens resurgit avec la réminiscence des deux narratrices principales : la mère Virginia Holt et sa fille Jo. Un tableau social de l’aristocratie anglaise fortunée et au cœur de la jet-set dans le faste des années quatre-vingts. Voici aujourd’hui un tableau de la noblesse un peu décadente, qui survit grâce à leurs acquis.

Une combinaison familiale cohérente

La relation mère-fille dans cet ouvrage pourrait illustrer les revues de psychologies sur le sujet. La vie et ses hasardeux revers a induit des relations différentes entre Virginia et Jo, entre Jo et Ruby et Ruby et Virginia. Les tensions conflictuelles sont tout à fait compréhensibles, dans un milieu où les non-dits les apparences priment ; l’aura de Virginia sur Alexander, les remords de Virginia, la fuite et la distance marquée de Jocelyn, tout y concourent. Cependant, à l’opposé du ressenti de Jo, sans approuver le passé Virginia, son amour pour sa fille transperce ses dires et augmente le mystère.

Son personnage glacial et froid d’apparence est intéressant car ce vernis brillant cache fissures.

Une nurse trop parfaite

Dès le début, on sent que quelque chose cloche… On ne sait pas pourquoi mais l’empreinte qu’elle a laissée sur l’enfant paraît malsaine… Ensuite, on la croit morte, et finalement elle est vivante ! Et on est suspendus tout le long du roman sur ses motivations, ses objectifs … L’auteur maintient notre frustration, captive notre attention jusqu’à la fin, alimentée par la réaction outrancièrement naïve de Jocelyn indifférente aux avertissements de sa fille et sa mère,  malgré les avertissements alarmistes de sa mère et de sa fille.

Le crâne qui sort de la tête du lecteur

Selon sa précédente technique de reprendre des « affaires classées » l’auteure a instauré le fil conducteur avec ce crâne qui finit par tenir une place mineure dans le roman. En effet, Hannah prend beaucoup de place dans l’intrigue, et pourtant… ce crâne est lié au présent (sans spolier le récit).

Ici le talent de l’auteure ne se résume pas au suspense entretenu par la seule présence de cette nurse particulière. En effet les nombreux personnages prennent un sens dans le roman, dans l’histoire passée et présente, et j’ai bien apprécié la « diversion » autour du trafic de copies d’œuvres d’art.

À mon avis, ce roman est digne d’intéresser des metteurs en scène pour le transcrire en images sur les écrans. À suivre.

Un conseil : NE MANQUEZ PAS SA LECTURE !
#LaNanny #NetGalleyFrance

Reader Comments

  1. On peut dire que je ne lis que des avis positifs au sujet de ce livre… A en lire ta chronique, cela me donne davantage envie de le lire 🙂
    Je l’ai donc rajouter à ma liste d’envies.
    Bonne journée !

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